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Coups de cœur

Dans l'actualité...

 

Des anges adultes

Trisomie 21Que de retard accumulé, que de croyances à déraciner et que de mal a été fait quand on se regarde avec cette attitude de croire que n'est humain "normal" que ce qui ne sort pas de notre ordinaire, balisé comme une ligne de chemin de fer.
Aujourd'hui, c'est la journée mondiale de la trisomie 21. Notre télé, nos responsables et nos gourous ont tellement de travail qu'ils n'ont pas le temps de s'arrêter, un instant, sur ce qui, ailleurs, est devenue une cause, une grande cause et une noble cause.
Qui a côtoyé ces enfants, comprend non leur calvaire mais leur humanité. Des enfants, oui car ils restent avec toute leur innocence au point de découvrir que le mal, chez eux n'existe pas. Ils respirent la joie et tout est prétexte à danser, à chanter, à vivre. Leur plus grande douleur leur vient du regard des autres, ces gens normaux qui cultivent le mépris, la haine ou l'égoïsme. 
A cette occasion, France 2 leur a consacré une émission. Le sujet n'était pas la trisomie 21 mais ce qu'elle peut donner et devenir quand l'état et les citoyens prennent conscience que ces enfants avec un chromosome en plus, naviguent dans la quintessence de la vie comme elle doit être. Ce ne sont pas des trisomiques comme on se plait à les désigner mais des individus qui, grâce à l'état, aux parents et aux associations, ont fait leur vie comme tout un chacun. L'émission recevait des couples qui vivent ensemble comme mari et femme. Le spectacle qu'ils offrent est, à la fois, émouvant, attendrissant et donne envie. Envie de vivre leur bonheur vrai, sans faux fuyant, sans mensonge et sans hypocrisie. 

C'est là, une de leur qualité car ils ne savent pas tricher et leur sensibilité est telle qu'ils se rendent compte, très vite, de la valeur de l'affection qu'on peut leur apporter, nous les gens normaux.
A les regarder, ivres d'amour, ils sont devenus le miroir de nos mensonges et de nos lacunes. Comme une leçon de sincérité, leur innocence fait fondre le cœur au point qu'on aimerait, tous, devenir des trisomiques !


 

Le cheval blanc

45654Le jeune couple prit place dans la tribune. La femme était d'une beauté rare. A leur droite, un riche éleveur. Toute l'assistance attendait le défilé des chevaux de race, au pédigrée fabuleux. Chaque cheval valait une fortune et leur démarche était d'une élégance époustouflante. Soudain toute la foule se tût. Un étalon blanc entra. Il était l'incarnation de la beauté faite cheval. Une crinière de soie et la queue tressée avec raffinement. Tous les yeux étaient braqués sur l'animal qui avançait, l'allure fière.
Le riche éleveur s'exclama: "Sindibad ! c'est le meilleur étalon arabe de mon haras ! " dit-il en se tournant vers le couple qui restait abasourdi. Le regard de la jeune femme allait du cheval au riche éleveur n'en croyant pas ses yeux. elle toucha le bras de son époux et demanda si elle pouvait aller voir de plus près le magnifique animal. Le mari regarda l'éleveur qui acquiesça, l'air comblé !
La femme se leva et courut vers la clôture.
Le mari, resté seul avec le riche éleveur murmura:
- je ne sais pas ce que je ne donnerai pas pour avoir ce cheval !
le riche éleveur resta pensif et se tournant vers le mari, il demanda:
- Que donneriez-vous pour l'avoir ?
- Tout mais hélas, je n'ai pas grand chose.
- permettez-moi de vous faire une proposition. elle va vous paraître un peu folle mais vous n'êtes pas obligé d'accepter et surtout n'y voyez aucune offense.
- dites toujours, répondit le mari, soudain intéressé.
- Accordez-moi une demi heure avec votre femme et le cheval est à vous. Trente minutes et si vous êtes sûr de sa fidélité, vous n'avez rien à craindre. Je suis un homme du monde et je vous promets que rien ne se fera si votre femme refuse.
- N'est-ce pas une indécente proposition que vous me faites là ?
- Non. Je suis un éleveur et mon commerce, ce sont les chevaux. j'en vends et j'en achète. Peu importe contre quoi !
- Trente minutes, dites-vous ?
- Pas une minute de plus !
- et où cela va se passer ?
- ici même et sans être dérangés.
Dans la tête du mari commençaient à se former des images de lui à cheval sur la plage, à galoper crinière au vent. Sa fierté quand il entrera au village sur le cheval. A aucun moment, il ne pensa à sa femme, ce qu'elle va penser ni comment elle va prendre cet accord entre les deux hommes.
Il se tourna vers le riche éleveur qui fixait la jeune femme de dos et lui tendit la main:
- Marché conclu ! Trente minutes contre votre cheval.
Le riche éleveur serra la main tendue au moment où la femme arrivait. Le mari se leva et alla à sa rencontre. Il lui prit les mains et lui dit:
- Je vais te laisser, ici, avec l'éleveur. Dans une demi heure, je vais revenir avec une surprise aussi belle que ce cheval qui t'a plu? D'accord ?
- D'accord, répondit la femme en allant s'assoir sur le siège à côté du riche éleveur.
Elle regarda son mari, passer sous la clôture, s'approcher de l’écuyer qui tenait les rennes du cheval blanc. il lui dit quelque chose. l'écuyer leva la tête vers son patron. Celui-ci lui fit signe que oui et elle vit son mari tirer le cheval vers la sortie et ils disparurent.
La femme et le riche éleveur gardaient le silence puis n'en tenant plus elle se tourna vers son voisin et demanda:
- Pouvez-vous me dire ce qui se passe car je ne comprends rien.
- Il n'y a rien à comprendre. Votre mari m'a acheté le cheval.
- Il vous acheté le cheval ? Combien ? Avec quel argent ?
- On achète pas seulement avec de l'argent. On peut aussi offrir quelque chose en échange.
- Et quelle est cette chose qu'il vous a offert et qui vaut ce fabuleux cheval ?
- Ce n'est pas une chose, c'est du temps ?
- Du temps ?
- Oui, Trente minutes en votre compagnie en échange de ce fabuleux cheval. Trente minutes avec vous seulement en échange du plus beau étalon de la région. En habile commerçant, je peux même vous dire que j'ai fais une belle affaire car le cheval, aussi beau soit-il, ne vaut pas une seconde de votre présence. Vous valez tous les haras du pays et encore ! Votre beauté n'a pas d'équivalent et votre présence vaut tout l'or du monde. Alors un cheval contre trente minutes avec vous, c'est une très très bonne affaire.
- Et mon mari a accepté ?
- Vous l'avez vu ! était-il aussi heureux que moi ?
- je dirai même plus heureux que vous ne paraissez ?
- Détrompez-vous, au fond de moi, il y a un bonheur qui attend pour exploser. et jaillir.
- Il attend quoi ? demanda la jeune femme.
le riche éleveur resta silencieux puis se tourna vers la femme et lui demanda:
- Que pensez d'un homme capable de céder sa femme pour trente minutes avec un autre homme et que penser d'un autre qui cède un bel étalon arabe contre trente minutes de compagnie avec la plus belle des femmes ? Ne dites rien. Vous avez jusqu'à minuit pour réfléchir. Mon chauffeur sera devant votre demeure à minuit et si à minuit trente vous n’êtes pas sortie, je comprendrais que vous avez préféré l'homme qui a cédé sa femme contre un cheval !
Le riche éleveur se leva, fit signe à un homme, lui murmura quelque chose dans l'oreille en montrant du doigt la jeune femme et s'en alla.
Le lendemain matin, devant l’hôtel, la mari assis sur le trottoir, la tête basse, devant lui le cheval blanc qui piaffait ! Sa femme avait disparu.

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Xaluca - Province Errachidia

  S’il n’y a pas d’émotion, s’il n’y a pas un choc, si on ne réagit pas à la sensibilité,  
 on ne doit pas prendre de photo. C’est la photo qui nous prend.  

Henri Cartier-Bresson 

J’aimerai

Hne archives 24WoaO ! Tu es dur, m’a-t-elle dit en finissant de me lire mais qu’y puis-je quand la médiocrité devient une manière de vivre. J’aurai aimé ne parler que de fleurs et d’amour mais comment pourrai-je le faire quand la voix de la bêtise est si haute qu’on n’entend plus nos minarets d’antan. 

Comment ne pas regarder le luxe des mosquée et la misère des écoles ?
Comment faut-il être pour ignorer la précarité tendre la main, devant les mosquées le jour du Bon dieu si clément et miséricordieux ?

J’aimerais aligner les mots, les plus beaux, pour décrire le vertige de la beauté des femmes mais comment pourrai-je quand je vois ces mêmes femmes se plaire et se complaire dans leur esclavage déguisé, quand elles brandissent leurs chaînes offertes par leurs mâles pour une nuit consommée sous les applaudissements, quand elles acceptent de devenir, également, leur chose ?

J’aimerai, oui mais comment pourra-t-on m’expliquer le discours des femmes,
heureuses et fières de partager leur homme avec d’autres femmes ?

Dans ce cas, la poésie devra changer de titre et de forme autant de fois que l’on a d’épouses. Le verbe aimer volera en éclats dès que le baiser changera de chaleur. 

Ailleurs, j’assiste aux assises de l’école maternelle là où la scolarisation est, à trois ans, obligatoire. Chez nous, comme le discours des imams qui ont compris, l’école, si elle est obligatoire, elle est à l’image de la misère du quartier. Brillante et lumineuse chez ceux qui vivent du vertige des hauteurs. Sombre et insalubre là où la barbe se confond avec le pouvoir. J’aimerai, pourtant, me réveiller aux cris des récréations vives et vivantes, sentir le savoir entrer et sortir pour le retrouver dans la rue propre et le respect de l’autre.*

J’aimerai, j’aimerai tant me retrouver, juste en fermant les yeux, en train de respirer la douceur d’un cou qui sait vibrer au son de a voix mais quand le chemin est long à parcourir et l’occasion versatile, je dois me contenter de rêver au retour des hirondelles, à défaut de voir la liberté ne faire plus peur !

J’aimerai...

Planche 3

Printemps, Fleurs et parfums

  • Planche 112Comme une fleur que le printemps réveille, l'être, que la vie fait mouvoir, est une prière discrète qui danse sur les sourcils alignés comme une clôture. Le regard s'en échappe, plein d'allusions, comme une vapeur envahissante, comme un parfum qui dérange, comme une joie contagieuse. Le rire est son langage, à la fois, doux comme une saveur nouvelle et un arôme indéfinissable. La vague fine qui vient dessiner sa démarche est une fine offrande à la vie, au sommeil bousculé par le rêve. Le poète y voit la muse enchanteresse mais l'homme simple y retrouve sa destinée. Si la main s’empêche de frôler le contour, le regard, lui, se plaît à se perdre entre le galbe du vertige d'un ventre qui vibre au sourire et l’œil timide qui s'empare des mots qui ne peuvent pas sortir.
  • Entre vouloir vivre la tiédeur d'un corps qui bouge en restant immobile et se contenter de voir ce que la nature expose, l'esprit court et revendique la liberté de dire la joie du retour.
  • La femme trépigne d'aise quand l'homme se retient en silence mais le désir grandit à l'intérieur des silences complices quand la fleur se libère, étale ses pétales comme une couronne, au milieu des éclats de rire qui annoncent le retour des chaleurs.
  • L'envie de chanter la vie qui s'annonce comme une lumière envahissante n'a d'égal que le parfum qui s'élève au dessus des tapis qui se tissent avec les couleurs de l'arc en ciel.
  • Planche 89Douce joie pénétrante
    Que les hommes apprennent à se contenter de vivre ce que les femmes généreuses préparent dans leurs alcôves secrètes qu'elles illuminent de leurs bavardages ! 
  • Que les êtres et les choses s'éclairent dans ce paradis réel et terrestre car l'au delà incertain n'est inventé que pour faire taire les convoitises.
  • Ne savent vraiment vivre que ceux qui deviennent sourds aux discours pervers des égos qui veulent tout prendre !
    Les joies simples comme le regard qui parle au désir ou les lèvres qui tremblent pour se retenir, sont le bonheur et la joie que le corps et l'esprit font semblant de ne pas voir quand l'oreille s'oublie et s'habitue au verbe trompeur.
  • Femme lourde et paresseuse, le festin n'est pas dans l'assiette qui rassure mais dans le regard traversant ce voile qui se plaît à flouer le contour qui attire. 

Planche 295Tu ne peux t'oublier dans l’abondance quand une simple et frêle cheville met le monde à tes pieds, quand le petit doigt dénonce la grâce que tu as à remuer les espaces tranquilles qui protègent la faiblesse des hommes qui se cachent pour ne point succomber au désir. 

  • L'effort que tu peux faire pour rester belle n'est-il pas mérité quand la rue s'écarte devant le bruit des pas qui annonce ton passage ? 
  • Ne vaut-il pas mieux rester femme que de croire que la beauté se préserve à l'abri des regards ?
  • A quoi sert le soleil si les fleurs n'étaient pas belles ? 
  • A quoi sert le parfum s'il n'est pas respiré comme une invitation à la vie ?
  • A quoi sert d'être belle dans un monde d'aveugles ou de malvoyants ?
  • A quoi sert la vie si on l'ampute du temps consacré à faire taire la liberté de voir ?

Chaque matin arrive avec des images nouvelles qu'il suffit de voir pour se mettre à croire que Dieu existe et, si comme Michel Ange ou Raphaël, on se contente de contrôler les corps, personne n'aura ce droit de juger pour ce que nous aimons à voir, à regarder ou à chérir !

Nourr Edine © Notes

 

Sérieusement...

Dieu ou l’Etat ?

Imaginez le combat des femmes, non pour avoir une part égale d’héritage ou avoir droit au même salaire mais juste jouir de sa citoyenneté en toute liberté et en toute sécurité. Son combat dépasse le matériel et le confort, il est contre cette mentalité qui veut qu’elle soit moins citoyenne que son partenaire. 

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Certains voudront tout coller sur le dos de la tradition qui, on doit se le rappeler; est œuvre humaine donc faillible mais surtout perfectible. La tradition n’a pas de caractère immuable. Si elle convient à une communauté, une période donnée, elle périclite et disparait dès qu’elle n’est plus viable ou indispensable. A côté de la tradition, à qui on a donné le nom de « Al A3raf » dans ce qu’elle a de connu et familier, on est en train de lui coller un caractère sacré en la mixant avec des interprétations, toutes aussi humaines, mais religieuses.
En restant, juste sur ce sujet, celui de la femme et son image dans la société marocaine et si la tradition la confinait dans ce qu’on appelle la pudeur, confondue sans résistance avec la « Hchouma », le courant intégriste et son approche, toute masculine, est en train de lui construire l’image, qu'il pense lui convenir.
Cette vision archaïque de la femme ne vient, ni du temps du prophète, Khalid Mechbal en a montré le côté esthétique, ni de la période coloniale qui, semble-t-il, en a étouffé l’identité mais bien, de ce qui reste dans le cerveau humain de primitif et bestial.
12189921Quand on lui impose de se voiler, si dans la tradition, c’était cet aspect « bent nass »,(femme de bonne famille) qu’’on préférait mettre en avant car, à cette période où l’école lui était évitée, c’était bien parce la culture ancienne ne lui réservait que le statut d’épouse au service de sa future famille. 
A cet aspect des choses, l’Islam intégriste s’est acharné à confondre pudeur et tentation ou provocation. D’une attitude plus noble, les envahisseurs formés et financés en Orient, sont passés à l’interprétation animale qui fait appel aux instincts. La femme est alors, présentée comme tentatrice et dangereuse pour la foi masculine. Il faut la voiler pour cacher ses atouts, la soumettre car libre, elle devient dangereuse. Ils ne retiennent alors, de la religion de Mohamed (SAS) que ce qui les conforte dans la situation de seigneur et maître avec, à son service et pour son plaisir, la ou les femmes.
Avant l’indépendance du pays, Feu Mohamed V avait déjà dessiné le statut qui convient à la femme marocaine d’après la libération du pays quand sur des images, ses filles étaient habillées à l’Européenne, cheveux découverts et jupes courtes.
Ce qui dérangea cette marche et effacera cette image de femme moderne, viendra quand Feu Hassan II, pour contrer les mouvements démocratiques et progressistes, fit appel à l’aspect religieux qui légitime le trône. L’éducation islamique à tous les cycles de l’instruction en est l’aspect criant de cette manipulation. Les mosquées prirent le pas sur les écoles. La religion, en lieu et place du savoir, devint la colonne vertébrale de son règne. Des imams aux marabouts et des oulémas aux discours à connotation religieuse, la société redistribua les rôles. La religion se mit à expliquer la tradition. La pudeur se transforma en soumission. soumission au maître comme en témoigne la place de l’épouse du Roi, encline à son rôle primitif: au service de l’homme.
Quand la religion légitime le pouvoir, la société passe aux mains des sentinelles du temple. 
A la mort de Feu Hassan II, son fils monta sur le trône en brandissant, à la fois, la démocratie, la Justice et l’égalité. au contraire de son père, il osa faire une entorse au protocole en apparaissant, avec, à ses côtés, son épouse, Lalla Salma qui, comme du temps de feu Mohamed V, n'est ni voilée, ni réduite au statut d’objet, bref, un couple normale !
2011 ou ce qu’on appelle le printemps arabe vint mettre à plat tant, la situation économique du pays que l’’état des libertés des citoyens, tous les citoyens, hommes ou femmes.
C’était sans compter sur l’obstination du courant religieux, aujourd'hui, pour être plus précis, islamiste. Cette sagacité va d’abord, apparaître dans la rédaction de la nouvelle constitution. La laïcité est présentée comme un danger donc à éviter dans le texte final. Ensuite, ils vont tout faire pour que la liberté de conscience soit mentionnée, comme en petits caractères, derrière la notion de « religion d’état ». 
En somme, l’état ne légifèrera que selon les valeurs religieuses, en l'occurrence, musulmanes. Dans son état actuel, l’article 3 est en totale contradiction avec la charte universelle des droits de l’Homme telle qu’elle a été paraphée par l’état marocain et que le droit international réfute quand il ne reconnait à aucun état un quelconque caractère religieux qui, dans la pratique exclue et spolie les droits des autres confessions. L’article 3 est le fer de lance donné aux islamistes pour continuer leur travail de sape des droits universels humains.
Le pouvoir religieux, prenant le pas sur le pouvoir issu des urnes et tel qu’il est désigné dans le texte de la constitution, le pays a, de ce fait, deux pouvoirs: l’un politique et l’autre religieux. 
Hne archives 24Au niveau du citoyen lambda, cette dualité n’est pas visible et il a tendance à confondre les deux. Quand un ministre de la justice ose, au lieu de se soumettre au droit, défier ceux qui veulent rompre le jeune en public, en prenant à témoin l’opinion public, il n’applique plus le code pénal mais la raison collective soumise et asservie au discours religieux.
Maintenir la polygamie, ou le mariage des fillettes, quand on a une constitution qui reconnait la légitimité des droits de l’homme, c’est rendre floue cette séparation de la foi, de la gestion de la chose publique. Le citoyen assimile, tacitement, l’interprétation humaine du droit divin comme étant la loi.
Quand l’adolescent s’échine à déshabiller sa camarade de classe, en public, reconnait-il le droit à l’état de le condamner dans l'immédiat ou se réfère-t-il au droit divin de l'au delà, pour s'expliquer, inconsciemment, l’impunité de son acte ?
Le danger ne réside ni dans l’ignorance des citoyens, ils ne le sont pas tous, ni dans l’avis objectif d’un imam quand il donne son avis, il est dans cette imposture du droit divin aux dépends du droit, tout court. Un peu comme si nous osons comparer, sans craindre de commettre l’hérésie, le président du tribunal à Dieu. 
Dans le subconscient social, il y a, désormais, un ange ou un démon qui lit la constitution et nous indique le mal ou le bien, en dehors de toute considération juridique, sans défense et sans code pénal.

NOURR Edine © 

Solidarité

Cas de "SARA"

Il y a dans chaque acte que nous faisons, des raisons de croire ou d'autres pour ne plus croire et, l'épisode de la petite Sara sauvée du calvaire du silence est venu confirmer que quelle que soit la conjoncture, il est un ciment, si dur, que rien, ni jamais, ne pourra faire qu'un pays peut se disloquer ou s'imploser. Ce ciment est d'abord l'amour que nous nourrissons, les uns aux autres. De cet amour, naît la solidarité car l'amour est avant tout générosité et altruisme.
Le drame de cette petite a été vécu comme une injustice que l'état se devait de réparer car c'est son rôle premier que de tendre la main au plus faible, au plus pauvre. En politique et en droit, c'est quoi l'état ? L'état n'est rien d'autre que nous-mêmes. C'est nous, citoyens de ce pays qui formons ce peuple qui, en chacun, doit être une fierté !
D'une injustice, aux causes multiples, nous en avons fais un exercice collectif et volontaire, nous en avons fait, aussi, une leçon pour ceux qui sont en charge de notre destin. Dans ce cas, c'est tout le département de la santé et celui en charge des affaires sociales qui se sont distingués, tant par leur incompétence que par leur absence. Il ne s'agit pas d'inventer des sigles ou disserter sur des projets, souvent, des dossiers impersonnels et jamais mis en pratique, il s'agit de permettre l'accès réel aux soins et non cette promesse appelée RAMED qui, finalement, n'est rien d'autre, qu'une attestation d'indigence ! Il ne s'agit pas de faire le fier parce que le prix de certains médicaments ont baissé. Il s'agit d'assurer à chacun ces droits fondamentaux que sont la vie et la vie en bonne santé. La santé vient avant toute activité. Avant l'instruction ou le travail !
J'ai pris la liberté de glaner les illustrations et j'ai retracé le parcours de cette fillette, d'une part, pour garder la trace de ce fabuleux élan de solidarité et d'autre part, en faire un repère à marquer d'une pierre blanche pour ceux et celles qui ignorent ou veulent ignorer ce qu'est être marocain !

  VIDEO  

Commentaires

  • Amina Berrada Un super grand bravo tout simplement. Un pari gagné !
  • Rachida Maalal Bravoooo une vidéo réussie et une histoire bien racontée.
  • El Mokhtar Rahal Fabuleuse histoire, fabuleux élan social et fabuleux montage pour porter ce message d'espoir. Merci.
  • Houria Elkholti Félicitations pour la vidéo qui retrace si bien l'histoire de la petite Sara qui tout au long du métrage paraît avec un sourire fascinant . Grand merci à tous ceux qui se sont impliqués et investis en vue de réaliser avec succès une belle oeuvre humanitaire et solidaire Allah yjasihoum bilkhir.vive l'amour ce ciment qui triomphe sur tous les obstacles et casse les barrières qui nous empêchent d'atteindre nos objectifs . Si Noureddine l'a très bien expliqué .'
  • Manuela Terkemani Magnifique pari gagné grand bravo à tous ceux qui se sont impliqués
  • Badia El Mniai C est magnifique :cela fait chaud au coeur de voir l avenir de cette enfant prendre un tournant rénovateur. Sans l'aide cela n aurait pas pu être réalisé, comme quoi ,quand on veut, on peut soulever des charges jusque là, lourdes à nos épaules. 
    Le mérite te revient NOURR: TON reportage est excellent. Cela se voit que cela a du te demander bcp de don de Soi, aussi BRAVO
    TON écrit comme d hab est parfait
  • Mustapha Halim Félicitations cher frère et ami, c'est sensationnel, et l'histoire et la vidéo, bravo

 

Civisme & citoyenneté

Citoyen !

Il faut croire que nous sommes friands de la vie de prince, des strass et des lumières, d'argent, de gloire et de pouvoir. Quand nous ne pouvons point y arriver, le simple fait de se frotter à un uniforme nous fait croire que nous le portons, avec ses galons et ses accessoires. La mode des selfies aux côtés d'Untel est la pire des illustrations de cette soif d'être important même le temps d'un regard ou d'un sourire. On affiche son diplôme avant son élégance à expliquer avec des mots simples, pourquoi le jour, il y a de la lumière. Cette sagacité à humer l'air des "grands", quand n'est grand que Dieu, vient-elle d'une ambition qu'on ne peut retenir ou est-ce, simplement cette ignorance à être et accepter ce qu'on est ?

Dans le jardin qui jouxte le brouhaha des "regarde-moi être", j'ai préféré la sagesse du vieux qui entretient les roses à la pédanterie repoussante du "m'as-tu-vu" de celui qui habite au premier.

ConstitutionL'insignifiance de nos vies est-elle une raison pour se métamorphoser en paillasson pour l'écrivain célèbre ou le wali puissant ?
L'ignorance est notre principal handicap, il faut le dire et le répéter chaque jour, jusqu'à ce qu'on comprenne que la vie n'est importante que par ce qu'on a réussi à y mettre. L'ignorance de notre statut propre fait de nous des têtes vides cherchant la lumière des autres pour s'éblouir. Je me répète, chaque jour, dans ma tête que je n'ai rien mais que tout ce que j'ai est à moi !
Il y a ceux qui ne produisent rien et se contentent de vivoter à l'ombre des autres et il y a ceux qui s'acharnent à trouver un sens à leur existence en l'inventant chaque jour. Ce sont les seconds qui savent ce que "être libre" veut dire. 
C'est notre ignorance de la citoyenneté, pleine et entière qui fait de nous des followers (suiveurs), des consommateurs du succès des autres et sans eux, nous ne savons point exister car nous en faisons des indispensables à notre manière de vivre.
C'est, encore, notre ignorance qui ampute notre citoyenneté des droits les plus élémentaires. Elle installe la peur du puissant, de l'uniforme au tampon qui légalise notre droit à exister. Nous avons peur quand nous ne maîtrisons point notre conscience de l'égalité de tous. Notre ignorance de nos droits nous fait voir le gouverneur comme un Dieu, le médecin comme un maître jusqu'au moqadem à qui nous nourrissons une reconnaissance hypocrite. Pourtant, sous tous les artifices de pouvoir, ils ne sont que des citoyens comme nous, payés, comme nous, pour un travail qu'ils doivent faire; avec leurs peurs et leurs craintes, leurs vices et leurs vertus, comme nous.
00005C'est notre ignorance du droit qui nous fait accepter, de l'arrogance du responsable qui utilise nos droits comme un chantage ou les caprices de l'officier mégalomane qui nous juge coupable sans, de nous, rien savoir.
Il nous faudra lire et relire le texte de la Constitution, qui régit la vie citoyenne, comprendre les mots qui expliquent nos droits et nos libertés et refuser d'accepter qu'un autre puisse faire de mes droits le décors de son intérieur.
Des montagnes de livres sur le droit et des fleuves de discours sur la loi, je n'ai retenu qu'une chose et c'est la meilleure: c'est le peuple qui légitime le pouvoir, tous les pouvoirs. Les puissants et les maîtres, c'est nous, pas eux, nos serviteurs !

Nourr Edine © 

Hne archives 24

Photo NOURR Edine © Essaouira Maroc

Pamphlet

AllahPour la énième fois, je me retrouve à combattre la bêtise de la pensée unique de ceux qui croient que Dieu ne voient qu'eux. Ils arrivent comme des hommes normaux et se glissent dans la peau de l'interlocuteur comme une fièvre qui se développe doucement. On les reconnait quand, pour expliquer les choses simples, ils feuillettent le coran pour trouver la phrase qui colore leur discours. Ils inventent l'occasion pour élever la voix d'une croyance incertaine et tergiversent en longueur ce qu'ils ont déjà dit en largeur. S'ils se heurtent à l'avis contraire, ils dégainent la menace de l'enfer et deviennent les guerriers d'un Dieu qui s'étonne de leur audace illégitime. L'oreille qu'ils utilisent pour s'écouter parler leur traduit l'avis des autres comme une atteinte à leur conviction interne. De l'imam qui s’investit d'un pouvoir imaginaire, ils deviennent sarcastiques jusqu'à la bêtise de croire qu'il suffit d'élever la voix pour convaincre. Je m'étonne parfois quant à l'aveuglement avec lequel ils se mettent à juger sans comprendre qu'écouter les autres est une vertu incomparable.
Ils invoquent la peur de Dieu au lieu de l'Amour qui doit être entre le créateur et la créature et si la certitude est divine, ils oublient que le doute est humain. Ils ne voient ni la fleur, ni l'insecte et pataugent dans la barbarie des temps modernes comme des sauvages incapables de voir ou de regarder. Leur temps se décale chaque jour des réalités quotidiennes et dans leur frénésie collective, leur bave remplace le discours discipliné. Doucement, ils s'enfoncent dans la haine de tous ceux qui ne veulent pas les entendre !

Nourr Edine ©

Délicieuse solitude

les fleurs balancent, les insectes volages vibrent et le ciel s'épaissit dans les dernières chaleurs de l'été. Tout semble beau et serein à l’œil qui sait voir et mon regard se promène sur le rayon qui réchauffe mon plant de basilic sur le balcon. Je coupe les feuilles mortes et débarrasse mon esprit de l'ennui qui me vient de l'ailleurs. je retrouve la paix quand mon âme devient égoïste au point de m'élever au dessus des ombres qui s'acharnent à troubler ma zénitude.

Qu'importe les pensées que j'éveille sur les langues qui ont appris à me parler, je n'ai besoin pour vivre que de ce que le destin me fabrique. L’exigence des autres à vouloir confirmer leur présence me laisse froid comme un iceberg dans l'océan glacé. Ma tête se nourrit des richesses que j'accumule sur les scènes des quotidiens incapables. je n'ai d'autres ressources que celles que la nature me prépare quand le sommeil terrasse ma lucidité et je m'endors, à l'abri des bruits indispensables aux autres pour survivre. 
Quand le jour devient insupportable, je baisse les stores qui me protègent du dehors et je m'enfonce dans le calme que j'instaure sur les vestiges d'une existence que j'ai voulue délicieuse. Mes pensées, en file indienne, attendent que leur tour arrive et doucement, mon corps se détend comme une ombre légère sur les mouvements inutiles qui veulent séduire mon indifférence. Je n'ai plus le gout, ni la force, de faire l'effort indispensable et nettoyer la bêtise de sur les fronts qui se maquillent pour me plaire. La vie redevient visible entre les ambitions qui ne sont pas miennes et mon horizon s'éclaircit quand s'estompe l’exigence maladroite, illégitime et prétentieuse. 
Qu'importe le mal que je peux faire en retournant dans mon terroir originel, je n'emporte, avec moi, que la récolte de mes lectures, les refrains des gammes que j'ai appris à pianoter sur des claviers imaginaires, les odeurs identifiées quand l'aromate se torture pour épicer mes repas et envahir mon palais déjà agressé par la tradition. Plus le soleil tourne dans l'azur qui me sert de ciel et plus je m'enfonce dans la certitude que je ne suis nécessaire aux autres que pour mieux se guider pour tromper ma confiance. Les promesses jetées, à ma face, comme des insultes à la morale, ne me sont plus d'aucun secours pour espérer qu'un jour, tout le monde aura compris que personne n'est indispensable et que l'on peut ré apprendre à vivre pour peu qu'on ne s’aliène pas aux mirages inventés par égoïsme.
Narcissique prestation est le spectacle qui se donne sous la lumière que dégage la confiance mais amère désillusion quand le rideau tombe sur les pieds d'argile qui s'acharnent à croire que l'éternel est possible. Je glousse en silence, en allant vers mon destin véritable et l'oubli se met à guérir les plaies d'une guerre sans cause. J'ai perdu beaucoup de temps à croire que les êtres sont malléables mais je gagne la force de retrouver mon âme intacte au milieu des coquelicots qui savent me raconter la nature. Mes yeux retrouvent leur lucidité et mes oreilles deviennent imperméables aux paroles innocentes en apparence.
Les gens qui me voient partir souffrent dans leur solitude mais se rassurent, ensemble, pour croire que la perte est insignifiante pour les convictions qu'ils adoptent pour se réchauffer. Orphelins destins qui se dessinent sur des horizons translucides ou réconfort incertain pour des têtes qui paniquent quand l'obscurité descend. Ignorance ou ingratitude, qu'importe ! Mon destin traine derrière lui, la noblesse des intentions pour survivre, la beauté des inventions pour se plaire et la finesse des paroles pour séduire. Ni ange, ni démon mais simplement un être qui s'écoute pour diriger son regard vers la beauté cachée des êtres et des choses, une âme qui s'habitue à chanter les louanges à la création et qui a fait de lui ce qu'il est et non ce qu'il veut être ou prétend être !

 

NOURR Edine © 

Mea culpa

Il faudra que j'apprenne à refuser, ouvertement, la bêtise et plus, non seulement la refuser mais le dire à voix haute. Il parait qu'élever la voix est une manière d'exclure de sa tête toutes ces ondes négatives qui, quand elles ont refoulées, frelatent la circulation sanguine, d'où toutes ces manifestations qui dénaturent le teint et froissent les humeurs. 
Il me faudra apprendre, aussi, à éviter les présences qui, au lieu de m'enrichir, m'appauvrissent quand elles n'ont rien à m'apporter et se contentent de me parasiter sans rien m'offrir. Je dois mourir tel que je suis et renaître avec moins d'indulgence quand il s'agira de la qualité des relations que j'aurai à avoir. Seconde précaution qu'il me faudra prendre c'est cet altruisme déraisonné et déraisonnable quand on voit qu'il profite la plupart du temps non à ceux qui le métrite mais plutôt à ceux qui en vivent sans vraiment le mériter. 
Mon grand handicap, dans le monde artificiel et hautement matériel que s'est forgé la grande majorité est cette sensibilité qui me fait voir ce que les autres ne font qu'entrevoir. Grâce à elle, les couleurs sont éblouissantes et les mots si mélodieux que j'arrive parfois à faire danser les imaginations. Cette aptitude, si elle est la clé de la serrure qui ouvre la porte du beau, elle indispose ceux qui, faute d'en maîtriser l'algèbre, veulent y mettre comme un relent de faiblesse ou de fragilité. C'est d'autant plus vrai quand la tendance est au machisme viril et dominateur.
Dans ce fatras d'indisponibilité intellectuelle, si l'esprit est balloté entre le doute et l'incertitude, il est normal que la volonté flanche et l'esprit déprime. c'est le lot de ceux qui n'acceptent pas de mentir et pour qui, rester réel et vrai est l'unique condition pour vivre. C'est, bien sûr, une question de choix. Certains acceptent de vivre dans l'indignité devant les lumières de la gloire et d'autres restent debout et refusent de céder à la tentation de poser un genou à terre. C'est, à la fois, une éducation et une mentalité, peut être, mais c'est surtout un choix que l'on fait, soit avec courage et obstination, soit par peur et lâcheté.
J'ai envie de trouver un brin de culpabilité dans ma manière de me concevoir la vie mais quand on sait que nul ne naît esclave, rester petit ou grandir n'est ni une fatalité, ni un destin inéluctable. On finit par devenir ce qu'on est. Ce n'est la faute, ni aux géniteurs, ni au milieu car la cause est en chacun quand il décide de ce qu'il peut devenir en ne tenant compte que de ses aptitudes propres.

Nourr Edine ©

Il faut le dire

Il y a des expressions, en apparence, anodines et pourtant, les assimiler pour bien les utiliser nous élèvent et nous font revenir à l'ère où ni matérialisme, ni intellectualisme, ne comptaient. En les murmurant, il y a comme une floraison d'humanisme et d'humilité qui submergent notre être au point de se rappeler que finalement, malgré le statut que nous pouvons atteindre, le savoir que nous pouvons acquérir, l'intelligence que nous pouvons développer et la fortune que nous pouvons amasser, finalement, nous ne sommes que des passagers, dans cette vie. A notre mort, nous n'emmenons, dans notre cercueil, ni richesses, ni érudition. Les pharaons, l'ont essayé et ils n'ont pas réussi. On a retrouvé leurs trésors près de leurs sarcophages et ne servent qu'à enrichir des musées. Juste pour dire qu'il n'y a que ce que nous avons fais de nos âmes qui compte.
"Je m'excuse", trois mots magiques et pourtant si simples à aligner mais combien difficiles à prononcer. Nous savons tous que nous ne sommes pas infaillibles et que l'erreur est humaine mais pour s'en rendre compte, il faut plus d'efforts parfois que ceux qui ont servi à battre l'Everest. Se poser la question "pourquoi ?" ou "qu'est-ce qui nous désoblige à le faire ?", c'est déjà avoir plus de cinquante pour cent de la réponse car notre ego nous contrôle et nous aveugle et c'est bien, à cause de lui, que notre vie est au trois quarts incomplète ou gâchée. 
Dire "je m'excuse", dans le subconscient de la plupart, c'est avouer qu'on n'est pas parfait. Difficile à accepter que de découvrir que malgré tout, nous sommes, finalement, comme tous les autres, ni inférieurs, ni supérieurs mais juste humains.
Le nombrilisme, l'arrogance et l'excessive confiance en soi nous ont tellement envahis que l'expression "Je m'excuse" n'existe pas dans notre vocabulaire. Les prononcer est, à ce point, indigne de nous que cela rejoint cette affreuse idée que nous nous faisons de nous mêmes. Nous sommes aveuglément convaincus que ce sont les autres qui doivent s'excuser même quand on a commis le plus abjecte des crimes. Tous les "serial killers" en sont convaincus et, en commettant des crimes, ils sont investis d'une mission qu'eux seuls peuvent accomplir.
L'humilité est une qualité qui, loin d'être l'apanage de la plupart, n'est pas un aveu de faiblesse, ni la marque des êtres inférieurs mais bien la preuve que, finalement, nous ne sommes que des humains conscients de notre "valeur", toute, subjective.
Dans une considération comptable, dire "je m'excuse" nous éviterait bien des déboires et qu'il en déplaise aux bigots trop imbues d'eux-mêmes, nous ferait gagner du temps et de l'énergie. Nous fournissons plus d'efforts à nous convaincre que nous avons raison que d'avouer qu'on a eu tort.
Dire "je m'excuse" n'est aisée que quand on a reçu une éducation qui s'articule sur des valeurs comme l'égalité de tous. Cette humilité à croire qu'un enfant, comme un adulte, peut commettre des erreurs et se tromper est la base même de notre épanouissement, au contraire de la rigidité de notre obstination à nous penser meilleurs. L'essentiel n'est pas dans le fait de penser qu'on a raison mais dans la certitude que l'on peut se tromper.
Alors, si j'ai commis une erreur avec quelqu'un, je m'excuse...C'est si facile à dire que l'on sent notre âme respirer et notre être se sublimer.

  Article 18 de la charte universelle des droits de l'Homme  

"Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites."


  La liberté d'expression s'arrête dès qu'il y a atteinte à la dignité humaine  

Cours de cassation de Paris - 16/10/2012


Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites
mais je me battrais
pour que vous ayez le droit de le dire

Voltaire
 

Réquisitoire ou plaidoirie

Nous sommes des citoyens marocains. Certains vivent sur la terre de leur ancêtres, d'autres ont fait leur destin ailleurs. Chez tous demeure vivante cette fibre qui sent l'odeur de l'enfance, la crainte de décevoir le paternel juché sur son orgueil de père de famille ou cette joie frénétique dans la course vers l'affection maternelle. Nous avons nos mots pour dire sans le montrer, notre bonheur d'être nés sur cette terre. Il y a, chez nous, comme une fraternité qui, quand elle s'arrête, ne finit pas dans le caniveau mais devient indifférence et discrétion. Dans la vie, comme dans la rue, les gens se rejoignent selon leurs intérêts, leurs affinités et, dans la poussière des bavardages, souvent inutiles, reste le regard de Dieu comme le minaret surplombant le brouhaha de nos joies et de nos déceptions. Certains ne se parlent plus, s'ignorant avec élégance mais quand l'un est frappé par le malheur, la solidarité se réveille, l'oubli met, sous le tapis, les rancœurs et les remords. La peine devient collective jusqu'à parfois dépasser la douleur de celui qui en a subi les affres. Nous sommes ainsi, citoyens d'une contrée favorisée par le créateur et nos différences viennent des paysages qui nous entourent. Ressacs de vagues qui grignotent les rivages ou froid des montagnes, aux morsures lancinantes jusqu'aux brûlures du soleil sur le sable ocre clair de Merzouga. Nous ne nous disputons pas la beauté des couchers qui brûlent nos horizons car nous savons que c'est le même soleil qui réchauffent nos plaines, nos vallées et nos montagnes...
Dans cette confidence solitaire, il ne faut pas voir un quelconque besoin de pérorer pour ne rien dire, elle prépare, en moi, pour vous, une autre colère. Celle de ceux qui, parce qu'ils ont eu la chance d'être heureux, ailleurs, ont fini par perdre ce dont je parle plus haut, cette flamme qui se réveille, n'importe où. Du pôle Nord aux steppes de Russie, de Nagasaki à Saint Domingue. ce petit pincement que vous ressentez quand, à quelques pas, on parle Darija. La marocanité se réveille et, tout d'un coup, vous n'êtes plus seul, vous n'êtes plus ailleurs. L'espace que vous partagez devient une parcelle du pays. L'instant d'un soupir, vous revenez au pays, avec ses couleurs et ses senteurs. Parfois on échange un regard comme une complicité retrouvée, parfois on se retient. Le respect est une de nos profondes valeurs. 
Le respect ! Non des lois qui régissent le pays d’accueil mais le respect de l'autre, du voisin, de l'humain jusqu'au bout de pain qu'on ramasse, qu'on embrasse avant de l'éloigner du chemin. Le respect de l'âge qui nous fait supporter le vieillard qui n'a plus que quelques neurones. Combien de fois ai-je fais semblant d'attendre pour ne pas monter derrière la voisine ? Le respect des femmes mariées. Cette manière d'être et de vivre fait le marocain même quand il entre à la NASA ou intègre l'ONU. Il ne sera heureux que dans cette simplicité, pour ne pas dire humilité, qu'il a appris à aimer en regardant sa mère se brûler les doigts en montant la tour de mlawis. Il peut se pavaner, au volant d'une Lamborghini pour épater les voisins et pourtant, il jubilera à l'idée de boire un verre de thé à la menthe en compagnie de Mouloud, son jardinier marocain.
Des hommes simples et des femmes fières, nous sommes cette espèce qui ne disparaitra jamais même si certains parce qu'ils ont appris à penser "amerlock", croient avoir atteint le Nirvana.
Je les rencontre et je ne vois en eux, de marocain que la maladresse d'avoir perdu leur âme. A force d'être plus américains que les sioux du Colorado, les senteurs du pays, sur eux, sont odeurs d'égout !

Nourr © (Vérités et réalités)

Pensées laïques

« Pour le meilleur et pour le pire » murmure le curé, dans son rôle appris par cœur mais, que sait-il du chemin que l’on parcourt à deux, lui qui attend l’amour au paradis, après sa mort ?
« Comportez-vous, avec elle, avec tendresse et douceur » lui répond l’imam en pensant à son harem individuel. Ces gens de Dieu, que savent-ils des élans qui font trembler les croyances ? Comment osent-ils donner des conseils sans pouvoir les pratiquer eux-mêmes ?
Hier, j’étais enfant et j’écoutais, dans le noir de la nuit qui me faisait peur, Fattoma la grand mère, raconter des histoires d’un temps qui n’a existé que dans dans son imaginaire. Je ne pouvais que croire tant, sa voix lente était comme un guide qui me tenait la main en entrant dans la vie des adultes. Plus tard, le silence des livres m’apprenait qu’il y avait la vie réelle et le rêve qui lui ressemble. Quand, dans mon corps, arrivaient, de je ne sais où, ces pensées rebelles, j’ai du faire un effort, pour ne pas les dire tant, la morale comme une femme inflexible, me faisait peur. Entre l’univers raconté par le cours religieux et celui, dessiné, par les livres empruntés aux missions étrangères, j’ai inventé un monde entre le sacré que je ne comprenais pas et l’insoumis qui brandissait la liberté comme une lumière. C’est entre ce qui me faisait peur et ce qui me fait vivre, que je battis ma demeure. A gauche, Dieu était assis sur un trône invisible et semblait me surveiller comme pour guetter mes faiblesses et mes erreurs. A droite, c’est une clairière verte où jouaient des enfants. Un ciel bleu un soleil qui semblait immobile, des fleurs, des papillons et toute cette lumière qui m’attirait. Je ne pensais qu’à comment faire pour aller courir mais, le regard dur me faisait peur. Je restais figé comme une statue d’enfant sur une tombe au cimetière. 
Dans cette petite ville, protégée par un fleuve avec son eau de couleur beige, tout le monde semblait, comme moi, craindre cet homme à la barbe longue et je croyais, dur comme fer, que le vendredi, tous les habitants allaient, dans la grande mosquée qui surveillait le souk, un peu comme pour lui demander conseil. En sortant, chacun savait ce qu’il ne devait pas faire, ce qu’il aurait du faire et ce qu’il doit faire.
Les rares fois où craintif comme un chat, j’osai, après avoir enlevé mes espadrilles, entrer dans le silence froid de cette mosquée, quelques rares personnes se livraient à une gymnastique que plus tard, je compris que c’était des prières. C’était le seul moyen d’envoyer des messages à ce grand homme qui contrôlait nos actes et nos pensées. Je me demandais toujours, comment faisait-il pour surveiller chacun des hommes, femmes et enfants sans bouger. Je m’approchai de la fontaine au milieu et j’imitai ceux qui se livraient à ces ablutions. Une fois, un vieil homme me murmura qu’il faut respecter l’ordre et la manière de se laver le visage, les oreilles ou le nez. Une sorte de rite immuable indispensable pour que la prière soit valable. Plus tard, je fus étonné d’apprendre, que ce rite à l’eau pouvait être remplacé par un galet propre. Entre les tapis de la mosquée et la poussière de la rue, il y avait comme une frontière et, si dehors on était libre de courir, de crier et de rire, à l’intérieur, il fallait respecter le silence comme si Dieu se confondait avec les murs et le plafond. je ne détestais pas la mosquée, j’en avais peur. C’est dans les livres que tout s’expliqua pour moi: je compris qu’il y avait ceux qui vivaient en préparant ce qu’il y avait après la mort et il y avait ceux qui vivaient avant de mourir. Un choix kafkaïen surtout que personne ne pouvait revenir pour nous raconter ce qu’il y avait après la mort. Bien sûr, il y a des livres qui en parlent mais sil faut croire ce qu’on y trouve, ne faut-il pas croire aussi les livres qui n’en parlent pas ? Tous les livres étaient écrits par des humains. Qu’est-ce qui donne plus de crédibilité aux uns plutôt qu’aux autres ? Mr Alem, notre professeur d’éducation religieuse nous raconta que le vieil homme à la barbe blanche, de temps à autre, envoyait des hommes pour corriger nos actes et nos comportements. Il corsa l’histoire en certifiant qu’il n’y aura plus de prophètes. le dernier est celui qui apporta l’Islam. A côté de cette vision qui mettait la mort, entre la vie et l’au delà, il y avait cette autre approche qui faisait de la mort, la fin de l’histoire d'un homme.
c’est après le Baccalauréat que je pris conscience que ceux qui servaient Dieu, s’en servaient pour vivre comme des prophètes. Cela m’apparut comme une usurpation de la fonction de prophète. Certains me disent qu'ils ont lu tout ce qui tourne autour du prophète, c'est un peu, pour cela, qu'ils sont des savants et des experts. La petite voix d'enfant, dans ma tête, me murmura "oui, mais eux, ils comptent vivre après leur mort !"
L'Histoire me subjugua avec ces épopées qui se répètent, un éternel recommencement. D'un côté, les prophètes ou artisan de la vie et de l'au delà et de l'autre, plus pragmatiques, ceux qui pensent qu'on n'a qu'une vie alors autant la vivre jusqu'à la lie ! Je me dis souvent que si je n'avais pas ouvert un autre livre que celui du prophète, je ne serais pas, aujourd'hui, devant ce dilemme. J'aurai cru ou compris qu'il faut préparer à ce qu'il y a après la mort mais voilà, j'ai ouvert d'autres livres. On m'a enseigné que les hommes, les bêtes et les choses sont des assemblages moléculaires et que la plus petite portion de la vie ressemble, en infiniment grand, à l'univers. Les sciences m'ouvrirent un univers beaucoup plus grand, beaucoup plus complexe que ce que me raconte le barbu qui veut me faire croire que Dieu sait d'avance ce que je vais devenir et que tous mes choix découlent de sa volonté. Si je suis pauvre, c'est qu'il veut tester cette foi que lui-même m'a insufflée. Dieu existe, nul ne peut contester son existence ne fut-ce que pour expliquer d'où nous venons et comment sommes-nous ce que nous sommes. C'est dans les livres que j'ai appris que l'homme est un loup pour l'homme et que si nous sommes, aujourd'hui, organisés pour vivre ensemble, c'est parce que nous avons inventé des lois qui délimitent à chacun, ses devoirs et ses libertés. Dieu, l'au delà, les prophètes, le paradis ou l'enfer, libre à chacun de leur donner la forme qu'il veut et c'est là, ce qu'on appelle la liberté de conscience !

NOURR Edine ©

 

Un peu de nous...

Choumicha : Recette de Couscous Marocain aux Légumes (VF) - Moroccan Couscous

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Commentaires (2)

NOURR Edine
  • 1. NOURR Edine (site web) | 31/03/2019
La campagne pour aider a petite Sara a été reprise par la presse nationale
Lire la publication sur LesiteInfo de NOURR Edine
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