C'est libre que je suis meilleur

Brin de vie / Fais ce que tu aimes / Le mal sournois / Authenticité / Le poète et l’amour

Brin de vie

Il entra, déposa, dans le couloir ses bagages et tout en se dirigeant vers le salon, il cria « Ohé, Il y a quelqu’un ? ». N’ayant aucune réponse, il ouvrit le frigo, prit une canette de soda, il la posa sur la table et se dirigea vers la chambre à coucher, au fond du couloir. La chambre était vide, le lit bien rangé et aucun signe de présence. Il se déshabilla et se dirigea vers la salle de bain. L’eau chaude sous le douche lui fit un grand bien. Il pensa, un instant, entre le shampoing et le gel moussant « Où peut-elle être ? ». Elle n’avait ni laissé un mot, ni envoyé un texto pour le prévenir. Elle savait, pourtant qu’il rentrait, aujourd’hui, après cinq jours d’absence. Il sortit de la salle de bain avec la serviette pour seul vêtement et revint à la chambre à coucher. Les rideaux baissés, cette pénombre lui suggéra de se mettre au lit. Ce qu’il fit et quelques minutes, plus tard, Orphée l’avait vaincu, terrassé.
Elle entra, faillit trébucher sur les bagages et l’instant d’une pensée fugace, son cœur bondit dans sa poitrine. « Il est là ! », pensa-t-elle. Elle se dirigea vers la cuisine, déposa ses sacs de provisions et se mit à la recherche de son homme.
– « Ohé ! T’es où ? » cria-t-elle. Elle remarqua la canette de soda toujours intacte, elle la tata et la trouva encore glacée. Elle se déchaussa et se dirigea vers la chambre à coucher. Elle ouvrit la porte et, dans la pénombre, elle remarqua la serviette, sur le lit et lui, couché. Elle s’en approcha. Le visage de son homme était serein. Elle lui caressa les cheveux, encore humides et se pencha pour déposer un doux baiser sur la commissure de ses lèvres. Elle sentit, en elle, comme une bouffée de chaleur, comme une onde de désir et songea, un instant, à se glisser sous les draps mais elle se ravisa. Il doit avoir besoin de se reposer. Elle se leva, garda, un moment, sa main sur son épaule nue puis s’en alla en fermant, doucement, la porte derrière elle.
Elle s’occupa tant qu’elle put, dans sa cuisine, son dressing et s’installa, pour tuer le temps, devant la télé. Elle zappa plusieurs chaînes et n’ayant aucune envie à se gaver de nouvelles morbides ou de feuilletons à l’eau de rose, une idée la fit frissonner et elle se leva pour aller se déshabiller dans la salle de bain pour ensuite, rentrer, sans faire de bruit, dans la chambre à coucher. elle ne portait plus qu’une fine nuisette verte pâle quand elle se glissa, avec précautions, sous les draps pour venir, lui offrant son dos, se blottir contre lui. Le corps chaud de son homme réveilla en elle mille désirs. elle sentit des picotements dans toutes les parties de son corps. Elle songea, un moment, à le réveiller mais elle se retint en pensant aux journées harassantes qu’il venaient de passer et se contenta du plaisir de l’avoir tout contre elle. Elle ferma les yeux se délectant du plaisir qu’il lui procurait même en dormant.
Il sentit la chaleur d’un corps, comme dans un rêve. Un parfum familier lui piqua les narines. Il passa son bras sur le corps devant lui et doucement, en lui prenant un sein, il déposa un baiser sur la nuque, sous les cheveux. Elle gigota comme pour mieux le sentir, il la serra contre lui et lui murmura « ça va, toi ! ». Il ferma les yeux comme pour mémoriser chaque détail de cet instant de parfaite paix d’âme et de corps.
Elle le sentit se réveiller juste pour passer son bras et comme à son habitude lui prendre le sein. Quand il la serra contre lui, c’était comme pour l’aider à monter dans un calèche serti d’or et de diamants qui allait s’envoler pour les emmener au dessus des nuages. Elle ferma les yeux et se laissa aller, grisée par cette torpeur qu’il arrivait à lui procurer, à chaque fois.
Ils s’endormirent, tous les deux en même temps

Fontaine de Médicis

Fais ce que tu aimes !

Et aimes ce que tu fais car la vie t’appartient et nul n’a ce droit de venir te dire, ni ce que tu dois faire, ni comment le faire. C’est le principe même de la liberté, celle qui, en deçà des règles, échappe au chaos et à l’arbitraire. Ils sont nombreux ce qui s’habillent comme des anges pour venir limiter la respiration et le regard en prétendant connaitre le chemin du paradis. Ils sont nombreux ceux qui, dans l’exiguïté de leur cerveau, imaginent des phrases qui font pleurer les singes et pourtant, si vous vous attardez, un tant soit peu, sur leur pauvre existence, vous constaterez qu’ils ne sont que des ballons de baudruches gonflées de vanité. Ils cultivent l’apparence comme on arrange l’étal d’une épicerie pour mieux accrocher le portefeuille.
Le sujet de cet article n’est pas de parler de la bêtise quand elle devient habitude mais de rendre hommage à ces esprits rares qui se manifestent avec intelligence quand ils s’exaltent devant la beauté des scènes que la nature nous prodiguent ou devant le verbe qui fait frémir, dans leur sensibilité profonde, ce qu’ils protègent du regard malsain ou maladroit. Ils sont, dans la finesse des réactions humaines, ces esprits qui n’ont point besoin de paraître pour exister. Ces voix, à peine audibles, dans le vacarme des prétentions nombreuses qui rappellent la magie du chant de l’oiseau quand il veut convaincre sa femelle, le ronronnement du félin promenant son museau sur les contours du désir bestial, le mince bruit d’une fleur à peine effleurée par le vol de l’insecte qui tente de voler son parfum. Ils sont, ces êtres discrets jusqu’à la présence invisible, le dernier rempart qui empêche l’art de s’évaporer, la beauté d’être vulgaire et le parfum de devenir odeur.
Ils n’ont point besoin de faire du bruit pour convaincre, leur présence suffit pour que l’heure s’illumine et que la nuit devienne trop courte pour tout sentir. Ils ne marchent pas, ils glissent sur l’impuissance de ceux qui n’ont pas appris à vivre. Dans leur corps qui défie l’harmonie des courbes à peine visibles, il y a cette magie qui sublime le geste gracieux de la danseuse à peine mobile et rappelle la sensualité du doigt qui écarte la chevelure et dégage le regard. Ils s’épanouissent dans le silence de leur demeure et, quand le matin tente de les surprendre, ils sont déjà ivres du jour à venir.
Dispersés dans l’étendue du monde qui les accueille, ils forment la tribu de ceux qui font ce qu’ils aiment et quand ils rencontrent ceux qui aiment ce qu’ils font, La joie devient leur territoire qu’ils limitent avec des éclats de rires. Quand la pluie surprend leurs corps, ils recueillent les larmes de ceux qui souffrent du manque ou de l’injustice pour en faire des perles qu’ils arborent comme des colliers qui se réchauffent sur leur poitrine gonflées de courage. A peine présents dans le langage quotidien, à peine visible dans la foule qui remue la poussière des destins, à peine audibles dans le fracas des serments déguisés en vérité, ils sont les prophètes qui s’ignorent dans le tumulte du matériel devenu précieux.
Un éclat de leur rire suffit à rassurer l’enfant qui pleure et la douceur de leur regard fait trembler l’humiliation. Monstre sacré de l’intelligence au service de la nature sacrifiée sur l’autel des ambitions dévorantes, ils dénoncent sans vraiment le vouloir, la bêtise maquillée en femme trop riche qui traîne dans son sillage l’arrogance et l’opportunisme.
Ils ne sont là que pour servir de repère modeste à ceux qui ne comprennent pas pourquoi la vie est-elle médiocre, pourquoi la fortune devient-elle indécente et pourquoi les hommes et les femmes veulent devenir éternels et indispensables.

Note : Quand le verbe court comme un air qui jaillit d’une poitrine libre, comme un hommage au courage de ceux qui savent dire non au diktat usurpé, comme une prière incertaine destinée à ceux qui ne veulent pas reconnaître la liberté des autres à choisir leur destin, l’article devient l’insulte élégante que les enfants applaudissent !
Merci à ceux et celles qui me lisent.

Authenticité

Une idée,
une pensée,
une scène ou une situation…
Comme une graine qui germe,
prend racine en mon fort intérieur
Se développe, mûrit et grandit
jusqu’à déranger mon équilibre interne.
Je prends sur moi pour me vider
et comme une libération
le verbe explose,
les mots tombent comme une pluie fine
ou comme un orage, une tempête
selon la finesse ou la gravité.
Tout s’écrit d’un trait,
sans brouillon, sans pause
le texte prend forme,
devient article ou poème ?
Qu’importe !
Ma vision de la chose est là,
vraie et bien réelle
Puis le doute arrive.
Était-ce sincère ?
J’ai horreur de devenir pédant
avec de simples mots.
Toute la gloire à laquelle j’aspire
est le sourire que je ferais fleurir
Sur les lèvres amies
qui savent ce que j’ai voulu dire.
J’ai en moi des valeurs,
richesse héritée ou trésor découvert
j’en use et j’en abuse
car on ne répète jamais assez
que le passé a inventé le présent
pour préparer le futur.
Je n’ai pas la fierté d’avoir glissé l’arôme
dans les graines de semoule
mais je sais le sentir
quand des mains authentiques
ont su reprendre la magie de bien les rouler.
Certains de mes ami(e)s arrivent
à humer le parfum des mots
qu’ils gardent en eux comme un bonheur,
Ils me le rappellent et
leurs éloges sont un baume
qui réchauffe, en moi, l
Le marocain qui a su rester,
Attentif au génie de nos ancêtres,
Heureux d’appartenir
à la grande et belle famille
qui se dore sur les plages de l’Atlantique,
les cheveux mouillés par la Méditerranée
et les pieds brûlés par le sable du Sahara !

Le mal sournois

Dans mon dernier « brin de vie », j’ai abordé un sujet que beaucoup semble ne pas avoir beaucoup aimé et, c’est ton mieux car cela relève de nos tares héritées, tolérées car nous sommes dans une société d’hommes. Les femmes, elles, ne sont là que pour notre bon vouloir. Les lois le disent et le confirment et l’administration leur prévoit une bonne place dans l’héritage et la retraite. A propos, de retraite, pour ceux qui ont visité les lieux, ils ont du remarquer une pancarte destinée aux polygames. C’est un fait avéré. Dans notre subconscient collectif, la jeune fille n’a qu’une option: le mariage. Cette institution garantit à nos filles une destinée heureuse car autrement, le sens de l’honneur est si aigu que le frère, le cousin, l’oncle ou le fils du voisin a le droit de regard sur le comportement de la jeune fille dans la rue, avec qui elle est, qui l’accompagne. De ce sens, découlent ces précautions que l’on fait prendre à la fille. De comment elle s’habille jusqu’aux paroles qu’elle prononce.
J’ai connu deux cas de mariages de professeurs avec leurs élèves et j’ai, toujours, trouvé cela comme une perversité déguisée tant pour cet abus de faiblesse dont use le professeur que pour la différence d’âge, sans compter ce qui, dans les pays respectueux de la femme, est considéré comme un détournement de mineure.
On aura beau m’expliquer que l’amour est aveugle mais dans ce cas, s’il est plausible pour la jeune fille, pour le professeur adulte, cela rime avec prédateur.
Notre société est malade de ses femmes. Elle en a peur et ne sait comment se comporter avec elles. De la polygamie au mariage des mineures, cela renforce cet atavisme de la préhistoire (Al Jahilia) où le père préférait enterrer vivant le nourrisson s’il est de sexe féminin.
Cet état déplorable de notre attitude vis à vis des femmes est fortement encouragé par cette communauté qui a choisi le mode islamique. Quand on a un ministre bigame et de surcroît chargé des droits de l’Homme, peut-on espérer, un jour, devenir adultes ? Du hidjab à la polygamie et du mariage des mineures à l’injustice de l’héritage, cet arsenal de dispositions est, à la fois anticonstitutionnel (portant atteinte au principe d’égalité) et anachronique, archaïque et insultant à l’égard de tous ceux qui aspirent à la démocratie. Ce ne sont que des dispositions et non des instructions divines surtout quand on voit nos barbus et nos voilées se libérer dès qu’elles sont à l’abri du regard.

Le poète et l’Amour

Dieu que le mot est dur
quand il invente la douleur
sur ce qui reste encore,
des amours assassinées.
Le verbe est un esclave
perfide entre les joues creuses
qui ruminent les rancœurs.
J’aime à dessiner des phrases
lumineuses comme des nébuleuses
pour caresser, avec lenteur,
les tabernacles du désir
quand l’ombre devient féminine.
J’aime la présence fragile
des courbes qui se déhanchent
pour donner à l’instant,
des langueurs enivrantes.
Je suis la piqûre légère
qui dérange le sourcil,
la brise froide qui vient mourir
dans la chaleur des sueurs
qui inondent les poitrines.
Je suis l’ivresse, fugace et intense
quand le baiser devient incandescence.
Je meurs doucement, à l’aube,
quand le soleil importune les confidences
qui traversent la nuit sur un oreiller.
Je suis le souffle des algèbres
qui s’entrechoquent quand
aucune réponse n’est possible
quand le je t’aime n’a plus d’écho.
quand le duo s’effrite et se désagrège.
Je chante les femmes douces
comme on murmure des prières
pour que se lève le soleil.
Je suis le chantre des cœurs incapables
et j’invente les mots magiques
pour ceux qui ne savent quoi dire
et pour celles à qui on n’a pas su les dire.
Je suis le printemps qui danse
sur les dernières neiges de l’hivers.
Je suis l’été qui refuse de céder le temps
à l’automne qui s’impatiente…
J’ai vécu pour fabriquer un destin,
c’est le destin qui dessine, pour moi,
aujourd’hui, ce que les autres m’envient.
l’herbe sous mes pieds respire
ce qui reste des rêves inutiles;
feuilles mortes et fleurs fanées
tristesse violée par le sourire spontané
regard large comme un univers
horizon brûlé par les soleil mesquins..
Ma vie est une coupe où s’agitent
les folies périmées et abandonnées.
Ne regrette que le baiser évité
par crainte de tout perdre,
le reste est un livre encore vierge
j’y écris ce qui plait à mon esprit
quand aucun nuage ne m’occulte le ciel.
Je suis la feuille morte devenue légère,
transporté par le vent, à travers les regards
je tombe au pied d’un arbre qui ronronne
quand la brise devient incapable
de supporter mes lourdeurs…
Je resterai à l’ombre de tes pas
comme une promesse à tenir.

Champagne et arôme de caviar,
foie gras et chaire de homard
gloire des palais qui ne savent que vivre.
Feux d’artifice sans vacarme
au fond des êtres qui s’abandonnent,
L’amour n’a besoin que de pain modeste
pour distiller les volutes de parfum du paradis
et donner au jour, les couleurs de l’arc en ciel !

Laissez-moi chanter la grâce des belles divines
c’est un peu pour vous que je dessine
sur leurs courbes envahissantes
tous ces élans étouffés par maladresse,
par crainte de ne pas leur plaire.

Un peu d’art

L’art pour l’art est une trahison quand il n’entraîne pas notre conscience loin du mépris des douleurs humaines. Un artiste israélien, à l’aide de photos, a animé des toiles où figurent des ombres qui errent, ces immigrants qui ont perdu leurs racines et se sont retrouvés sans destin. Pour l’autre, ce sont des pierres classées dans un ordre tel, que l’on peut construire un édifice sans ciment, ni mortier et, que l’on peut déconstruire et reconstruire ailleurs. Comme un écho en nous qui éveille la recherche d’un toit. Il faut croire que l’art remplit une fonction. C’est d’abord une marque laissée à l’Histoire, des empreintes de son existence. Un peu comme pour nous pousser à faire pause. Il nous procure, le temps d’un regard, ce que nous n’arriverons jamais à avoir. N’est-ce pas cela qui explique que les gens visitent et visiteront des musées, des expositions. Le point commun à toutes les œuvres d’art est cette conviction que l’artiste pour se « démesurer » par rapport à la foule, a choisi la liberté, celle de pouvoir donner libre court à ses profondes aspirations. Depuis l’aube de l’humanité, l’art est une rupture dans l’habitude et la tradition, il dérange ce confort mesquin et individuel et le transforme en besoin de se revoir autrement. Les sociétés où l’art est absent dans sa totale plénitude est vouée à l’esclavage car, comme l’eau qui pourrit dans un étang immobile ou s’éclaircit avec le cours ruisseau qui devient rivière puis fleuve avant de se jeter dans cet océan qu’est l’humanité, l’art n’est que mouvement pour ne pas dire révolution.

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Séculairement belle

  • Nadia Cherki:  Très beau texte mais pourquoi l’utilisation d’une photo d’une femme voilée ?
  • Manuela Terkemani : Magnifique histoire parti dans le rêve en cours de lecture …si bien raconté.
    Mais la photo ?
    J’aurais préféré une orchidée blanche ou rose
    Merci Nourr Edine
  • Nourr Edine : Juste pour montrer que le voile marocain est une expression de la pudeur et non un signe de ralliement à une secte.

Fatima El Mernissi

Cliquer pour agrandir

et on parle de la journée internationale des droits de la femme !

Pour quelques dirhams !

Photographie

Nadia Ghulam

Imaginons la talibanisation du pays et imaginons toutes les libertés qu’on nous enlèvera… Nadia Ghulam, un livre, un très beau livre écrit par une femme qui, pendant dix ans, en Afghanistan, a vécu déguisée en homme pour goutter à la liberté !
« Tous les matins, il conduit la prière à la mosquée. Tous le respectent et l’écoutent avec attention, bien que sa voix soit fluette et son corps fin. C’est un bon musulman, généreux et droit. Ce qu’ils ignorent, c’est que sous ce turban ne se cache pas un imam, mais une jeune fille qui tremble à chaque fois qu’un taliban l’approche, craignant que son secret ne soit éventé »

En vedette

Confiance

عمر الخيام

"Je me demande ce que je possède vraiment. Je me demande ce qui subsistera de moi après ma mort. Notre vie est brève comme un incendie. Flammes que le passant oublie, cendres que le vent disperse : un homme a vécu."

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