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Recueil 03

"Il y a des baisers qui racontent et des mots qui embrassent." *

*: Emmanuel PERAUD

Malade à mourir

malade de moi-même
ayant cru que je pouvais
en me regardant, voir la vie
comme elle aurait pu être
mais chaque cœur ne bat
que pour ce qui le rassure.
J'ai cru voir l'amour
comme un navire qui vogue
sans craindre le naufrage,
je l'ai trouvé esclave des égoïsmes 
adoptés comme des valeurs
communes et quotidiennes.
Ils savent te sourire 
quand tu les sers
et se détournent de toi
quand l'envie d'être servi 
te prend à la gorge.
Ils se mettent à plusieurs
pour maquiller la vérité
au gré de leur vouloir
et font de toi, un portrait
de prédateur insatiable,
pour paraitre des anges.
Quand tu donnes tout pour le plaisir
de voir heureux l'être à chérir
tu ne fais rien d'autre
que confirmer leur erreur
à se croire indispensables.
Inutile de vouloir revenir
à ce qui aurait du être
l'habitude, ne dit-on pas,
est une seconde nature.
Tu as insisté pour que, de ta vie,
ils en font l'incroyable destin
pour que le vivre ensemble
profite, également, à plusieurs.
Ce que tu offres ne t'appartient plus
"personne ne t'a forcé à le faire"
te diront-ils, en haussant les épaules.
Naïf, tu t'es cru spontané
dans un monde qui cache
son jeu pour mieux être !
Être vrai est l'erreur à ne pas commettre
quand autour de toi, le corbeau
s'essaie à la colombe qui marche
et le loup, à l'agneau qui apprend
à vivre à l'ombre de sa mère !

Nourr Edine

Quel bonheur que d'écouter les plantes grandir !

 

Siham Tahri Heureuse celle pour qui ces mots sont écrits !

 

Evanescence

Dans ces yeux, 
je regarde le temps
L'éternité se transforme
des points, des lignes
des courbes et des volumes
son corps devient univers
ivresse de parfums étranges
mots dansant sur la texture
des lèvres qui donne au baiser
le vertige des moments heureux.
Je ne la regarde plus
Je la vis comme une existence
une expérience infinie
une aventure où le coeur grandit
L'âme s'enchante quand sa voix
comme une grande symphonie
transforme la chambre en théâtre.
Me voit-elle quand elle me regarde
ou ne cherche-t-elle qu'à se convaincre
que sa beauté transforme le regard
en feu et flammes incontrôlables ?
De ses yeux aux jambes longues,
des cheveux en fleuve à la bouche
dessinée avec art et intelligence,
des mains agiles aux formes insolentes
la lumière parcourt son être
comme la foudre qui viole le silence
des plaines paisibles et verdoyantes.
Quel défi que de vouloir la décrire,
quelle folie que de tenter de la dire
avec des mots incapables de sentir
le bonheur à la voir vivre et être
sans rien tenter et sans paraître.
C'est une fleur qui se distingue,
non par ses formes ou ses couleurs,
mais par la grâce qu'elle dégage
au milieu des fleurs qui dorment
dans la fraîcheur de son ombre.
Heureux, le coeur qui, d'elle, fait un rêve
malheureuse l'âme qui s'abandonne
sans méfiance, dans les replis de son sillage.
Versatile beauté qui s'appartient
impossible à retenir quand l'autre,
avec un regard précis et intense,
réinvente pour elle, des mots intenses.

Je suffoque à trop parler d'elle...
Si on frissonne au bruit de ses pas
la regarder vivre, coupe le souffle
jusqu'à s'évanouir en pensant
avoir tout vécu grâce à elle !

Nourr ©

 

Jolie femme !

Incitation, coupable ou innocente ?
Jolie même quand elle n'est pas belle, 
trop présente dans le silence des discours 
qui s'interrompent à son passage. 
Elle ne semble vivre que pour faire danser
le regard sur le mouvement de ses hanches. 
Elle n'est ni belle, ni jolie: elle est rare et particulière. 
Autour d'elle, 
l'envie des autres femmes 
devient un manque de gout, 
une absence de qualité
quant au regard venimeux 
qu'elles lancent dès que son dos
s'en va vers l'horizon qu'elle préfère. 
Il y a, dans son habitude de vouloir être, 
comme un parfum de femme 
que revendique le jasmin,
comme un air de chanson qui fait vibrer le désir. 
A la voir marcher, 
consciente de sa volonté de séduire, 
les yeux s'écarquillent pour mieux mémoriser 
la ligne discrète des rondeurs qu'elle emporte.

On ne la voit pas, on la regarde !
Dans son regard vif, l'intelligence hiberne 
et sur la finesse de ses lèvres, 
le mot s'accroche sur la fraîcheur des pensées 
qu'elle délivre avec grâce et élégance. 
Le rire, chez elle, est une nature 
comme la couleur des pétales 
qui s'éparpillent derrière son passage. 
Elle n'est ni reine, ni princesse 
et l'altière prestance qu'elle dégage 
semble confirmer la noblesse de l'âme 
qui bouillonne, en elle, comme une rivière.
Chaque jour qui passe, retient l'histoire, 
d'un claquement de ses doigts,
d'un éclat de ses rires ou du vertige, 
à peine effleuré, qu'elle libère à hauteur de ses reins. 
Elle ne reste assise que pour donner 
le spectacle d'un corps qui s'offre au regard. 
Les jambes insolentes dérangent l'abstinence 
et réveille la soif qui torture les bas ventres en colère.
La main frétille et tremble quand la cuisse hospitalière
s'étale à la lumière en éblouissante aventure. 
La douceur du petit ventre est une plaine 
où navigue et se retient, le rayon de soleil. 
Comme un oiseau qui vient boire 
les gouttes de rosée sur les pétales mauves 
de la fleur fine de safran sauvage, 
le doigt s'attarde et s'endort dans la chaleur 
du nombril qui frémit quand le regard s'attarde. 
Le poumon, qui balance le galbe du sein qui dort, 
retient l'air qu'elle respire avant de le rendre 
en haleine fraîche et parfumée comme l'odeur du paradis.
Sur l'épaule fine qui attend la caresse, 
le baiser se transforme en poème et tombe en éclats, 
dans l'échancrure qui s'offre à l'envie de fraîcheur 
qu'elle dégage quand elle s'endort.

Dans les prières du jour, 
elle devient l'image qui bouscule
les pensées creuses qui ne veulent rien dire
et comme une virgule qui s'impose, 
elle temporise le souffle et rythme 
la cadence des respirations qui s'accélèrent, 
quand elle arrive, 
quand elle s'approche, 
quand elle passe, 
quand elle s'en va.
Inconsciente jusqu'à l'insouciance, 
elle s'admire dans le regard qui la désire 
et semble se reconnaître dans le désarroi 
de la bouche ouverte qui l'admire. 
Elle n'est femme 
que pour se distinguer du viril maladroit 
et dans la finesse de l'adjectif qui la qualifie, 
elle se complaît à croire qu'elle n'est qu' Elle,
désirable jusqu'à la pointe des cils qui tremblent, 
rare peut être, belle s'il le faut mais simplement jolie !

Nourr © (Fragrances féminines)

 

 

J’ai reconnu le bonheur au bruit qu’il faisait en partant.

Jacques Prévert

Planche 295

Ce poème me bouleverse. Je me reconnais tellement là-dedans. Peut-être que sans le savoir, tu l'as écrit pour moi. Désolée de m'accaparer ton écrit.

Véronique Madi

Wake up !

C'est une petite graine
qui germe et se développe
une tige déchire le sol,
elle fait des feuilles
puis des branches
les feuilles se multiplient
donnent des fleurs
l'insecte passe
et le miracle se produit
le pistil se gonfle et murit
devient fruit et se gonfle
il éclate et libère ses graines
Pour mieux se répandre
Dieu à chaque graine
a dessiné des ailes.
le vent se charge alors
de les disséminer ailleurs
au gré du hasard.
Ainsi est faite la vie
nul besoin d'artifice
nul besoin de maquillage
et ceux qui ont inventé
des obstacles au regard,
un instant, ils insultent Dieu,
en voulant corriger l'erreur
qu'ils ont cru découvrir
pour s'entendre dire
qu'ils sont pour Dieu
les protecteurs de la terre.
Réveille-toi, mon frère.
Dieu n'a besoin de personne
pour écrire le beau et le parfait.
Chaque atome de vie
que tu ne peux même pas voir
est un maillon de ce grand mystère
que tu crois et prétends éclaircir
avec, simplement, des prières.

Nourr Edine ©Hne femmesconcorde 1

 

A lire, également...

 

L’amour procure à la vieillesse,
la plus belle des complicités.

Planche 10

" Il faut naître deux fois pour vivre un peu, ne serait-ce qu'un peu. Il nous faut naître par la chair et ensuite par l'âme.  Les deux naissances sont comme un arrachement. La première jette le corps dans le monde. La seconde balance l'âme jusqu'au ciel ".

Christian Bobin

 

 

 

 

 

Eros, Dieu Amour

Je t'ai vue venir et déjà, en moi, grandissait le bonheur d'être là, à t'attendre comme une lumière. Le sourire sur tes lèvres dessinées était une promesse à peine déguisée et dans le regard qui te devançait, la chaleur des rencontres qui décident l'avenir d'un destin. Je ne voyais plus la poussière de cette rue si commune quand ta robe traça dans mes yeux un éclair de beauté. 

Je savais déjà que j'allais mourir 
en murmurant ton prénom comme une prière.

Je savais déjà, que le cœur 
qui gonflait ma prestance, 
allait oublier son devoir 
pour ne plus battre qu'au son de ta voix.

Je deviendrai, alors, une ombre incertaine 
quant au désir que j'ai à vivre 
pour aimer, haïr ou réfléchir.

Devant ta fenêtre, dans la clarté de la nuit, 
brillante comme un jour 
avec la lune pour lanterne.

Je suie entré, en silence,
marchant, derrière comme un enfant
qui devient adulte quand tu le regardes.
Les mots inutiles devinrent des baisers,
chuchotant le bonheur d'être ensemble,
la nuit devint l'algèbre de l'amour.

j'ai suivi le sillon qui se cachait derrière 
la fermeture d'une robe déjà inutile. 
Tu as voulu obscure, l'instant 
de la rencontre des corps qui tremblaient. 
Le tien, à peine découvert et le mien, 
depuis longtemps, tiraillé par le désir.

L'étreinte comme un serment
Nous sommes entrés en silence, 
dans le labyrinthe sans fin, 
des dialectes tactiles et...
l'union maladroite a, d'abord, 
fait trembler le silence complice
nos paumes scellaient nos promesses
dans une étreinte trop dure pour se défaire 
et trop longue pour se terminer 
comme un baiser à peine découvert.

Quand le verbe devint incapable, 
le silence des respirations qui chantent 
est un discours qui parle aux sens,
une complainte dont le refrain 
est un gémissement à peine audible.

Deux corps devenus statues de pierre
pour, simplement, s'écouter vivre...

La chaleur des désirs qui s'enflamment, 
aspergent les corps de sueur 
comme l'ondée fraiche et légère 
qui vient mourir sur les feuillages. 
Ton corps chante comme un violon
que mes bras en archets invisibles
s'évertuent à faire geindre et gémir,
sur tes lèvres mouillées et offertes, 
la magie d'une beauté ignorée 
et ignorante des bienfaits qu'elle peut offrir. 
Le flot des gammes que mes doigts 
impriment sur la croupe devenue vivante, 
ressemble à celui des vagues 
qui viennent mourir à la frontière de tes rondeurs.

Déesse légère que l'aile du papillon 
fait trembler quand ma main parcourt tes lignes,
celles qui descendent comme une rivière à peine furieuse.
Les gouttes de sueurs, sur l'épiderme de volupté, 
sont des perles de bonheur que tu sèmes 
sur le passage de la langue qui parcourt tes rondeurs.
Dans le jardin du corps qui s'oublie, 
la bouche parcourt les formes et les couleurs 
comme un insecte qui se perd 
dans les pollens multiples. 
L'interdit devient impossible,
le rire remplace les larmes maladroites 
des journées sans désir et sans aimer.
Entre les jambes pleines et le ventre qui frétille, 
l'index ausculte la chaleur des rêves incontrôlables 
et quand l'orage explose dans les entrailles profondes, 
tu es venu te reposer sereine et heureuse
sur les restes de la volupté consommée.

La nuit agonise et le jour tremble 
quand ta main réveille ma conscience. 
La vie se prépare à envahir l'innocence 
des étreintes coupables et déjà,
le verdict tombe: je dois partir 
pour retrouver l’exil des cœurs qui attendent. 
Reprendre ma faux de templier 
pour aller combattre la bêtise des hommes 
qui ne savent plus vivre dans l'intensité. 
La peur paralyse leur égo et dirige leur ambition
à n'être plus que des esclaves devenus maîtres,
sans l'ombre d'une liberté, s
ans la chaleur des corps qui savent 
s'offrir dans la tourmente de leurs envies.

Nourr Edine © (Emotions intimes)

 
   

 

Toujours, Elle...

On me dira

On me dira qu'elle est belle comme un diamant
je dirai qu'elle est jolie quand elle n'est plus belle
et je m'échinerai, avec violence et témérité,
à la décrire comme une douce lumière
qui s'infiltre, en silence, dans mes froides intimités.
Je montrerai le discret éclat qui inonde son regard
comme une brume qui s'installe sur les silences.
Je leur ferai écouter sa voix, plus douce que le chant.
Paroles légères sur fond de sensualité gloussante.
Je parlerai des mains, poignets fines 
auriculaire arrogant qui méprise la tasse
Fleuve Amazone ou lac de Côme de Lombardie,
chevelure au vent ou paravent du sourcil
taillé avec finesse pour parler sans verbe.
Nez droit comme une vérité incontournable
et lèvres mouillées, agile interlocuteur.
Quand on la voit on ne peut plus regarder ailleurs
paralysé par la courbe et le mouvement,
roseau souple portant la beauté d'une rose
au milieu des essaims de pollen multiple
que l'abeille voit partir dans le sillage de la belle.

On me dira qu'elle est capricieuse et hautaine
je saurai qu'elle se protège des pensées malsaines
qui salissent les intentions et les pensées.

On me dira qu'elle saura me détruire
et pour l'aimer, je devrais souffrir.
Je dirai que la différence est grande
entre boire l'eau qui stagne, tranquille
et celle qu'il faudra, chercher longtemps,
pour en découvrir la source, 
au milieu des arbres, sous les fougères.
La beauté est dans l'effort d'entreprendre
et non dans l'attente des aumônes déguisées.

NOURR Edine

Planche 23

Aucune liberté n'est offerte.
Elle est, toujours,
le fruit d'une lutte qui arrive à sa fin !

 

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Éclats de liberté

Acide, le verbe
Torture et souffrance
Avec le mot pour seul recours.
Parler et dire les regards étouffés
par des années d'habitude.

Ils ont peur du soleil
Les abonnés de la pénombre.
Ils grignotent la vie
Avec crainte et parcimonie.
Pourtant, il n'y a aucune crainte à,
croquer le fruit, avec passion
quand le printemps se force à dessiner
pour nous, avec les couleurs des fleurs
des rondeurs délicieuses,

Construire une galaxie
sur les tons d'une mèche
ou trembler, sans le vouloir,
sur la fragilité des cils,

Attendre en dormant sur le seuil
des lèvres qui racontent des incendies
ou se pencher, les yeux fermés
pour respirer l'odeur d'un corps
qui rappelle le parfum du paradis,
Jasmin subtil et Santal envoûtant...

Elle est là, la vie, regardée
à travers des siècles de mensonges.
Vie interdite car incomprise.
Vie refusée car inconnue.
Mon bonheur est simple.
Une larme de joie suffit
pour qu'il se transforme
en feu d'artifice déchirant la nuit
en arc en ciel divisant l'azur.

Faire d'un baiser, un roman fabuleux.
Faire d'une étreinte, un fleuve en crue
Faire d'un regard, un horizon embrasé
et, finir le jour sur l'épaule nue
de la confiance retrouvée.

Libérez vos cheveux et vos yeux.
Ce que vous évitez de voir
est perdu pour l'éternité.

Levez-vous et dansez
au rythme de vos poumons,
à la cadence du cœur
qui ne sait pas s'arrêter.

Chaque rêve que l'on se refuse
est une insulte à l'esprit qui s'atrophie.
À quoi sert le feuillage d'un arbre
quand le tronc est creux,
rongé par le temps et l'habitude ?

Fade et triste est le spectacle
des consciences soumises
car Dieu n'a inventé le courage
que pour pouvoir imaginer sa vie
avec l'énergie des volontés.

Je regarde le ciel et les nuages
et je peux y imaginer des formes
qui racontent ce que je refuse d'oublier.

L'amour est en moi comme un souffle
qui dirige mes pas vers la grâce
d'un doigt qui annonce l'élégance
ou transforme le regard incertain
que je colle sur une hanche généreuse
en un spectacle nocturne défiant la volupté.

La vie est là où on veut bien la voir
et de nos choix, nous fabriquons un destin.
Faisons en sorte qu'il soit meilleur,
nous ne sommes vus et jugés
que sur les traces que nous laissons derrière.

Laissez des prières pour héritage
est une offense à la vie, aux autres,
un silence qui ne veut rien dire
quand des graines pourrissent
faute de n'avoir pas été semées.

S'habituer à la liberté
est une douce délivrance !

Poser un baiser, les paupières baissées
sur le dos d'une main d'une femme,
c'est, déjà, écrire un poème
avec le rêve pour encrier.

Nourr Edine ©.

Oh oui,

L'amour quand il passe, laisse derrière lui ce relent de bien être, à nul autre pareil. Vous aurez beau lutter, beau vouloir redevenir comme avant, rien n'y fait. Il est comme une maladie qui, quand on en guérit, laisse au corps cette torpeur que même le temps ne peut vous enlever. Du premier regard, des premières poussées de fièvre, du courage qu'il insuffle pour braver les obstacles sur le chemin qui mène vers l'autre, il transforme l'être, le rend plus apte à vivre et assainit l'esprit des ténèbres qui se sont accumulées comme une carapace pour se défendre. Schiller dira "l'Amour sublime les âmes", les rend meilleures et comme quand on boit l'eau à la source, rien ne sera plus pareil. En somme, qui a été brûlé par ses flammes, garde de son passage, mieux qu'un pèlerinage au saint, en haut d'une montagne, il rend le regard propre, l'âme riche et le cœur alerte.

Nourr Edine

 

Tous mes vœux à celui, Nourr Edine, dont chaque jour de 2018 j'attendais les réflexions, les indignations, la poésie. Un homme vrai, un Homme, tout simplement

Sami El Jai

Planche 50

Poser un baiser, les paupières baissées
sur le dos d'une main d'une femme,
c'est, déjà, écrire un poème
avec le rêve pour encrier.

 

Planche 55

L'imposture

Des mots perdus et maladroits
des mots coupables, sans innocence
des mots pour tuer la confiance
des mots qui doutent, exécrables
suintant, insolents de défiance
des mots trouvés pour tout détruire
des mots monstres, impitoyables
et des mots creux qui ne veulent
rien dire sauf déranger l'amour.
Amour maltraité, offensé, insulté
Amour alibi, tigre en papier, 
brûlé par l'inconscience d'un ego
trop fort pour observer et voir
que l'amour ne résiste pas
aux intempéries du cœur instable.
je ferme les yeux pour ne plus
comprendre que la laideur a un nom
quand elle colle aux mots qu'on a choisi 
pour tout détruire, pour faire mal,
et passer à côté des choses belles
qu'on n'a pas su voir, pas su apprécier.
La source intarissable s'est tue
implosée, étouffée et épuisée
Ce soir, peut être, je dormirai
sans rêves, tranquille et seul,
A quoi sert la lumière quand
il n'y a plus rien à contempler ?
Ma vie ne va pas s'éteindre
le soleil brillera pour tout le monde
mais je mangerai sans appétit
au pied des potences silencieuses
des amours négligés, sous estimés.
elle est belle la gloire des arrogances
il est beau, le froid des insolences
destin dévoré par l'ambition de croire
qu'il faut élever la voix pour s'entendre
pour se croire, devenu indispensable.
Je vais passer des jours à m'obstiner
à m'acharner pour tout oublier et
surtout ne rien oublier de ce qui,
en moi, peut refleurir, un jour.
Hier on a tué l'amour à l'ombre
demain, phœnix de ses cendres
renaîtra avec d'autres couleurs.
La fin d'une histoire, la fin d'une vie
des idées qu'on veut croire réelles
des réalités qu'on ne veut pas voir
des mensonges aux formes diverses
sous des allures de vies déguisées,
trompe l'œil, fragile épouvantail
aux confins des croyances irréelles.
Ma muse sera absente et le rêve
maltraité, au fond de la nuit, agonise.
Mes amitiés fidèles patienteront,
Je dois faire le ménage dans mes mots
laver l'opprobre et l'inconsistance
du verbe maladroit et incapable.
Aux abonnés absents, ma voix
enrouée et brisée se repose.

Nourr Edine ©

Hne archives 2 

Rose ou fleur

Les plus belles roses ne donnent pas souvent le meilleur parfum ! disait cette femme passionnée de nature et pour qui, les plantes, offrent un univers qu'elle savait apprécier. Elle ne sortait jamais sans avoir arraché les pistils desséchés et noués dans un coin de son foulard. Les graines seront plus tard conservées au fin fond de son placard comme des pierres précieuses. Tout pouvait lui servir de pot pour faire rejaillir la fleur devant laquelle elle s'est émerveillée, des années plus tôt ! Ainsi apprend-t-on l'Amour de ces êtres silencieux et Ô combien précieux et indispensables, jusqu'à la fine brindille insignifiante qui supporte les ébats des libellules !
Devant la rose qui s'épanouit dans le champ du regard, à peine sortie de la fraîcheur de l'ondée fraîche de l'aube qui la réveille, ses feuilles comme des bras de jeune fille qui aspire à l'envie d'être vue et regardée semblent attendre le compliment qui rassure. Comme une princesse au corps fier, elle s'étire comme une vivante présence dans l'embarras des désirs masculins et comme elle se sait belle, elle ne prête qu'une infime attention aux narines qui se penchent pour la sentir. Elle attend, ailleurs, les mains tremblantes du vieux jardinier qui dorlote sa robe verte, s'attardant sur la courbe des branches qui enlacent l'ombre qu'il apporte. Elle vibre quand il pince et arrache ses feuilles mortes comme des fils qu'on arrache à la traînée qui annonce son élégance. Il remue, à ses pieds, la terre fraîche qu'il asperge avec délicatesse et écarte la mauvaise herbe qui gênerait son passage si elle pouvait marcher. Elle le sait amoureux de ses semblables et il la sait attentive à l'importance qu'il donne à sa présence dans la chaleur des journée passées à aller de rose en rose, de fleur en fleur, comme un papillon qui hésite à choisir, de toutes ces beautés délicieuses, la quelle est sa préférées ! Chacune d'elles cache en elle, un atout, à nul autre semblable et comme toutes les femmes qui s'ignorent, elle s'attend à ce qu'il vienne lui murmurer, sa préférence.
Aujourd'hui, il ne songe ni à s'attarder pour la voir, ni à caresser ses pétales impatientes au passage de l'insecte qui, chaque matin, passe visiter sa gorge pleine de nectar. Il doit accorder à chacune de ses concubines végétales, le temps qu'il faut pour ne pas les voir s'étioler par manque de regards. Quand il la quitte pour aller ailleurs, elle soupire comme un enfant qui quitte la chaleur du sein qu'il garde dans ses entrailles. Quand le rayon du soleil revient lui faire la cour, elle se contente de vaporiser dans l'air, ce parfum subtil qui compose l'odeur du paradis.
Rose et fleur, beautés particulières et présences discrètes dans les laideurs quotidiennes, rappellent à notre insouciance que la vie n'est pas, seulement, course effrénée et attente impatiente, elle est silence embaumé et décors indispensable au regard desséché par les rêves impossibles qui nous entraînent vers des horizons secs et arides où nulle conscience ne subsiste et aucun espoir ne pousse.

Merci à ma mère qui m'a appris, sans le vouloir, l'amour des arbres et des fleurs !

 

Hommage à la vie

Elle me manque, 
cette bouche, autel du baiser 
comme me manque le regard 
brillant comme une intelligence. 
La douce main 
qui me rappelle à sa présence.

Quand elle vient s’asseoir, 
croupe hospitalière et
épaule chaleureuse 
s'offrant à mon regard éperdu, 
quand elle s'en va,

laissant derrière elle 
le rythme des reins qui balancent 
ou quand elle revient, 
le sourire comme un salut 
sur une poitrine dessinée 
en une invitation de fête.

Je n'ai pas peur de dire la volupté 
des gestes qui se sculptent dans ma mémoire. 
Je n'aurai pas honte de raconter 
le bonheur de l'intimité profonde 
quand rien n'existe 
autour des mains qui se cherchent, 
se trouvent et s’entremêlent.

Au contraire, 
il me faut parler du désir 
comme un besoin naturel, 
comme une condition nécessaire 
et comme un partage infini.

Au dessous des mots,
au dessus des pages, 
il y a la veine qui véhicule les humeurs 
mais il y a le muscle qui bat 
pour que vive le corps et l'esprit.

Il y a le contact des épidermes 
qui allume le regard 
comme une lanterne dans la nuit 
des amants qui s'isolent.

Il y a la vie, que certains 
veulent maculer de honte 
car disent-ils, 
le bonheur est coupable.

Je crois à la vie 
qui vous prend comme une fièvre , 
délicieuse par sa chaleur,
enivrante par sa torpeur.

Je crois aux êtres qui ne savent pas mentir 
quand c'est leur cœur qui parle.

Photo & texte Nourr © (Humeurs)

Éclats de lumière

Il est lourd, le silence de la solitude
mais quand j'ouvre la grande porte,
devant moi, un univers sans horizon
comme une jungle qui, étonnée, s'organise
pour me dessiner le plus bel des exils
je peux, comme un cavalier, sur un étalon
chevaucher le rêve et l'imagination.
Je peux fabriquer un bout de printemps
dans la plus puissante des tempêtes,
voir s'ouvrir des fleurs avec les couleurs
que mon regard, comme un peintre,
s'invente pour caresser le temps
et tromper l'ennui ou la mélancolie.
Le bruit des sabots dérange l'insecte
et des naseaux sort l'air brulant
qui fait vaciller l'humide sous bois.
Je tiens les rennes avec délicatesse
et dirige l'animal vers là où va la prière.
Le ciel a mis en moi, tant de choses
qu'il me suffit d'éternuer pour voir
la poussière d'étoiles m'indiquer,
le chemin des amours éternelles.
Chant de rivière et bruit du vent,
le roseau s'incline et la fleur tremble
quand de mes pensées s'échappe
le parfum subtil du baiser volé.
Ménestrel sans souci du lendemain
j'écris à la voix profonde, des textes
qui donnent des airs de noblesse
aux mots simples des pauvres gens.
Toutes les douleurs restent à la porte
Dans cet univers, il n'y a aucune blessure
aucune sécheresse, aucun regret
la vie s'installe entre le pistil et l'odeur
des fleurs timides que le soleil secoue
pour rendre l'atmosphère plus parfumée.
Quand vient le temps de partir, le soir,
à la main, un parchemin; une histoire
avec des mots qu'il me faudra aligner
pour devenir, pour les autres, un poème.

Nourr Edine ©

 

 

 

 

Je l'ai cru belle...

Rupture

T'extirper la joie d'être
à mes yeux, la plus femme,
te faire réfléchir et comprendre
qu'en amour, il n'y a que deux cœurs
qui s'habituent à battre au rythme
de leurs âmes qui s'enlacent dans le silence
pour protéger la fragilité des confidences.
Ta douleur sera plus grande quand, en moi,
de la déchirure suintent les rêves déçus,
les promesses trahies et les faux baisers.
Ta souffrance, de moi, ne tarira jamais
car de la source pure, j'ai puisé, pour toi,
les plus belles gouttes de sueurs
quand l'effort pour te satisfaire
était plus grand que ton regard.
J'ai culbuté les traditions et tué en moi
tous les liens qui pouvaient, de toi,
m'éloigner ou détourner mon regard.
Je t'ai cru plus pure que la beauté
et plus sincère que les prières,
j'ai découvert que pour boire 
tous ces mots inventés pour toi
tes yeux regardaient ailleurs
et tu perdais de leurs couleurs
tout l'éclat qui fait princesse
la plus commune des femmes !
je ne te perds pas, mille fois hélas,
tu n'as jamais su être mienne !

Necitation 1

 

L'instant
où le regard s'étourdit
et refuse de mourir,
La lèvre tremble et suggère le désir
dans le baiser brûlant.
Sur l'épiderme qui frissonne...
La vie devient éclats
On oublie les misères et les fortunes
pour ne parler de rien,
se taire et écouter
le bruit du sablier
qui égrène les secondes.
Attentif au souffle devenu parfum
attentif au silence du désir...

Planche 16

Triste fin

Dois-je l'enterrer
et le couvrir de pierres
pour partir vers ce qui reste
de cette vie que j'ai voulue belle ?

dois-je comprendre 
que les mots que je tissais
juste pour lui décrire
ce bonheur que j'ai cru
le temps d'un baiser, véritable ?

est-ce aimer que de découvrir
au bout du chemin ensemble,
que rien n'est vrai, rien ne compte ?

Dois-je me faire une raison
penser que tout n'est qu'illusion,
une pièce commune de théâtre 
que j'ai joué sans avoir compris
que je récitais ce qu'un autre
avait écrit pour nous voir
faire semblant d'être amoureux ?

Je sais que chacun a son rêve
mais quel est ce songe qu'on fabrique
sans vraiment y croire ?

Quel bonheur est-ce quand,
dans le délire des égoïsme,
rien n'est vrai, rien n'est réel ?

mon échec ne m'est pas tributaire
il est dans le faux spectacle 
auquel j'ai participé sans le savoir
et quand le rideau est tombé
j'ai vu mon rêve naviguer
sur l'eau sale du caniveau
au milieu des immondices
que l'on me servait dans le noir.

Suis-je coupable de croire
que l'amour puisse exister,
transformer l'être et le sublimer ?

si c'est ainsi que la vie se voit
je préfère me retirer pour attendre
le souffle qui éteint les lumières
et partir sans haine et sans colère
car, au moins, j'y ai cru et j'ai essayé.

Nourr Edine ©

 

Planche 112

 

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Mimitou Zamaklili Vous êtes artiste ou avez une muse exceptionnelle! l'une ou l'autre, bravo pour ce que cela vous donne à écrire à chaque fois 

Femme 1

 

 

irréelle

Quand je rentre chez moi, 
c'est la lumière qui me guide
et elle est cette lumière. 
Prisonnier de son cœur, 
je me plais à danser 
au rythme de ses battements 
qui me secouent avec force 
quand elle a peur, quand elle s'inquiète 
et me bercent quand elle s'endort. 
La fine brise qui caresse le sous bois
la fraîcheur à l'ombre des platanes 
ou le bruit du ruisseau qui s'enfuit vers la rivière. 
Elle est tout cela et plus encore. 
Seul, nul de destin sans elle
mais avec elle, 
l'avenir est un univers où danse la lumière. 
Je ne lui vois aucun défaut mais 
ne dit-on pas que l'Amour est aveugle ? 
il doit être aveugle car éblouissant.
le contact du sable chaud écrit pour moi 
les poèmes que j'imagine pour elle 
La trace de ses pas sur la plage mouillée, 
s'efface doucement avec la vague qui revient. 
Ce ressac de l'océan, 
comme une croupe qui s'acharne 
à fabriquer la volupté sur une toile 
qui s'illumine sous les coups du pinceau. 
L'amour est un spectacle 
qu'on voudrait interminable 
avec cette crainte présente que le silence 
devient mortel quand le rideau tombe.
L'aube apporte le bonheur de savoir 
que chaque matin, sa présence 
précède le café qui réveille et prépare le jour. 
Le soleil accompagne ses mouvements 
et se plait à s'éblouir en se brûlant 
doucement sur son épiderme. 
La nuit, quand la lune est là, 
elle s'éclaire comme une plage blanche 
qui écoute mourir les vagues à ses pieds. 
Quand l'astre de la nuit s'absente, 
c'est l'odeur de son corps 
qui embaume l'atmosphère 
comme un parfum subtil de paradis.

Nourr Edine ©

Féminin

Je l'ai crue belle
elle s'est révélée rare.
De l'épaule qui nargue le temps
à la cheville fine qui dérange les lectures,
De la mèche qui retient le rayon de soleil
à la hanche qui s'offre avec insouciance
au regard qui s'éberlue à comprendre
ce qui lui arrive, ce qui le dérange.
Dieu semble avoir créé
ce qui lui reste avant le parfait.
Il se repose et se complait 
devant les yeux hagards
qui regardent passer la beauté.
Nul besoin, pour elle, de parler
elle écoute, calme et bienveillante
les discours qui peinent à décrire
ce qui surgit quand elle arrive,
quand elle passe et s'en va
trainant, derrière elle, en silence
tous les rêves fabriqués pour elle.
Plus belle que les mots qui la décrivent
aérienne, cheveux ivres, cils tremblants
la rue chavire, son torse en tempête
fait glisser les tentures transparentes
les curieuses veulent apprendre
comment, sans rien faire, elle émeut
et fait trembler leurs certitudes.
Je la regarde, ébloui par tant de grâce
dans ces reliefs et ces volumes
qui vivent, bougent et respirent.
Mes paupières deviennent lourdes
fatigués, elles veulent garder l'image
qui rendrait le rêve facile, le sommeil lourd.
Demain sera un autre jour, un autre spectacle
combien beau et pourtant gratuit !

Nourr © 2017 (Fragrances)

Planche 10

 

Je n'ai rien...

Je n'ai rien contre les cils qui tremblent 
pour cacher la chaleur du regard. 
Je n'ai rien contre quand elle les utilise 
comme un arc aux flèches incendiaires. 
Je n'ai rien contre quand elle passe 
sans m'accorder un regard 
car la voir partir est un spectacle délicieux 
à inscrire dans les méandres de ma mémoire.

"Tu ne vois en moi que la femme 
alors que je suis un être, 
comme toi, qui pense !" dit-elle 
mais mes sèches pensées 
valent-elles les siennes, 
auréolées de lumière ? 
Ne dit-on pas que 
quand on entend parler une femme, 
c'est qu'elle n'est point belle ? 
Entre comprendre les mots qu'elle dessine 
et se détacher du plaisir à fixer ses lèvres, 
je préfère être sourd mais point aveugle 
bien que, souvent, sa voix réveille, 
des désirs obscures ! 
Ah, créature insolente 
par son physique à nul autre pareil, 
que ne ferai-je pas pour en faire 
l'unique univers où le cœur se repose ? 
Doux souci qu'est l'effort 
de lui plaire un jour et lui plaire toujours, 
elle qui, pour éblouir, se contente d'être. 
Nous ne chanterons jamais assez 
le besoin qu'elle alimente 
dans nos rêves masculins 
comme elle ne cessera jamais 
d'exiger de nous de devenir poète, 
dans un corps de guerrier, 
debout et silencieux, 
au pied du lit qu'elle prépare.

Nourr Edine @