C'est libre que je suis meilleur

Pauvre Omar ! / Une leçon de vie / Fin de vie /

Si on te demande à propos de la justice en terre d'Islam, dis leur qu'Omar est mort !

Pauvre Omar

Quand Noé embarqua sur l’arche, il pouvait, encore, sauver des hommes et des femmes du déluge mais le message divin était de nettoyer la terre de ses destructeurs, les êtres humains. On pourrait croire que le mal aurait pu disparaître avec Noé mais son fils Cham le trompa en sauvant le descendant de Caïn. Le mal avait embarqué l’arche quand, poussé par la vengeance, le fils, en voyant son père refuser de sauver la fille qu’il ramenait, ne comprit point le message divin et c’est ainsi que nous sommes, aujourd’hui, avec un côté sombre en nous. Certains diront que ce ne sont que des bobards pour étourdir les faibles esprits mais tout ce qui se passe dans ce monde, laisse des traces et devient une leçon à retenir.
Le mal n’est pas seulement dans la violence des actes, il est aussi dans la perfidie, quand on tient le discours pour tromper avec des couleurs de bonté et de générosité. Ceux qui ont compris que le nombre d’analphabètes dans ce pays est une aubaine quand l’urne désigne les élus, ils se mettent à aligner les mots simples, ceux que les pauvres gens veulent entendre. Ils dessinent la fatalité comme une volonté divine qui sert à distinguer les fidèles des infidèles. Si Dieu retarde la pluie, n’est-ce pas qu’il veut nous punir ? disent les opportunistes et au lieu de parler du dérèglement climatique, il est plus simple pour eux d’y mettre Dieu. Dieu est partout, voit tout et entend tout, au point de croire qu’Hitler n’a pas inventé la gestapo, c’est Dieu, semble-t-il qui nous espionne.

on ne peut que partager et aimer. Merci tonton Nourr Edine pour cet article magnifique !

Hajjar El Othmani

Hier encore, quand j’étais dans l’opposition, j’étais sûr qu’il fallait appliquer la justice divine pour éradiquer la misère. Il était claire que ceux qui possédaient devaient donner à ceux qui n’ont rien. J’étais sûr au point de répéter qu’Omar Ben Khattab, quand il avait faim, s’obligeait à murmurer à son ventre qu’elle peut chanter tant qu’elle veut tant que les pauvres auront faim. C’était beau à raconter, beau à entendre et dans l’esprit des pauvres bougres, celui qui s’inspire d’un tel saint méritait qu’on le croie.
Ce discours flatteur, aux oreilles des exclus sonnait vrai et comme ils sont nombreux, ils votèrent comme s’ils envoyaient une prière au prophète pour le remercier de leur avoir envoyé ce saint, ces saints parce qu’ils sont plusieurs à tenir les mêmes propos. Aux lendemains des élections, les méchants et les voleurs étaient chassés et remplacés par ces gens bons et sincères. Tout le monde croyait que les choses allaient, enfin, changer. Dieu l’a voulu et quand Dieu veut quelque chose, rien ne peut s’y opposer. Les premières mesures que ces hommes prirent furent amères mais tout le monde pensait que le bon remède est toujours amère. On attendait Omar Ben Khattab qui tardait à venir et quelle fut la déception quand on se rendit compte que ceux qui fustigeait la gabegie et l’enrichissement, se révélaient plus avides et plus cupides. Venus de la misère, ils avaient goutté aux plaisirs des fortunes faciles, ils oublièrent jusqu’à ce qui les différenciait des autres. Avant la barbe rappelait le prophète et le voile, son épouse au point que cela devint une mode, mieux un uniforme qui distinguait les fidèles des impies. Mais l’argent du pouvoir, parce qu’abandon et facile, corrompt les esprits et annihile les mémoires. Les barbes se rétrécirent et les voiles ne devenaient obligatoires que sur le territoire.
Le diable avait remplacé l’ange. L’homme redevenait homme. Avec ses faiblesses, ses envies et ses ambitions. Aujourd’hui, les pauvres d’hier, sous leur uniforme de saint, pavanent au volant de limousine avec chauffeur et garde du corps. Des villas surgissent dans les quartiers de ceux qui étaient des voleurs. Omar Ben Khattab n’a plus court, on craint plus le front monétaire que l’enfer et on apprend à remplacer les titres par des mots qui rappellent la bataille de Badr pour faire semblant de rester fidèle à ses vieux… démons.


Une leçon de vie

…avec Sophie Davant

Elle est trisomique 21, 31 ans, et elle, Eleonor Laloux, est là pour nous apprendre que ce n’est ni une maladie, ni un handicap. Elle est ce que l’humain aurait pu garder pour s’éviter la méchanceté, le mensonge ou la haine. Elle est, foncièrement, bonne, dit sa mère, les larmes aux yeux.
« Une leçon de bonheur » titre l’émission et à la regarder faire semblant d’être comme nous alors qu’elle est meilleure, c’est tout le secret de son humilité quand elle nous indique comment être, dans la joie d’être ensemble.
De ce cas, la France, moins musulmane et les français, ont créé ce collectif en construisant un espace qui réunit ces boules de joie de vivre à la tendresse des gens du troisième âge pour en faire un cocktail du meilleur « vivre ensemble ». L’idée de ses parents est de penser, pour elle, à l’avenir qui la ferait vivre quand ils ne seront plus là. L’idée est, on ne peut plus ingénieuse et humaine et si à côté, l’exemple rend le regard de la société plus tolérant vis à vis de ces minorités qui n’ont pas demandé à l’être, ce n’est que bonheur !
Sa leçon, la petite Eléonor, c’est rester positif pour se battre. Riche expérience quand on sait qu’elle se bat pour apprendre à vivre au milieu de ceux et celles qui se disent humains !


Fin de vie

Ce matin, le temps est triste. Le vieil homme meurt en silence dans sa solitude et l’indifférence. Ses muscles se réduisent à ceux qui assurent à l’air de le maintenir en vie. Quand ses paupières lourdes tombent, elles deviennent un écran noir sur lequel les images du passé apparaissent, s’estompent et disparaissent. Son esprit s’autorise à retenir celles qui éclairent le printemps de sa vie et il y retrouve jusqu’au parfum qui reste après son départ.
Elle, celle qu’il a aimé comme un destin dessiné avec les rêves d’enfants. La grande joie qui a submergé son corps, quand, à l’ombre des regards, elle avait attendu qu’il l’embrasse. Il se rappelle de cette nuit, quand sur le chemin du retour, il était devenu adolescent, ivre et insouciant car, pour lui, dans sa tête et dans son cœur, un baiser est un pacte qu’on ne peut négliger, qu’on ne peut trahir. Sur ses lèvres, encore, l’haleine respirée était un parfum qu’il ne voulait pas perdre. En marchant, des horizons lointains se bousculaient devant cette fenêtre qu’elle lui avait ouverte. Il se savait sauvé des misères des couples sans amour, sauvé des longues files d’attente de ceux qui cherchaient encore comment aimer et qui aimer. Comme un vaccin contre le chagrin des cœurs solitaires, ce baiser avait balayé le doute et l’ennui. Était-il heureux parce qu’il aimait ou est-ce parce qu’il aimait, qu’il était heureux ?
Comme un enfant qui déballe son cadeau, il se mit à éplucher les souvenirs qu’il avait d’elle et tous étaient immensément beaux et atrocement éblouissants. Elle était parfaite comme un cristal dans les mains d’un orfèvre. Dieu l’avait taillée avec patience. Précieuse comme une larme de joie quand le cœur étouffe de bonheur.
Les images sur ses paupières s’effacèrent quand le vent s’engouffra en ouvrant bruyamment la fenêtre. Le froid vint lacérer sa vieille peau déjà engourdie par les plaintes du corps abandonné. Son absence était une torture, au début. Aujourd’hui elle est le verdict impitoyable d’un juge invisible qui lui reproche son trop plein de confiance. Oui, on pouvait aimer sans se soucier des jours qui attendent mais au détour d’un lendemain imprévisible, le beau peut s’avérer une illusion déguisée en chimère ! Lui fallait-il se méfier de son cœur qui trépignait quand ses pas annonçaient sa venue ? Pouvait-il croire que quelqu’un puisse déguiser ses « je t’aime » simplement par convoitise ou par cupidité ? L’amour ne sublime-t-il pas les âmes ou n’est-ce qu’un remède de sorcière pour éblouir et tromper.
Aujourd’hui, au crépuscule de sa vie, où est le bonheur de mourir ensemble qu’ils se juraient chaque nuit et chaque jour ? Il sentit son cœur le piquer avec douleur, il mit sa main sur sa poitrine chétive. La force vitale qui meut ses doigts se mit à faiblir et doucement, la douleur remonta son bras. Il serra les dents pour ne pas crier. Comme le calme au milieu d’un cyclone, son corps se laissa faire et dans un grand soupire, il vit l’obscurité envahir son esprit. il se détendit et laissa ses paupières se fermer.
Aucun son, aucun bruit et aucune annonce, la mort l’entraînait vers ce qu’il attendait depuis longtemps, le repos éternel. « Comme il est bon de mourir doucement » pensa-t-il en se délectant de cette torpeur qui l’envahissait.


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