C'est libre que je suis meilleur

S'aimer vraiment / Elle voulait des poésies charnelles / Le cinéma / L'Échec

S’aimer vraiment

Il fut un temps, jadis,
où le baiser était chaleur
le regard, vertige de précipice
et doucement le sein respire
quand, dans la paume, il se repose.
Quand chaque nuit, elle se lovait
contre le désir qu’elle réveille,
chaque parcelle de son corps
respirait la grâce des amours
qui ne finiront jamais…
Quand la vague venait finir
sur le sable, sous ses pieds,
l’amour rendait beau le geste,
le mot, le sourire ou le regard,
le cœur ne veut voir, lui,
que cette lumière qui éclaire,
à la frontière du rêve éphémère,
ce qui en elle, rappelle la joie
et la chance de lui appartenir.
Aimer devient inutile quand,
entre les mains qui se frôlent
le volcan s’excite et se réveille
pour embraser l’univers
qu’ils dessinent autour d’eux.
Elle ne le regarde plus,
il vit en elle et lui procure
tant de joie en restant tranquille,
tant de volupté de l’intérieur
qu’elle ne remarque même plus
les yeux qui s’agglutinent
sur l’ombre qu’elle laisse
sur l’asphalte en marchant.
La désire-t-il comme avant
ou se contente-t-il de l’idée
que c’est pour lui qu’elle est jolie,
souvent belle et parfois rare ?
Elle vit à l’ombre de sa présence
même absent et loin d’elle.
Il la sent circuler dans la veine
qui revient de derrière les côtes
et, si parfois, il vibre au courant d’air
c’est qu’elle est passée en dansant
sous le muscle qui bat et le fait vivre.
Ils ne s’aiment plus, ces oiseaux
Ils se combinent et se mélangent
se séparent et se retiennent,
se rapprochent et se confondent
sous le regard satisfait du créateur.
S’aimer est un divin privilège
qui se mérite et se travaille
comme une eau qui infiltre
la pierre, le sable et l’argile
pour en sortir pure et fraîche
comme l’innocence d’un enfant !

Le cinéma

« Venez à Hollywood ou c’est Hollywood qui viendra à vous », pour paraphraser l’adage et pousser l’absurde à ses limites.. Quand on feuillette une chaîne Youtube, on est frappé par cette présence du diable qu’on vénère. L’Iran l’a surnommé Satan, les naufragés de la bêtise l’accusent de comploter contre leur manière de penser ou de vivre, les « psalmodieurs » en parlent avec rage et pourtant…
Qui des uns et des autres n’en utilisent ses inventions, n’en copient le culte de la personne qu’il a recréé ou ne rêvent d’aller s’installer à deux pas de ses riches demeures ? Le diable semble charmer les subconscients au point que si on coupe le son à leur propagande, on y verrait Adolf ou Bennito. Derrière leur allure faussement empruntée, avec des pages de Coran en fond d’écran, ils souffrent, sans le savoir, de ce que les studios de Hollywood ont réussi à fabriquer et à commercialiser jusqu’à la plus humble des bicoques, au fin fond de la Tasmanie: « La Starmania » ! Quand l’un s’arrange la barbe et les sourcils pour avoir l’air de l’Ange Gabriel, l’autre se concocte la face hideuse du plus féroce de la « Jahilya ». L’un et l’autre n’inventent rien car tout ce cinéma devant caméra 4K et spots LED avec réflecteur parapluie, c’est du Hollywood depuis les premiers rushs tremblotants du muet de Buster Keaton ou Max Linder !
Ils n’ont rien inventé et pire quand ils font semblant de ne pas le savoir quand ils poussent le neveu à leur arranger le générique ou les effets spéciaux. Des acteurs qui potassent les vieilles reliques du siècle de la bataille de Badr pour s’écrire le scénario qui fera d’eux la star de l’année. Ils ont poussé le ridicule jusqu’à imiter la soirée des Oscars à Dubaï ou Tombouctou et s’offrir le festival international de la prédication avec buffet à volonté et plaques commémorative de l’événement.
Les techniques de maquillage, d’éclairage et de l’image, utilisées à outrance, affichent leur ridicule avant le contenu de ce qu’ils lisent, récitent ou improvisent mais, pour les consommateurs de ce genre de prestation, c’est du fabriqué maison !
La « starmania » a ce plus de ne se refuser à aucune intention de marketing même quand utilise les fibres, supposées soft, des spiritualités. Sous la pile de Corans reliés en or, Erdogan glisse des conteneurs d’appareils électroménagers et, quand on observe le chantre de « l’Ottmania nostalgique », c’est l’acteur qui a, le plus compris, le rôle et la puissance de l’image, celle du tribun qui promet, sans le penser, une terre libre aux palestiniens, le fier chevalier qui s’en va livrer bataille aux ennemis de la « Ouma » dans les steppes du Kurdistan ou l’espion double qui commerce avec les hordes de l’État islamique, sous les couleurs de Ian Flemming.
Hollywood avait transformé l’Égypte, transfiguré ses avenues et réinventé la femme et l’homme aux couleurs de ses sex-symbols, les studios en avaient tiré profit et de la Mer rouge à l’Atlantique, l’américanisation avait envahi les quotidiens. Aujourd’hui, Hollywood s’est infiltré au point qu’entre un neurone et son voisin, on trouve quelques pages, à peine lues, du manuel du Cinéma pour les nuls. On a appris, à force de se gaver de série B, comment jouer sur la lumière et l’intonation, on a amélioré le discours pour articuler les sourates avec conviction et, à la fin de chaque prise, on réexamine les rushs pour en choisir les plus convaincants. « Si l’Amérique a utilisé l’écran pour répandre son « way of life », pourquoi pas nous ? » se disent-ils pour se donner bonne figure mais au fond d’eux, ils savent que le crime n’est pas dans la technique ou le support mais dans l’outil dont ils s’obstinent à vouloir en faire une mercantile intention: Dieu lui-même !

Elle voulait des poésies charnelles

et…
les mots se mirent à tomber
comme des gouttes d’eau
qui font frissonner le ventre plat.
La peau se hérissa quand du baiser
se racontèrent des scènes nocturnes
qui eurent pour seul témoin, le plaisir.

Je la regarde
et toute mon âme se réveille
impatiente de ce qui va suivre
quand sa main, doucement, tirera
ce que du rêve, elle s’inspire
quand l’amant s’étourdit, aveugle,
dans le vertige des voluptés infinies.
De la fine cheville monte la grâce
des femmes qui savent être belles
quand une chaîne d’or vient dessiner
la fragilité des courbes abondantes
qu’elle offre au désir qu’elle dérange.
Elle meurt
comme un rose gorgée de soleil
et sur sa peau, reste encore la trace
des amours partagées avec tendresse.
Le ressac des ondes qui ont, avec force,
traversé son corps librement offert,
semble l’avoir transportée ailleurs.
et, doucement, le rythme du cœur
redevient normal quand l’instant
du baiser d’adieu arrive en galopant.
Elle ferma les yeux pour enfermer,
derrières les cils et les paupières,
le souvenir des corps qui se confondent
quand la nuit, complice de leurs ébats,
regarde ailleurs pour préserver leur pudeur.
Elle aura froid quand il ne sera plus là
Les doigts se ferment sur le parfum
d’une présence qui,
à ses côtés se repose
Le sommeil,
comme une aube à l’envers
étendit sur elle,
un doux nuage de volupté
elle se laissa vaincre sans résister
Il sentit le corps se détendre
il écouta le rythme de sa respiration,
se pencha sur son épaule nue
déposa un baiser léger comme un papillon
et s’en alla sans faire de bruit !

De l’échec

L’échec comme le succès ne sont que des instants car l’un et l’autre ne veulent désigner qu’une étape. Au fond, c’est l’essai de vie que l’on projette de découvrir qui compte. On ne réussit pas parce qu’on a su arriver avant les autres mais c’est avec eux que la satisfaction est complète quand on réussit, sinon tout est égoïsme avec son pendant, l’égocentrisme ! Sensation éphémère qui ne dure que le temps des applaudissements qu’on a suscités pour se complaire dans cette suffisance pitoyable qui caractérise les corps sans autre humanité que la leur.
Pour ceux qui veulent à tout prix rester dans la lumière, au centre des assistances, la peur d’échouer leur fait faire n’importe quoi jusqu’à perdre ce qui pouvait les mettre à l’abri. Ils ne voient que leur image portée aux nues et s’obstinent à croire que leur succès apporte quelque chose aux autres. Sans se rendre compte, ils dépendent des autres pour se sentir vivre.
Celui ou celle que l’on pense avait échoué, au fond, ils s’enferment dans la recherche des causes et des responsables de leur mésaventure et ne ressortent qu’après avoir appris à se méfier, à devenir plus prudents. En somme, ils se remettent debout plus forts qu’avant et à chaque nouvel échec, c’est leur manière à eux, de reculer pour mieux sauter.
Entre une vie trépidante, de petit succès en petits succès et une autre, en dent de scie, d’échec en échec, dans le sol sous les pieds, il y a du sable meuble ou du granite dur. L’un marche en hésitant à chaque pas, l’autre saute de bloc en bloc. On regarde mieux l’horizon si on ne craint rien de ce que nous avons dépassé.

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