C'est libre que je suis meilleur

Irréelle / Je n’ai rien / Féminin / Le testament du vieil homme

irréelle

Quand je rentre chez moi,
c’est la lumière qui me guide
et elle est cette lumière.
Prisonnier de son cœur,
je me plais à danser
au rythme de ses battements
qui me secouent avec force
quand elle a peur, quand elle s’inquiète
et me bercent quand elle s’endort.
La fine brise qui caresse le sous bois
la fraîcheur à l’ombre des platanes
ou le bruit du ruisseau qui s’enfuit vers la rivière.
Elle est tout cela et plus encore.
Seul, nul de destin sans elle
mais avec elle,
l’avenir est un univers où danse la lumière.
Je ne lui vois aucun défaut mais
ne dit-on pas que l’Amour est aveugle ?
il doit être aveugle car éblouissant.
le contact du sable chaud écrit pour moi
les poèmes que j’imagine pour elle
La trace de ses pas sur la plage mouillée,
s’efface doucement avec la vague qui revient.
Ce ressac de l’océan,
comme une croupe qui s’acharne
à fabriquer la volupté sur une toile
qui s’illumine sous les coups du pinceau.
L’amour est un spectacle
qu’on voudrait interminable
avec cette crainte présente que le silence
devient mortel quand le rideau tombe.
L’aube apporte le bonheur de savoir
que chaque matin, sa présence
précède le café qui réveille et prépare le jour.
Le soleil accompagne ses mouvements
et se plait à s’éblouir en se brûlant
doucement sur son épiderme.
La nuit, quand la lune est là,
elle s’éclaire comme une plage blanche
qui écoute mourir les vagues à ses pieds.
Quand l’astre de la nuit s’absente,
c’est l’odeur de son corps
qui embaume l’atmosphère
comme un parfum subtil de paradis.

Féminin

Je l’ai crue belle
elle s’est révélée rare.
De l’épaule qui nargue le temps
à la cheville fine qui dérange les lectures,
De la mèche qui retient le rayon de soleil
à la hanche qui s’offre avec insouciance
au regard qui s’éberlue à comprendre
ce qui lui arrive, ce qui le dérange.
Dieu semble avoir créé
ce qui lui reste avant le parfait.
Il se repose et se complait
devant les yeux hagards
qui regardent passer la beauté.
Nul besoin, pour elle, de parler
elle écoute, calme et bienveillante
les discours qui peinent à décrire
ce qui surgit quand elle arrive,
quand elle passe et s’en va
trainant, derrière elle, en silence
tous les rêves fabriqués pour elle.
Plus belle que les mots qui la décrivent
aérienne, cheveux ivres, cils tremblants
la rue chavire, son torse en tempête
fait glisser les tentures transparentes
les curieuses veulent apprendre
comment, sans rien faire, elle émeut
et fait trembler leurs certitudes.
Je la regarde, ébloui par tant de grâce
dans ces reliefs et ces volumes
qui vivent, bougent et respirent.
Mes paupières deviennent lourdes
fatigués, elles veulent garder l’image
qui rendrait le rêve facile, le sommeil lourd.
Demain sera un autre jour, un autre spectacle
combien beau et pourtant gratuit !

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Mimitou Zamaklili

Vous êtes artiste ou avez une muse exceptionnelle! l’une ou l’autre, bravo pour ce que cela vous donne à écrire à chaque fois

Je n’ai rien…

Je n’ai rien contre les cils qui tremblent pour cacher la chaleur du regard. Je n’ai rien contre quand elle les utilise comme un arc aux flèches incendiaires. Je n’ai rien contre quand elle passe sans m’accorder un regard car la voir partir est un spectacle délicieux à inscrire dans les méandres de ma mémoire. « Tu ne vois en moi que la femme alors que je suis un être, comme toi, qui pense ! » dit-elle mais mes sèches pensées valent-elles les siennes, auréolées de lumière ? Ne dit-on pas que quand on entend parler une femme, c’est qu’elle n’est point belle ? Entre comprendre les mots qu’elle dessine et se détacher du plaisir à fixer ses lèvres, je préfère être sourd mais point aveugle bien que, souvent, sa voix réveille, des désirs obscures !
Ah, créature insolente par son physique à nul autre pareil, que ne ferai-je pas pour en faire l’unique univers où le cœur se repose ? Doux souci qu’est l’effort de lui plaire un jour et lui plaire toujours, elle qui, pour éblouir, se contente d’être. Nous ne chanterons jamais assez le besoin qu’elle alimente dans nos rêves masculins comme elle ne cessera jamais d’exiger de nous de devenir poète, dans un corps de guerrier, debout et silencieux, au pied du lit qu’elle prépare.

Le testament du vieil homme

Quand le jour se fracasse
sur le comportement emprunté,
quand le regard ignore l’autre
et se plait à glorifier le moi,
juste pour se sentir vivre,
naissent en moi des vapeurs
qui sentent le souffre de la colère.
Qu’ai-je fais pour mériter le box
de ceux qu’on accuse d’exister ?
J’ai coloré les aubes aux couleurs
des rêves que vous faisiez, la nuit,
j’ai ignoré les désirs dans lesquels
j’aurai aimé naviguer jusqu’à l’horizon,
J’ai écris, pour vous, des textes
des poèmes et des lettres qui,
pour d’autres, sont des éclats de lumière,
j’ai fais taire, en moi, l’ambition qui,
si j’avais choisi de rester seul,
m’aurait élevé au dessus des étoiles,
j’ai mis vos prénoms avant le mien,
pour que le soleil vous regarde
comme des fleurs à l’odeur enivrante,
Aujourd’hui, lentement, je me laisse aller
vers les tombes silencieuses de l’oubli,
ma voix ne vous sert plus pour comprendre,
Il n’y a plus de joie dans vos regards
quand ils se rappellent de mon existence.
Vous avez été, pour moi, le destin
que je me plaisais à construire pour vous,
maintenant, du haut de vos piédestaux
vos pieds ne touchant plus le sol,
baisser les yeux pour me regarder
est une douceur au gout perdu.
Au moins, quand je me pense, demain,
votre sécurité à venir est mon héritage.
Je peux partir tranquille mais non heureux
car tout bonheur est à deux faces,
l’une est peinte avec ce qu’on reçoit,
l’autre, avec les plaisirs qu’on a su donnés.
Celle qui me fait face est grise de tristesse
et l’odeur acide de l’ingratitude qu’elle dégage
est à la mesure de ma naïveté maladive.
Le soir tombe sur mon sommeil agité.
Demain, comme hier, ma vie est un désastre
dont je ramasse, en pleurant, les éclats.
Brisure rime avec meurtrissure et mon cœur
comme une fleur qu’on n’a plus arrosée,
se fane et s’incline devant l’audace
des sincérités creuses et préfabriquées.
Au moins, je n’ai trompé personne
et si demain, on aura des comptes à rendre
je ne resterai pas longtemps devant l’ange
qui garde les portes de l’enfer ou du paradis.

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