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Recueil 01

Pour ouvrir l'appétit

Nostalgie

Fasciné par le silence délicieux d'un jardin qui respire l'amour des mains qui le travaillent, j'arme l'appareil et je m'oublie dans les couleurs des fleurs en beauté. Je surprends la goutte de rosée tremblante, née au petit matin et qui s'en va mourir avec le réveil du soleil. L'insecte s'endort sur la pétale jaune et la fraîcheur caresse doucement les tiges fines qui sortent du sol.

On m'apporte la tasse ciselée à Limoges avec art et l'arôme du café me ramène chez moi, là bas, au Maroc. Ici, c'est une destination de rêve, des senteurs d'épices des échoppes "d'Al Attarines" à Fes aux plages longues et infinies d'Agadir. Bizarre qu'on nous regarde mieux que nous nous voyons mais qu'importe car je me plais à faire durer le mystère de ce qu'ils appellent, eux, le charme oriental. Je défends mes racines quand je sais qu'elles sont rongées par milles misères mais c'est ainsi, qu'il soit beau ou laid, il est la terre de mes ancêtres, il est l'argile d'où s'est formé mon corps, je n'y peux rien et je ne veux rien pouvoir.

Douceur femme

Quand elle bouge, va et vient
semant sa présence
comme une ambiance parfumée 
et chaude comme un bain de jouvence.
Elle dérange les solitudes involontaires
par la démarche, tour à tour discrète
ou envahissante comme une torpeur,
à la fois, sensuelle et voluptueuse.
Quand on ne la voit pas, on la sent
comme une fièvre qui attend l'occasion
pour venir frapper à la porte des consciences.
Elle interrompt les discours inutiles
pour rappeler aux lourdeurs masculines
que le temps est un plaisir qu'il faut sentir.
Elle vide les apparences trompeuses
de ceux qui se vautrent dans leur suffisance
Et doucement,
réveille l'ange dans l'enveloppe animale
quand le soir arrive derrière le soleil.
La lumière des chandelles donne à son regard
l'éclat des cœurs qui veulent vivre.
Et sur le nacre d'un épiderme qui tremble
elle dessine des rêves incomparables,
Ces aventures délicieuses qui durent
jusqu'au sommeil qui repose.
La joie s'infiltre
entre les paumes qui se rencontrent
Les bras se mêlent et s'entremêlent
comme un serment d'enfants,
comme un rire d'amitié.
Heureux sont les hommes
qui respectent ses délires
inconscients sont ceux qui
passent leur vie sans la voir.

Nourr Edine ©

Hnepapillon

Nourr Edine ©

 

Hne archives 2


" L'oeil, appelé fenêtre de l'âme,
est la principale voie par où notre intellect
peut apprécier pleinement et magnifiquement
l'oeuvre infinie de la nature."

Léonard De Vinci


Women’s secrets can be read in its way to dressesd

Oh, toi alors...

Le mot fragile qui parle d’amour 
Au fond de ton beau regard
Réveille l’envie et le désir
Dans tous les cœurs et les esprits
Mais seuls certains savent
Comment se faufiler avec grâce
Jusqu’à atteindre, en toi,
La beauté et son mystère.
Ils ignorent l’éclaboussure
Des vulgarités indignes
Et évitent l’odeur immonde
Des postures bestiales.
J’ai, d’abord aimé voir
à l’ombre de ta douceur
La fraîcheur du geste féminin
Et quand tes yeux se levèrent
Pour te rappeler mon existence
Tu as brûlé en moi, toute résistance.
A tes mots, le courage fond
Et le cœur capitule avec bonheur.
quel paradis serait-il meilleur
Que l’insolence d’un sein qui frémit
Quand tu inventes l’éclat de rire ?
Quel havre de paix, plus calme que
la chaleur de ta hanche hospitalière ?
Quelle joie plus profonde et réelle
Que ce spectacle que tu suggères
Quand tu t’en vas, quand tu reviens ?
Rares sont ceux qui savent, sans le dire,
Décrire ce qui, en toi, donne le vertige
Quand l’auriculaire taquine l’élégance
De la femme qui sait être et se tenir.
Ta présence réveille, en moi, le silence
Des attitudes que le respect colore
Et quand tu te lèves pour partir,
Mon cœur s’étire pour s’arracher
À la douleur du vide qui s’installe
Avec toi, je ne suis pas seul et,
nous ne sommes pas plusieurs...

Nourr Edine ©

Hne femmesconcorde

 

 

 

 

 

 

Tu m'as abandonné 
mais mon chagrin ne m'abandonne pas.

A vrai dire,
mon chagrin est plus fidèle que toi
!

 


Nadia Dkhissy Je n'arrive pas à commenter. Je n'ai pas les mots tant C'est beau...


Abdelmajid Rouchdi Très beau


L'homme est forcé de faire;
la femme peut se contenter d'être. 

Victor Hugo


Img 0655

 

 


L'ai-je aimée

Elle qui, comme une fleur
a parfumé l'odeur de mon quotidien ?
L'ai-je méritée,
avec cet amour maladroit
que je prodigue à ses regards ?
L'ai-je rassurée
quand dans ses baisers
je sentais ses angoisses de femme
vivant sur une terre masculine ?
Lui ai-je donné la force
de vivre sa liberté
sans craindre le doigt
qui la désigne coupable ?
Coupable d'être femme
sans vraiment rien faire !
Sent-elle ma joie
à la voir heureuse 
quand elle respire à mes côtés ?
Nous roulons, imperturbables,
avec la virilité pour carapace
mais derrière, un fil fin et fragile
soutient notre arrogance.
Sait-on que les souffles
qui se mélangent avec chaleur
brulent le doute qui nait
quand l'amour a froid ?
Sait-on, surtout,
que la vie à deux, partagée,
est un délicieux rêve sans nuages ?
Je laisse sur sa paume
chaque jour, chaque soir
un peu de ma fierté d'homme.
Je retrouve, entre ses mains,
l'image d'un être heureux
d'être aimé et d'aimer
avec les mêmes mots
avec les mêmes joies
avec les mêmes douleurs !
Savent-ils ce que nous pouvons vivre
quand rien ne vient diluer nos baisers ?
Se rendent-ils compte
que c'est ensemble qu'on fabrique,
les destins qu'on appelle paradis ?

Nourr Edine ©


 Ne laisse entrer dans le jardin de ta vie que ceux qui ont des fleurs à planter."

Mazouz Hacène

Hne femmeconcordeBelle, belle, belle

Elle était belle
avec ses yeux de gazelle
qui vous racontaient des contes
sans vraiment rien dire.
Quand elle vous touchait du regard
vous deveniez, soudain, transparent
ouvert comme un livre pour enfant,
aussi désarmé qu'un homme nu.
Pendant qu'elle inventait le rire
vous restiez figé, incapable
de reprendre pied sur terre.
Elle en profitait pour vous éblouir
avec le geste qui sonne le glas
à votre conscience déjà à terre.
Vous vous abandonniez, alors,
grisé, converti au charme magique
que dégage son corps.
Le rire sincère et contagieux
les dents alignés pour mordre
la vie et ses plaisirs intenses.
De femme belle, elle devenait ange
pour vous emporter loin, dans le rêve
Vous ne sentez ni le temps couler
ni la douleur qui s'incruste
au fond de votre mémoire
pour vous reprendre à vif
quand elle sera ailleurs.
Des femmes comme elle,
on ne peut, ni les aimer
encore moins s'y attacher
on se contente de rester
à l'ombre de leur démarche
pour cueillir ce qu'elles veulent
bien nous offrir, bien nous donner.
Comme une lumière éclatante
que tout le monde peut voir
son regard embrasse l'horizon
et votre voix est le bruit d'une goutte
dans le vacarme d'un océan.

Nourr Edine ©


 Une fleur ne pense jamais être en concurrence avec la fleur qui est à côté d'elle.
Une fleur s'épanouit, c'est tout."

Zen Shin


Hommage

Des femmes enfants, 
insouciantes du trouble que le corps fait naître. 
Des femmes légères, 
fines et presque transparentes à l'épiderme diaphane. 
Des femme fortes comme le chêne 
qui surveille les gestes et les actes 
ou des femmes qui ondulent, 
marchant comme une symphonie entraînante. 
Un ton et demi, 
dira le luth oriental 
au ventre élastique 
pour faire taire les bavardages 
et orienter les regards vers le vertige 
des croupes qui envahissent l'atmosphère. 
Des femmes rares et particulières 
qui savent parler et faire oublier
le charme des lèvres mouillées. 
Des femmes fières 
comme des roses qui n'ont plus besoin de soleil. 
Des femmes assassines 
qui baissent les yeux en face de la colère 
mais qui se moquent du bouc qui sort pour les servir. 
Des femmes, parcelles aveuglantes de peau, 
douceur de satin beige, 
dans la pénombre des aubes importunes. 
Des femmes, larme facile 
ou sourire de mystère qui glace la raison 
comme une menace invisible. 
Femme de tête, 
sachant choisir avec le goût 
des princesses à qui rien ne manque. 
Femmes douces comme une ombre fraîche 
sous le saule qui taquine la rivière. 
Femmes simples 
quand elles arrivent sans fanfares, 
apaisante par le discours, 
relaxante comme un baume de hammam 
pour la mariée qu'on prépare. 
Femmes imprévisibles 
qui annoncent l'aventure 
où le risque existe et la joie incertaine. 
Femmes qui s'abandonnent 
dans le silence des serments murmurés 
entre le drap et l’oreiller. 
Femmes fidèles ou infidèles, 
dans le tourment des libertés impossibles à avoir. 
Femmes destin, 
écrites comme un poème 
qui se lit, toujours à deux, 
comme un livre qu'on ne veut pas finir.
Femmes aube et aurore 
d'une vie qu'on veut belle, 
comme un horizon qui épouse la silhouette 
et se moque du soleil. 
Femme mère ou sœur, 
dans la chaleur des mots 
qui donnent au courage, 
le sens des destins valeureux.
Femmes épouses, 
dociles comme un printemps 
qui arrive en retard, 
veillant au grain qui avance vers la pierre 
qui tourne et menace de l'écraser. 
Femmes courage,
poitrine fière et bras menaçant,
à la face de l'hideuse ignominie arrogante. 
Femme martyre, partie, volontaire, 
vers les crocs qui menaçaient son enfant. 
Tigresse sauvageonne 
ou jument audacieuse 
qui nargue l'étalon qui tremble 
dans le champ de coquelicots. 
Femme orgueil et femme fierté 
qui fait de la terre une patrie !

Nourr Edine ©

La balade continue...

Devoir

Les mots me fascinent
parfois m'attristent et souvent m'enchantent.
Grâce à eux et avec eux, à chaque fois,
je m'enfante et renait comme un conteur
qui invente des légendes fabuleuses.
Mon esprit se concentre sur les douleurs
qui déchirent les innocentes tranquillités.
Les larmes silencieuses des femmes torturées,
comme celles à qui on a enlevé le droit
de, simplement, librement respirer, 
Pour elles, mes mots deviennent des cris
qui dérangent les barbes qui applaudissent.
J'aime, plus, quand ils deviennent éclats
dans la lumière tamisée des abat-jours
quand les doigts masculins, en douceur,
deviennent des cavaliers qui parcourent,
éberlués et conquis jusqu'à perdre haleine
toutes les arabesques du corps allongé
de la femme que le geste apprivoise.
Ce sont ces mots que je préfère,
ceux qui reposent les sourcils dessinés
régulent les rythmes du coeur 
et détendent les atmosphères.
Ces mots, doux et colorés
jaillissent, en douceur, dans la chaleur
des confidences volontaires,
des amitiés certaines apparaissent
quand le verbe est sincère.
Nous sommes plusieurs coeurs
à battre au rythme des hommages
que nous devons, chaque jour,
à celles qui, avec un sourire, un regard
transforment le temps en mélodie joyeuse.
Nous sommes le rempart invisible
qui sépare l'ignoble ingrat du fidèle brave
et ce sont nos mots qui adoucissent et réparent
les blessures du rustre et de l'exécrable.
Quelle bravoure trouve-t-on quand
la main rugueuse qui ne sait pas reconnaitre
toute la magie qu'un corps transporte,
se plait à se gonfler d'aise en ignorant
ce qu'on rate à n'être pas reconnaissant ?
Quelle grâce trouve-t-on à spolier des jeunesse
pour les baves d'une vieillesse capricieuse ?
Quel honneur y a-t-il dans la violence infâme
qui fait de la femme un objet-esclave
quand, le soir, on s'étourdit dans sa présence ?
Mes mots, je les astique à l'acide
pour qu'aucune lettre, aucune virgule
n'écorche l'épiderme doux et fragile
qui raconte la profondeur de mon émoi.

Nourr Edine © 

 

" L'humilité consiste à reconnaître que
n'importe quelle créature dans l'Univers
est susceptible

de nous enseigner ce que nous ignorons."

Djalâl-Od-Dîn Rûmî

 

Planche 48

 

Mes mots, je les astique à l'acide
pour qu'aucune lettre, aucune virgule
n'écorche l'épiderme doux et fragile
qui raconte la profondeur de mon émoi.

 

Lichens

 

Une belle expression à chuchoter:

"je suis heureux de toi !"

Regard

Img 0664Entre le sourire qui en dit long et l’œil qui recherche le compliment, le regard caresse la présence, ronde comme un fruit étouffé par la sève qui lui monte des racines. Elle se savait un piège pour le désir du mâle qui vibre à sa démarche mais, pour mieux se sentir vivre, elle avait besoin qu'on le lui dise. Comme un insecte qui inspecte la moisson, dans la fraîcheur des calices tremblants, comme un nuage qui se laisse aller au gré de la brise capricieuse, comme un doigt qui effleure l'épiderme, elle se voulait partout où le regard se plaît à atterrir. 
Reine dans sa tête que l'angoisse terrorise, elle attend le mot qui réveille son bas ventre comme une lance qui traverse le silence. Devant la glace qui ne sait pas mentir, elle découvre le plus qui cache la finesse de ses rondeurs. Elle se regarde et ausculte le reflet de son corps en tournant sur elle-même pour trouver le charme qui se cache et qu'elle veut faire apparaître. Elle cherche dans sa mémoire les mots qui dessinaient l'attirance fugace qu'on a pu voir. Elle se contorsionne, se cambre et exagère les courbes qui font taire les regards mais le ventre plein ou la cuisse généreuse lui rappellent l'effort qu'elle se doit de faire pour se trouver belle.
Ronde et après ?
"Nos hommes regardent les femmes fines quand ils sont ensemble mais se plaisent à se noyer dans la chaire abondante quand la nuit arrive" lui avait soufflé sa grand mère. Il lui faudra inventer l'illusion d'être mince en gardant un peu de graisse là où la main se repose. Dilemme impitoyable qui déstabilise les papilles insatiables et le calvaire de l'abstinence. Faut-il souffrir pour être belle, pour être femme et désirable ou oublier les regards qui balancent entre le désir et l'indifférence ?
Dans sa tête qui s'obstine, elle trace la liste des hommes qui la regardent et ceux qui refusent de la voir. Elle comptent les avis qui la dessinent comme une offrande nocturne et ceux qui ne lui accordent qu'une attention brève. Malgré le nombre des bouches qu'elle laisse ouvertes, malgré les souffles qu'elle arrive à couper en marchant comme une promesse de bonheur, malgré les dialogues qui s'interrompent quand elle passe, elle ne retient que la remarque qui lui rappelle qu'elle s'oublie quand ses dents travaillent. La faim qu'elle s'invente quand la table se garnit deviendrait-elle plus puissante que la caresse du regard qui réveille le besoin d'être attirante ? Quel plaisir serait-il meilleur, celui du corps qui revendique sa nourriture ou celui du bonheur d'être femme ?
Elle se retourne pour partir et jette un regard au reflet qui s'éloigne. Narcisse se réveille et sur sa croupe généreuse tombe le plaisir des hommes qui savent trouver la fraîcheur des femmes quand l’œil devient inutile.

Nourr Edine ©


Planche 97

Bonheur Enfant

Comme un plaisir qui ne vient jamais seul, la larme tombe sur la joue douce comme le chant d'une rivière... Lui-même ne sait pas pourquoi il pleure. Trop de choses à comprendre, trop d'espace à explorer et trop de mot à apprendre. Le rythme hésitant de ses pas l'expose à la douleur d'une chute probable mais rouge de colère, il se relève et recommence. A lui seul, il est le spectacle de la vie qui s'installe dans nos habitudes décrépies par des générations d’expériences. Le regard qui questionne sur la moindre faille de notre incapacité à deviner ce qu'il veut, il passe à autre chose avant d'avoir compris ce que le père lui explique et déjà, il est dans un autre univers, son univers à lui, loin derrière le fatras de notre vie organisée comme un champ de vigne, vide, croulant sous le silence d'un hivers trop long.

Le cœur s'étonne quand, en me voyant, il m'offre le sourire de ceux qui nous sont proches et qui nous aiment. Il ouvre les bras et les tend vers moi réveillant ma fierté d'être reconnu et doucement, il me propose ce que je ne sais pas deviner comme fabriquer une histoire avec un bout de bois.

Instants complices qui ramènent l'esprit ankylosé par des années d'habitude, vers cette magie où on se réfugiait pour fuir le trop sérieux d'une vie adulte. Ah, si on pouvait seulement rester enfant !

Griffures

Étrange

Planche 10Coup de fouet cinglant
Chaleur bienfaisante
Éclat de rire qui libère
l'air vicié des entrailles,
Sommeiller, l’œil ouvert
sans vraiment rien regarder
Tisser le rêve comme une histoire
le colorer à la lumière du regard,
Ne rien voir sauf la lèvre qui frissonne
quand le baiser s'impatiente.
Douce douleur qui s'habitue
à la souffrance de l'absence.
Joie immense, joie intense
quand les paumes se collent
quand le vertige guette
Planche 23sur les hauteurs infinies
des rondeurs appétissantes.
Est-ce cela l'amour ?
Aveuglant comme une lueur
qui traverse l'esprit,
fend la raison sans crier gare,
culbute la conscience
et s'installe en réalité nouvelle.
On ne peut le doser comme une liqueur
On ne peut le décrire comme une couleur
On ne peut s'en passer quand
il ravage, avec insolence,
les rassurantes habitudes.
Je sais, pourtant, qu'il est là,
comme un fantôme, comme une ombre
comme un présence qui se manifeste
Planche 50au fond des croyances qu'il dérange.
Amour, es-tu là, dira la plainte
du condamné à la solitude,
quand l'aube tarde à jaillir,
des nuits envahies de silence,
quand la soif devient torture,
A quoi sert de boire l’eau 
que le baiser ne parfume ?
Être deux en étant seul
quand le cœur chante
ce que l'esprit ne peut contenir.
Aimer c'est vivre etl'inverse est vrai
A quoi bon exister dans l'absence
de la plus belle invention de la vie ?

Conte de nuit

Pic0001Un morceau de page
de cahier d’écolier,
froissé par la crainte
sur lequel courent des mots
au crayon tracés en tremblant.
La peur de la passion qui dévore
ou la crainte d’être coupable ?
Qu’importe !
La phrase est courte et pourtant,
le frisson qu’elle apporte
vaut tout l’or du monde.
Je lis avec le cœur, l’œil frémit, 
le ventre se noue, étranglant l’espoir.

Ma nuit sera belle
comme le dernier vœu 
d’un condamné à la potence.
Pic0007“Je t’attends !” 
comme une promesse de bonheur.
Pendant que j'imagine déjà 
ce que seront mes balades tactiles...
le papier vibre dans la main qui tremble.
Les mots deviennent lumière
le sens, une tornade à venir
sur nos corps qui se réveillent à la vie.
Aimer, c’est, vraiment, vivre.
Le corps et le cœur dansent ensemble
pour mériter d’être et d’exister.
Je m’enferme dans mon silence
je m’évade, déjà, 
Pic0010vers ce que sera la nuit.
L’infatigable muscle qui meut le doigt,
ivre déjà, se relâche et temporise
en attendant de vivre intensément.
Je regarde sans voir 
le monde qui m’entoure,
rien n’existe, rien ne dérange
ce doux bonheur d’aimer et d’être aimé.

Comme moi, impatiente, elle m'attend !

Les secondes deviennent lourdes
Je m’occupe à ne plus rien faire
l’attente devient une besogne douloureuse
Et le cœur trépigne, se relâche et s'endort.
Il me faudra sortir comme un voleur
et ma présence, devenir invisible.
L’audace devient anodine
quand c’est l’envie qui la gonfle.
Envie de sortir, de mon quotidien
de mon corps et de ma tête,
pour prendre le chemin de la nuit,
marcher sans faire de bruit
pour décourager le mauvais sort,
séduire et convaincre la chance
et arriver à la dernière frontière
qui me sépare des douces aventures.
Clôture à peine haute, arbres sentinelles.
Crissements de feuilles écrasées,
le silence pour unique complice
sous le regard de la nuit
qui éclaire de sa lune, mon chemin.
Elle sort de derrière le tronc,
nos regards se rencontrent
comme une chaleur qui submerge
Pic0008nos corps, nos cœurs et nos envies.
nos doigts se cherchent et se touchent,
le premier baiser est un acte divin,
une douce liqueur qui revigore,
Les trois coups qui annoncent le théâtre
les rideaux qui s’ouvrent sur la scène.
Elle marche, me tirant par la main
vers une de ces belles histoires
que nous inventons, seuls et ensemble.
le silence nous impose la prudence
car tout le charme est dans l'interdit
tolérable ou toléré, inexplicable.

La nuit sera pour seul témoin,
Elle ouvre, avec précaution, 
la porte qui grince,
s’écarte pour m’inviter à entrer, 
comme dans un rêve.
Enfin, ensemble dans ce nid provisoire,
fabriqué à l’insu de ceux qui autorisent 
ou interdisent le bonheur.
Nous n’appartenons qu’à nous-mêmes, 
sans contrat ni conditions.
Cette nuit, encore, suffira-t-elle 
pour inventer l’avenir ?
Qu’importe ! 
“Ensemble, on est jamais seul 
et on est pas deux !”
dira le poète.

Regarde !

Pic0006Regarde-la, quand elle s'oublie,
quand elle se laisse aller,
quand elle cesse de penser qu'elle est femme;
Que chacun de ses gestes est un spectacle,
Que chaque fois qu'elle bouge, 
le regard se fige et se trouble !
Comme ce vent froid, 
discret comme un silence
qui précède la tempête, 
elle se néglige avec raison
pour mieux apparaître, pour mieux éblouir
quand elle revient, quand elle se pare.
On voit moins sa beauté 
quand elle hiberne et se transforme.
On la remarque plus, au sortir d'un oubli
Pic0009Elle fait semblant, le temps d'une pause,
celle de ne plus vouloir être belle
mais la lionne recule pour mieux armer son élan.
Le rose envahit ses pommettes, au sortir du bain
l'épiderme se transforme en mille et un projets
projet de caresses sublimes
toujours nouvelles, toujours plus douces
Car dans la chaleur de l'eau qui inonde son corps
Elle se dessine, en silence, des rêves de volupté
Et sans vraiment le dire, elle devient plus femme
quand le geste qui réveille son corps
quand le regard qu'elle espère et revendique
deviennent les complices du désir
qu'elle cultive avec intelligence.
Femme elle est, femme elle demeure
dans le nuage de parfum qu'elle traverse avec élégance !

Nourr Edine ©

Planche 55Paris - Place Concorde

Que se passe-t-il

Dans ma tête qui bouillonne
sur cette terre étrangère
dont je ne connais que la langue ?
je vois les êtres passer 
me voient-ils ou ne suis-je qu'une ombre
qui fait partie de leur décors ?
Il y a comme un respect du silence
dans lequel je me fabrique une raison
Ni foi qui déborde, ni regard qui accuse
la loi comme religion, le droit comme habitude
la trace du labeur écrite sur le chemin
Chacun son destin, chacun son rêve.
Que faut-il comme effort pour pouvoir
dessiner une nation avec des couleurs ?
Que faut-il comme courage 
pour que chacun choisisse son paradis ?
La fleur, d'abord, bourgeon timide
s'ouvre au soleil du matin
nul ne lui montre d'où vient la vie
nul ne lui désigne l'instant pour éclore.
Quand je pense que des cervelles brumeuses
s'abrogent le droit de définir les limites
aux libertés qui font épanouir l'être,
je me dis que quelques rouages bloquent
pour que nos vies deviennent laideurs...
Ils brandissent un livre qu'ils ont lu, ensemble
et sans se rendre compte que
l'on peut, aussi, se tromper à plusieurs,
Ils prennent la rue en otage
désignent la femme comme une souillure
qu'il faut couvrir pour ne pas céder
à l'odeur qui sème le doute dans leur cœur. 
je reviendrais, 
c'est sûr mais...
seul mon corps voyagera 
en laissant mon âme au pays des mécréants 
qui ont dompté la liberté !

Nourr Edine ©

Planche 51

L'indigence intellectuelle,
c'est quand on découvre, dans un pays,
le luxe des mosquées et la misère des écoles ?

Planche 42

 Ils vous font croire qu'il y a deux droits,
celui des hommes avec lequel,
ils gèrent leur carrière
et le droit divin,
avec lequel ils gèrent votre calvaire.

 

W. Shakespeare : «La poésie est cette musique que tout homme porte en soi.»

La fleur et le papillon

Fleur parmi les fleurs
couleurs particulières
dansant avec grâce
au rythme des caresses
de la brise silencieuse.
Elle se refuse à l'insecte,
le voyant à peine.
Elle se destine à l'autre
papillon aux ailes arc en ciel
qui arrive, maladroit,
grisé par le parfum invisible
qu'elle distille chaque matin.
Le monde, autour, se dissipe
quand le tango sensuel
de la fleur et du papillon
s'enchante et s'illumine.
Elle n'est plus végétal,
la fleur devenue femme
il n'est plus insecte
le papillon devenu homme
la main qui soutient la taille
le regard se fige, 
le cœur se retient
Toutes les présences du jardin
devinrent inutiles 
Le baiser, avec révérence,
se posa sur les lèvres chaudes
la sève devint chaleur
l'odeur, un parfum subtil
La nuit devint une farandole
de lumières et d'éclats.
La douce fleur s'abandonna
elle se laissa aller
dans les bras qui rassurent
la nuit enveloppa leurs ébats
et quand l'aube pointa
l'horizon comme un ciel de fête
illumina le désastre
que l'amour avait laissé
sur les pétales flétries
qui tombèrent une à une
le pistil enfla et devint fruit
le papillon gisait sur le sol
il a vécu ce que vivent les roses
le temps d'un matin dira le poète,
l'histoire de toute une vie !

,Nourr Edine

Pic0008

 

La poésie est le pivot de celui qui se cherche
dans ses contradictions, dans le déséquilibre de ses forces, la voix d'un appel insensé, présence
en dépit des fantasmes.

Pierre Seghers

 

Pic0003

 

La beauté retient le regard, le souffle et l'esprit, elle est la "splendeur de la vie"

St Thomas d'Aquin

 

Planche 107

 

Non

Serait-ce une déchirure
dans ce fin voile qu'est l'amour
quand le ciel raconte 
ce qui manque au verbe
étalé comme une goutte de miel
sur des lèvres agiles qui 
se mouillent pour mentir ?
Doit-on faire semblant
de croire à la lumière
que l'on met dans le regard
pour mieux convaincre ou tromper ?
Dois-je laisser mon cœur fermé
pour mieux le protéger
de la douleurs des illusions ?
Au fond, quand j'y pense,
nul n'a construit de destin
sur un sol perméable au mensonge
et nul ne peut se tromper
en se faisant croire,
qu'il aime sans rien savoir.
Je me sais digne d'aimer quand 
dans le reflet des mots que j'invente
il y a cette lueur éblouissante
comme un soleil qui déchire
ce qui reste des nuages
quand l'hivers agonise...
Je peux me tromper une fois
peut être plus, qu'importe
j'ai dans mon altruisme
plus d'intelligence que d'indulgence
et quand le flamme a brûlé
la confiance qui cachait à mes yeux
la pensée indigne et le traître mot,
la douleur que je sais dessiner
n'a d'égale que le remord qui,
comme un vers solitaire
ronge l'impie de l'intérieur.
mon âme se désoblige
à descendre au niveau
de ceux qui n'ont jamais eu
le courage d'enjamber leur crainte
et s'ils croient pouvoir vivre
avec ce qui tombe comme miettes
c'est que leur paradis n'a aucune fenêtre.
Ils m'ont regardé vivre et ont cru apprendre
comment marchent les hommes
capables, seuls, de fabriquer un destin.

Nourr Edine © 

 

Mai68

"Quand la matière donnée est
éxactement ajustée
à un schéma intellectuel préformé
qu'elle va rejoindre,
quand l'objet corespond à l'idée,
nous éprouvons le sentiment,
le plaisir de la beauté"

Kant

 

  RECUEIL 2  

 

 

Planche 257

 

«La connaissance poétique est celle où l'homme éclabousse l'objet de toutes ses richesses mobilisées.»

Aimé Césaire

 

Planche 260

 

La peinture est une poésie qui se voit au lieu de se sentir et la poésie est une peinture qui se sent au lieu de se voir.

Léonard de Vinci


Des mains...

Elle m'a brûlé le fond du cerveau
cette image témoin de la douleur
douleur criminelle à la face de ceux,
qui, chaque matin, font des promesses
sans avoir honte de savoir ne pas tenir.
Chaque jour, ces mains travaillent,
dans la souillure fétide des caniveaux, 
et chaque soir, elles ramènent du pain
du thé et de la menthe, parfois des olives
pour gaver les bouches innocentes
oubliées par les programmes qui s'écrivent,
sans eux dans les cabinets feutrés de la capitale.
elles sont là, ces mains qui accusent en silence
la démarche hautaine des costumes trop chers
qui oublient leur devoir au milieu des discours.
Elles accusent le grand temple des lois
construit avec le sang et la sueur
de ces ancêtres morts pour la dignité,
elles désignent les coupables impunis
et les voleurs qui défilent sur l'écran,
de cette morbide télé quand elle marche
car pour elle, aussi, il faut travailler
et gagner de quoi charger sa batterie.
Ces mains meurtries par le travail ingrat
ne savent point où se trouve Rabat,
avec ses immeubles et ses avenues
où la lumière jaillit avant la nuit
pour que ne trébuche pas la femme
qui revient du Spa de la rue Mogador. 
Ces mains ne hantent-elles pas le gouverneur,
le Caïd, le député ou le percepteur
quand ils dessinent pour elles
des avenirs fictifs et incertains ?
Ces mains torturées par le labeur
accusent tous ceux qui, dans leur confort,
ne souffrent pas la faim ou le froid
pour simplement survivre !
Ces mains me murmurent, comme une torture
l'injustice et l'indignité qui frappent sans pitié
ceux qu'on a oublié dans leur misère,
ceux qui n'existent qu'un jour par députation
ceux dont la voix dont l'urne est un billet bleu
qui rapporte des millions, sans vraiment, rien faire !
Ces mains font honte à ma citoyenneté
et sont la trace d'un crachat
sur chaque carte d'identité.

NOURR Edine 

Planche 10

Un bon mariage serait celui 
où l'on oublierait, le jour, 
qu'on est amants, la nuit, 
qu'on est époux.
 

Jean Rostand

Planche 112

 

Choix de vie

Je ne sais pourquoi 
mes yeux devancent mon esprit 
et, au moment où ma pensée s'affine, 
il est déjà trop tard. 
Trop belle pour être jaugée d'abord
et appréciée ensuite. 
Je me retrouve guidé, 
sans le vouloir par le bruit
d'une démarche gracieuse
qui chante la vie, au féminin pluriel,
comme un orchestre qui s'acharne 
à dessiner le vent indomptable
avec une brigade de violons. 
De la chevelure libre 
comme un étendard qui claque
au creux des reins où habite le vertige, 
elle passe sans vraiment voir 
les êtres et les choses, 
grisée par les caresses des regards 
qui suivent le mouvement félin 
d'un bassin sans erreur.

Si je ne la connaissais pas, 
je lui aurais donné Byzance 
sans hésiter, un moment 
mais je sais le parfum qui l'entoure 
comme une adresse de volupté. 
J'entends, souvent, le son de sa voix 
qui glisse sur mon épiderme 
comme une brise de printemps. 
Quand on la voit venir, 
aucune envie, autre que de la placer 
comme un bibelot très cher 
sur la plus haute étagère de la mémoire
et que l'on garderait caché 
des yeux trop sauvages pour la voir. 
Intelligente et belle, 
cela parait un miracle 
mais la nature, parfois, 
nous réserve des surprises 
qui témoignent de son pouvoir.

Quand elle rit, 
sa joie est contagieuse 
et quand elle est triste, 
c'est le soleil caché 
par des nuages, un jour d'été. 
Elle est souvent belle 
quand elle n'est pas jolie 
et devient rare quand elle décide 
d'être, simplement, femme. 
Je ne la vois pas souvent 
mais quand elle vient 
se réchauffer d'amitié, 
j'ai comme un devoir
de ne pas la décevoir. 
Je n'ai ni l'envie, 
ni même la pensée 
de la voir séduisante 
car je me sais incapable 
de supporter l'incendie 
qu'elle allumerait 
si je venais à la désirer. 
Il y a des choix, parfois, 
qu'il nous faut faire 
malgré l'envie qui nous attire ailleurs 
Ne vaut-il pas mieux vivre d'amitié 
que de souffrir d'amour maladroit ?

NOURR Edine © 2016