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 La beauté c'est quelque chose dans le regard qui exprime l'intelligence,
et l'intelligence c'est quelque chose dans le regard qui exprime la beauté."

Bernard Werber

Tu leur diras

Que je n’ai jamais joué l’’arrogance de ceux qui savent, encore moins, adopté l’attitude hautaine de ceux qui ont la ressource de se passer des autres. J’ai quitté, très jeune, le chemin des communs mortels, aidé en cela, par la magie des mots qui me tenaient compagnie, la nuit, avant de dormir. Est-ce ma nature ou mon horloge biologique qui m’ont donné cette aptitude à ignorer le temps et dormir quand les autres se réveillaient ? Toujours est-il que j’ai vécu, encore jeune, à la marge des traditions et des conventions, au point de devenir un être à part. Aimé par les uns, détesté par les autres. Que m’importait que l’on perde tant d’énergie pour me haïr quand il fallait se concentrer sur les détours du sentier que l’on devait suivre. Quand le destin m’exila vers ces communautés organisées et étrangères, la lecture fut la seule clé que j’avais pour ouvrir les portes du monde extérieur. C’est dans ces arrière chambres de la vie, que je rencontrai ces brillants esprits qui savaient me raconter les choses avec des mots simples. J’appris, alors, à penser en restant libre et, si l’un me parla de la poésie, un autre me dessina les forêts vierges dans lesquelles je me perdais volontairement pour apprendre à respirer le parfum des fleurs et danser au son des oiseaux invisibles.
Planche 30Quand je regarde derrière moi, ce sont des ruelles avec des portes innombrables qui portaient le nom de tous ces auteurs que j’ai rencontrés dans le silence apparent de mes solitudes. L’un s’appelait Valéry, Paul Valéry, quand je découvrais qu’avec des mots, on pouvait tordre la pensée jusqu’à la rendre méconnaissable,. L’autre, Victor, de son nom Hugo, m’apprit la liberté d’être en refusant de faire la queue pour un semblant de vie, des miettes d’existence. Albert me parla de Sysiphe et l’absurdité de l’existence quand elle n’a ni but, ni consistance. D’autres encore et encore... Cette ruelle m’était devenue familière. Une foule de figures la traversait et, à chaque pause, je reconnaissais des visages, je les identifiais à leurs démarche ou à leur manière de parler en levant le point pour déranger les habitudes. Sartre et Simone, sa campagne ou Nietzsche et son ami-prophète Zarathoustra, Musset pleurant au bord de son lac en attendant Eugène. Tous ces êtres imaginaires devinrent mon monde et mon univers. Ils ont, ainsi, remplacées mes parents, mes frères et mes sœurs et j’avais, sans le savoir et sans le vouloir, obtenu le visa de l’au delà des frontières devenant, sans lavoir voulu ou imaginé, le citoyen du monde. Il n’’y avait, pour moi, aucune barrière, aucun obstacle pour voyager, sans bouger, des Amériques aux pays du soleil levant. D’Anchorage au cap Horn. Mon navire, un trois mâts, voguait d’océan en océan et dans chaque port, je vivais une histoire. Des fois, quand la contrée me plaisait, je prenais le train d’Agatha Christy ou la calèche d’Arthur Conan Doyle pour me retrouver en train de suivre de fabuleuses enquêtes policières. Après les livres et les mots, vint l’image et le cinéma. C’était une autre magie en couleurs. des sons et des paroles dans un univers de couleurs qui perpétuait mon amour des personnages et des histories. Je ne lisais plus je regardais le contenu des pages devenir vivant. Dans les salles obscures, vous lisez des livres en les regardant comme une réalité virtuelle. 
Planche 78Tu leur diras, alors que quand on me parle d’un livre que je peux lire et comprendre, je n’ai nul besoin d’un autre esprit que le mien et si son contenu se confond avec ce que j’ai appris et compris, je saurai, seul et mieux, en tirer le sens et l’essence. Ces derniers temps, on me parle de Dieu mais je reste sourd à l’arrogance de ceux qui prétendent pouvoir me le décrire ou m’indiquer où il se repose et si je suis sa création, je mets un frein à mon ambition de vouloir le rencontrer. Je ne vis qu’à l’échelle des hommes et des femmes qui, comme moi, savent que chacun de nous est singulier, tant par son apparence que ses aptitudes particulières. Un peu comme si chacun avait, en venant au monde, une mission à remplir. Le paradis ou l’enfer, dont ils parlent, avant l’au delà, sont ce que nous faisons de nos existences. Quel bonheur serait-il plus grand que celui que nous procure le regard d’un enfant sauvé des flammes grâce à notre courage et notre abnégation ? Quelle souffrance plus insidieuse que celle de notre conscience quand nous nous emparons de ce qui ne nous appartient pas ? Le paradis, comme l’enfer, c’est ce que nous vivons chaque jour en faisant le bien ou le mal. 
Cette conscience du rôle de chacun, de ses limites et de ce qu’il peut ou doit faire, c’est notre conscience de l’humain et de cette obligation à en tenir compte, pour nous comme pour les autres. Il n’y ni vil, ni bon, il y a, seulement et uniquement , ce que nous faisons de notre passage sur terre. Il n’y a ni maître, ni esclaves, il n’y a que des êtres qui se battent pour ne laisser derrière eux qu’un monde meilleur que quand ils l’ont découvert.

tu leur diras, ainsi étais-je...


Marocain ?

Un sujet a mis en exergue deux tendances, celle des "modernistes" et celle des "traditionnels". Les premiers, à mon grand étonnement, veulent aligner le citoyen de ce pays sur le modèle occidental, un copié-collé rejetant toute autre manière de voir que celle de la liberté, même quand cette liberté tue ces singularités qui différencient les pays. Une liberté qui va au delà de qui touche au patrimoine dans ce qu'il a de culturel et, dirai-je, d'ancestral, ce cheminement naturel et historique qui fait du marocain, ces individus que nous sommes. 

Hne archives 24

Certains me diront qu'il faut évoluer avec son temps pour pouvoir être "au niveau" avec des pays comme la France ou la Suède. Le Japan a évolué et pourtant, le soir en rentrant chez lui, il met son kimono et se plonge, devant son jardin organisé comme une symphonie, dans une méditation telle qu'il se revoit au temps des samouraïs. C'est un retour en arrière, non vers le sous développement mais vers les origines d'où il vient.
D'autres poussent l'arrogance jusqu'à étiqueter tous ceux qui ne pensent pas comme eux, de "faux jetons" sans le dire mais en débattant avec cette condescendance de ceux qui pensent avoir atteint le nirvana. Un débat qui m'a fait voir cette menace devant laquelle je dois effacer de ma mémoire tout ce qui fait de moi, l'enfant de ce pays. Quand je rencontre ces "marocains", devenus mercenaires de l'occidentalisation à outrance, je suis un peu chagriné de voir que le colonialisme peut, des fois, se faire, sans déplacer des troupes ou envahir des rivages. Tout ce qui vient de l'étranger est meilleur. Telle est leur leitmotiv et il vous le jette au visage avec une telle arrogance que vous prenez la mesure de leur aveuglement.

Je parle et écris en français mais je ne serai jamais français.
je ne chanterai pas la marseillaise et refuserai que l'on ne me voit que comme marocain. 

Hne archives 10La langue de Molière, d'abord, on n'a pas demandé mon avis, on me l'a imposé et moi, comme un soldat de Ho Chi Minh, je l'ai apprise dans le sens de l'appel "Nous vous battrons avec vos propres armes" qui a fait reculer les G.I américains. La langue française m'a permis l'accès au savoir et grâce à elle, je peux profiter de son étalement géographique pour communiquer, apprendre et savoir. C'est tout. Son influence s'arrête là où se lève le marocain, fils de la mère qui, du bout de ses doigts, m'a inculqué des valeurs comme le respect de la parole donnée, les engagements qu'il me faudra assumer et cette pudeur qui donne un cachet particulier à l'ambiance en famille.

Evoluer, oui mais évoluer vers où ? et pourquoi ? Toute cette colère qui m'anime, aujourd'hui, vient d'une sorte d'extrémisme, ressemblant, en tout point, à l'extrémisme islamique. "Si tu ne penses pas comme nous, tu es encore sous développé". Quand je visite un pays, rien ne m'offusque, simplement, parce qu'il y a en moi le respect des autres, de leur manière de vivre. Je ne m'estime pas autorisé à critiquer leur manière de vivre et même si des fois, certains comportements peuvent me déranger, je reste courtois et respectueux. Maintenant, ici et maintenant, quand j'ai l'honnêteté de défendre notre manière de vivre, le sens que nous donnons à la famille, je suis taxé avec une moue: "maintenant, on sait de quel bord, il est", de rejet !

Oui, je suis du bord dans lequel j'ai grandi et si ce bord est aujourd'hui envahi par l'islamisme, tous les pays le sont quand on voit que l'on s'explose jusqu'en Suède. Ce bord que l'on veut regarder avec mépris est celui de la famille, pointe angulaire de la société. Celle qui cultive la solidarité jusqu'à voir dans les maisons de retraite, une infamie, celle qui accepte le fils malchanceux. Dans ce bord que l'on cherche à effacer de la surface de la terre, il y a toutes les choses que j'ai apprises avant même de savoir lire et écrire. C'est cela qui fait l'âme du marocain que je suis, celui qui refuse de "discutailler" sur le sort d'une femme qui a trompé son mari ou le mari infidèle. Chez nous, l'infidélité est une calamité qu'on ne souhaite à personne. Je suis, surtout, celui qui lutte pour que nos lois deviennent conformes à ce qui est universel. 
Hne archives 26Ce bord dont j'ai vu mon grand père en dessiner les contours et si certains voient aujourd'hui dans sa manière de vivre, une atteinte aux droits de l'épouse, savent-ils que cette même épouse, au fond, qui décidait de tout sans en faire une affaire de dominant-dominé. Nos mères, avec leur statut non écrit, au fond, étaient plus subtiles qu'on ne le pense et, féminité oblige, elle savaient comment faire, pour donner à leur époux, cette judicieuse manière de leur faire croire qu'ils étaient plus intelligents qu'elles. 

Est-ce ma faute si certaines femmes ont perdu cette sublime manière d'être élégante sans effort, être femme avec grâce et féminine juste en le suggérant. Deux approches préjudiciables, celles des pseudo-modernistes à outrance et en apparence et celle des féministes qui pensent, parce que femmes, avoir toujours raison à cause de cette victimisation qu'elles se sont collée à la peau !

La seule préoccupation qui guide ma manière de penser relève des droits et libertés inscrites sur la charte universelle, tout le reste est discutable tant pour évoluer que pour rester immuable. C'est ce type de marocain que je qualifie de moderne. Eveillé sans baisser ses froques pour ressembler à quelqu'un. Jaloux de ses singularités surtout celles qui flirtent avec le raffinement et la grâce et libre d'être ou de rester fidèle à ses racines.


PHOTOGRAPHIE

Planche 78

 

UhilamIl faut lire...

"Cachée sous mon turban"
de Nadia Ghulam

Imaginons la talibanisation du pays et imaginons toutes les libertés qu'on nous enlèvera... Nadia Ghulam, un livre, un très beau livre écrit par une femme qui, pendant dix ans, en Afghanistan, a vécu déguisée en homme pour goutter à la liberté !

"Tous les matins, il conduit la prière a la mosquée. Tous le respectent et l’écoutent avec attention, bien que sa voix soit fluette et son corps fin. C’est un bon musulman, généreux et droit. Ce qu’ils ignorent, c’est que sous ce turban ne se cache pas un imam, mais une jeune fille qui tremble a chaque fois qu’un taliban l’approche, craignant que son secret ne soit éventé".

A CE PROPOS, LIRE...

Debout, les femmes !

Comme l'a si bien relevé, un ami Mohamed Kohen, il est révoltant de constater que des femmes se détournent de leur combat pour leur propre libération pour faire du 8 mars, un jour de fête ! Elles s'associent, inconsciemment ou pas, à ce diktat phallique et bestial qui la confine dans l'objet de désir et de plaisir de l'homme. C'est l'extrapolation du schéma de la victime qui se marie avec son violeur dans l'ambiance traditionnelle d'une nuit de noce fabriquée pour sauver les apparences !

Elles ont battu le pavé pour avoir le droit de voter, puis milité pour assoir l'égalité avec les hommes et hier, elles ont osé balancer leur porc dans un élan de courage qui force l'admiration. Pendant ce temps, nos compatriotes de sexe féminin poussent l'inconscience jusqu'à trouver aux chaînes que les hommes leur font porter, des couleurs de piété. Elles s'astreignent ,avec une arrogance inouie, à porter le voile pour ménager la libido des pauvres hommes, elles acceptent la polygamie pour favoriser l'éradication de la prostitution en oubliant que le plus vieux métier du monde se pratique à deux , trouvent normal d'offrir des adolescentes à des vieux séniles pour une poignée de dirhams et se contentent de soupirer quand le frère reçoit le double simplement parce qu'il un homme.
Faire du 8 mars, une journée de fête, c'est aller au bal avec l'assassin de sa dignité ou le spoliateur de ses droits. Le voile, al fitna, l'injustice justifiée de l'héritage ou l'image du sexe faible, ne sont rien d'autre que des entourloupes pour faire accepter aux femmes ce statut de sous citoyenne. Avant d'accepter de faire des concessions, il faut d'abord avoir la liberté de choisir quoi offrir et à quelle condition ? C'est cela, la journée des droits de la femme...

...

790480article25 1Rappel du droit

Jour faste

Le sourcil bien dessiné
n'est rien si le regard qu'il surveille
n'est pas une tempête de beauté.
Hne archives 114Quel bonheur à goutter le feu
sur la lèvre impatiente
quand il ne reste au baiser
qu'un soupçon de distance.

L’œil rencontre le plaisir
dans les nuances du désir
mais c'est la volupté qu'il cherche
quand les rondeurs deviennent vertige.
Écrire son prénom comme une berceuse
respirer l'odeur de ses mouvements
comme un parfum de paradis.
C'est le rêve qui se fabrique
sur le galbe d'un genou téméraire,
C'est le projet qui s'écrit
sur les courbes hallucinantes,
C'est le retour aux sources
des beautés qui s'allument
quand le cœur cesse de battre.
Vivre, c'est la regarder marcher,
aller et venir sur le rythme 
des poumons qui se figent
quand elle s'arrête.
Hne archives 242Chaque matin, le jardin s'allume
mais c'est dans les nuances de son regard
que les couleurs deviennent printemps.

Chaque matin, le corps s'étire
pour répandre sous l'épiderme
toutes les fines joies nocturnes,
Chaque matin, les mains se confondent
pour préparer en silence,
le futur au seuil des nuits qui arrivent.
Je ne vis que sur les traces
qu'elle laissent derrière elle
quand elle quitte ma chaleur
pour me laisser aux mains des solitudes.
Elle semble, pourtant, ne vouloir exister
que pour faire durer son plaisir à me plaire.
"C'est par toi, dit-elle, que la vie m'arrive"
c'est avec elle, au contraire, 
que la vie devient douce et voluptueuse.
Je laisse aux autres le soin de chercher
ce qui peut, comme pour moi,
donner un sens à leur existence.
L'amour devient torture et douleur
quand il se colore en absence.

 

AVENUE DES POETES

 

Continuer... à se relire pour ne pas oublier

L'artiste

Quelques traits de pinceau
Gestes assurés
et cœur palpitant
Il dessine un univers
où le verbe et le regard
complices pour décrire
ce qui remue les viscères
quand elle bouge
de moue coquine
à l'auriculaire qui fuit l'anse
de la tasse qui tremble.
Sa main caresse la courbe
de la hanche offerte
au pouce qui estime
les proportions divines.
Partant de l'aisselle nue
jusqu'au galbe du genou.
L'encre dessine ce que le mot
n'ose et ne peut décrire.
Il a l'art de montrer
ce qui, chez elle, ignore l’indifférence.
Elle sait, qu'elle a beau occulté
ce qui trahit ses pensées
il saura indiquer à l’œil
ce qu'il faut voir et regarder.
Elle s'est déshabillée
pour jouer au modèle docile
Lui seul met à nu
son âme qui se repose
sous la lumière du Nord
Offrant ses rondeurs
aux caprices du peintre
laissant dehors le mâle qui dérange.
Il ne la voit pas, il l'observe
car pour trouver la gamme
sur laquelle la toile va chanter
l'esprit s'interroge
s'il faut sortir ou rester
quand le désir est présent.
Dans le silence de l'atelier
le temps s'écoule,
Le pinceau hésite,
plonge dans la couleur
revient, guidé par le regard.
Elle n'est plus elle, elle est 
points lignes, courbes et rondeurs
Volumes et surfaces.
Il piège, habilement,ses imperfections
Il ne peint plus, il s'invente
la femme de ses rêves
dans le désordre des pinceaux
cuillères et gouaches.
Pour un peu, il se serait cru Dieu !

 

 

"L'homme a sa loi ; il se l'est faite à lui-même ; la femme n'a pas d'autre loi que la loi de l'homme. La femme est civilement mineure et moralement esclave... Une réforme est nécessaire"

Victor Hugo

Peur

 

 

 

 

« Be yourself. 
Everyone else is already taken »


Oscar Wilde

 

Un peu de l'auteur...

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Confession de foi

Hne archives 24Il est un devoir que nul ne peut contester, celui d'exiger, toujours, le meilleur pour son pays car il englobe, à la fois, la lutte pour lui éviter d'être envahi, colonisé et le combat pour l'égalité de tous en droit et en devoir. C'est ce devoir qui doit nous empêcher de nous laisser endormir pour des destins imaginaires quand il faut rester concentré sur le destin que la réalité peut nous promettre. C'est au nom de ce même devoir que je ne laisserai jamais tranquilles ceux qui veulent faire passer leurs croyances avant ma citoyenneté. Sur ma carte d'identité, il n'y a que le sol qui indique mon appartenance à la communauté humaine. Il n'y a, à la place de mon adresse, ni cette promesse de paradis, ni le sort de l'enfer réservé à ceux qui, humains, peuvent commettre des erreurs. Seule la loi qui tient compte de ma condition d'être humain s'inscrit en filigrane derrière la photo qui sert à m'identifier. J'ai beau cherché, tourné ce bout de carton plastifié, je n'y ai pas trouvé ma confession. Je ne suis ni musulman, ni juif, ni athée, ni bouddhiste, ni chrétien, sur ce document qui me rattache au pays, il n'y a que ma nationalité.

Quelque soit, la ville, la rue ou le quartier où je me promène, je suis, d'abord et avant tout, marocain et c'est ce seul statut que je partage avec tous ceux qui portent la même carte d'identité. Quand quelqu'un me parle de son Dieu, je peine à vouloir croire que son Dieu est aussi le mien car s'il le voit cruel et intransigeant, le mien parle d'amour, de partage et de solidarité. Mon Dieu ne me promet ni le paradis, ni l'enfer, il observe ce que je fais pour le voisin et soupèse, chaque jour, le poids du respect que je lui réserve. Si son Dieu étale une liste longue d'interdits, le mien résume le sens à donner à mes actes, par éviter de faire aux autres ce que je ne veux pas qu'on me fasse.
Nul ne réussira à me faire croire qu'il voit la vérité mieux que moi-même comme je ne m'autoriserai jamais à faire croire que ma vérité est la meilleure. Devant le même texte, chacun interprète les mots à sa manière et si le ciel parait dur pour certains, il est clément et miséricordieux pour d'autres. Il n'y a pas et il n'y en aura jamais, une seule manière de lire les livres qui parlent de ce qu'il y a après la mort, nul humain n'est mort et ressuscité pour venir nous parler de ce qui nous y attend.
Nous sommes libres et, chacun à sa manière, voit la rose et ignore l'épine comme d'autres évitent la rose, à cause de ses épines ! A ceux qui se reposent dans le silence des prières, je dirai que mon repos n'est pas dans le geste ou l'acte rituel, il est dans le vide que j'arrive à trouver quand les nourritures terrestres deviennent inutiles.
Il est, dans la pédanterie la plus ridicule, plus de mensonge et d'hypocrisie que le fait de prétendre que quelqu'un a trouvé le chemin qui mène au paradis, comme il est ridicule de croire qu'en s'alignant derrière un seul homme, nous éviterons le rhume ou le choléra. Il y a dans chaque corps et dans chaque esprit, tant et tant d'aptitudes, chacune à des degrés différents qu'il est idiot de croire que nous pourrons penser et vivre de la même manière !
Travaillons ensemble ce qui nous est commun et laissons, à chacun, ce qui ne concerne que lui-même. La relation à dieu est particulière et ne dépend ni de l'autre, ni de ma météo.
"Hugh, j'ai dis" murmura Géronimo avant de mourir.


Fes, capitale spirituelle du royaumeFes - Maroc

Pérégrinations nocturnes

AutoportraitIl faut se lever avant le soleil pour se délecter du silence qui repose du vacarme de la journée. La solitude devient un havre de paix où l'âme s'enchante de sa propre liberté d'être. Le chien qui aboie, au loin, rappelle le gardien endormi à sa fonction première et le silence revient. L'esprit étale ses envies comme le vendeur du Tafilalet qui dresse ses gris gris, ses plantes inconnues et ses cadavres séchés de bestioles ramassées sur le sable de l'Erg Chebli. Chaque ingrédient est le mirage à venir que l'on veut voir se matérialiser. Il s'amuse à mélanger les rêves pour inventer d'autres désirs. Certains sont morts nés car la censure est impitoyablement hypocrite, d'autres auront des couleurs que les aveugles des libertés ne verront point. Le spectacle de cette débandade spirituelle est une joie que certains recherchent dans le regard qui s'accroche à la fragilité d'une cheville, d'autres y voient la meurtrissure du souffle qui peine à sortir. Chaque pensée devient l'expression d'un déséquilibre interne et profond, avec, d'une part, l'envie de librement vivre sur la scène de sa propre existence et, d'autre part, la crainte de la perversité des autres à croire que tout doit être pareil, homogène et identique !
De la mère qui étouffe son bébé en voulant trop l'aimer au père qui s'ignore dans son besoin de croire que la vie se débrouille sans assistance. De la flamme qui s'épuise en paroles vendues pour paraître à la fumée des soubresauts qui restent quand l'âme s'épuise à vouloir être libre, de la femme qui accepte le baiser comme une preuve de sa puissance à l'homme qui s'acharne à se faire croire qu'il ne peut être que l'amant de toutes les femmes, mon esprit se balade et mon cœur se repose, à l'ombre du droit que je reconnais à chacun d'être ce qu'il peut être. Avec ses faiblesses humaines et les marques d'un passé qu'il n'a pas voulu. 

IndigenceLes premiers bruits arrivent comme les pas du gardien qui fait sa ronde, non pour contrôler qu'aucun intrus n'est venu tromper sa vigilance mais pour noter ce qui peut servir aux oisifs du jour qui peuplent les terrasses communes et vulgaires. Il y a, dans le silence qui précède le jour, comme une fraîcheur de source vierge qu'aucune main n'est venue salir, une paix qui se renouvelle dans le noir obscure du sommeil. 
Étrange que je ne me sente vivre qu'à l'abri des paroles prétentieuses, loin des existences types qui se ressemblent comme ces gouttes qui tombent du même nuage. De loin, parfois, je ressens les griffures des présences que ma liberté dérange et le peu que je laisse aux autres de ma fortune intérieure, se déchire devant leur peine à croire que j'invente, avec des mots, un univers inutile. Je ne fabrique rien pour les autres si ce n'est la joie que je trouve dans mes pérégrinations nocturnes. Libre à eux de vouloir souffrir dans la peur de paraître ridicule ou inconsistant, la liberté est un devoir qui donne ce droit de croire que chacun, à nul autre pareil, est un univers digne d'être découvert. Et le poète d'écrire:
"Dévorons ce fruit, dans le silence de notre solitude, pour en extraire le jus et le parfum. La vie deviendra un jardin où mille fleurs embaumeront nos matins !"

Hne archives 172Pécheur au filet - Moulay Bouselham
CONTINUER...

 

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