C'est libre que je suis meilleur

Écoute / J’ai vu… la femme, simplement femme ! / Le temps d’un regard

Il y a des éclats qui éblouissent au premier regard comme il y a des êtres qu’on aurait avoir rencontrés plus tôt mais le temps n’est pas notre serviteur, alors on se contente de rêver à rebours. Un peu comme pour rattraper quelques miettes de ce qu’on aurait pu avoir...

Écoute

C’est son silence qui m’a parlé
quand j’ai voulu la regarder
et doucement, j’ai trouvé des chapitres
que je n’avais pas vraiment lus.
Elle y parle de la tristesse
des jours passés sans aimer,
de la joie de penser que le cœur
ne se trompe jamais quand il bat
uniquement pour un autre…
J’ai feuilleté ce livre ouvert
sur la fraîcheur des larmes
qui assombrissent le regard,
à l’ombre des cils qui chantent,
l’éclat d’une beauté intelligente.
Poussé par un réel besoin de savoir
je me suis mis à tourner les pages.
Entre les murmures de la douleur
et le vacarme des larmes brûlantes
j’ai trouvé un florilège d’images
qui enchantent l’âme et l’esprit.
Là un sourire. Ici, un éclat de rire
ou un regard plein d’amour,
tout le spectacle d’un être entier
qui veut vivre pleinement
et aimer jusqu’à satiété

Tout vrai regard est un désir.

Alfred de Musset

pour être aimé et pouvoir mourir
sans avoir rien laissé au hasard.
J’ai compris, alors, qu’elle aussi
avait besoin d’écouter mon silence
lui parler de ce qui en moi, s’est arrêté
le jour où elle avait lâché ma main
pour partir chercher une autre couleur
à l’amour que je cultivais pour elle.
Si je ne sais pas colorer le rêve
aux nuances qu’elle préfère,
je sais, que le silence du baiser
remplace les mots incapables
de, simplement, dire « Je t’aime »


J’ai vu… la femme, simplement femme !

J’ai vu la lèvre tremblante mouillée par le désir et mon regard a vacillé comme une vierge en pleurs. Elle marchait, les orteils effleuraient à peine la poussière du sol m’indiquant la cheville fragile qui surveille le mollet en carpe insolente. Le genou provoque et la cuisse apaise quand la hanche se rythme aux bruits de la rue qui s’émerveille. Inconnue pourtant, elle suscitait le sourire sous les regards en biais qui regardaient, coupables, la nature qui se réveille.
Femme, dans le silence de sa beauté, comme une ombre en pleine lumière, comme une rosée que le rayon de lune vient faire briller dans la noirceur d’un ciel abandonné par le soleil. Jaloux du souffle qui a la chance de sentir la douceur des lèvres, je redeviens poète, ménestrel qui vante le vertige des rondeurs que l’on fait semblant de ne pas voir, des courbes que l’on se refuse de regarder.
Vision coupable d’être belle, pourtant revendiquée en silence, dans l’angle mort des paupières qui tremblent. Le regard s’abandonne dans la vallée que la démarche façonne et je me plais à tromper la morale des ombres qui font semblant de vivre.
Doux vertige des envies que l’on freine par respect à la candeur d’une nature qui se sait belle. Les mèches brûlantes m’indiquent le sillon qui annonce la clairière propice aux caresses innocentes et je tremble pour la fragilité de l’épaule qui joue comme une virgule et rythme le charme des paroles en musique nocturne.
Quand elle s’arrête pour voir le spectacle des bouches ouvertes, je comprends qu’elle prend un malin plaisir à tenter les diables qui dorment dans les carcasses qui attendent. Le bout des seins qui durcissent trahissent le jeu qu’elle aime à pratiquer pour se sentir désirable. Son regard cherche la présence qui l’observe avec insolence et comme une main invisible qui lui fait tourner la tête, elle fait semblant de ne pas voir la source d’où vient le souffle qui, le temps d’un soupir, lui a révélé son pouvoir.
Mon regard s’estompe quand je comprends que, si j’ai eu l’audace de la regarder belle, elle a eu la maladresse de ne pas savoir devenir plus belle.


Le temps d’un regard

Dans cette rue trop banale
avec sa poussière et ses bruits
dans une bourgade perdue du pays
il avançait, perdu dans ses pensées,
Soudain, le bruit de pas,
le ramena à la réalité.
Et quelle réalité,
quand il vit, le corps d’abord
comme une lumière dans la tradition.
Elle était, elle, unique et singulière
non seulement par ses courbes et ses volumes
mais par l’audace de son accoutrement
dans un bled qui osait à peine lever les yeux
Voile impersonnel et robes longues
comme une ménagerie d’automates.
Dans ces sociétés archaïques
où la femme est une tornade
maléfique, dangereuse et imprévisible.
Il s’arrêta, un long moment, ébloui.
la démarche et les rondeurs,
naturellement provocantes,
son regard comme subjugué
semblait vouloir le laisser tomber,
glissant derrière la belle inconnue..
Que manquait-il à son cœur,
maintenant,
qu’il avait rencontré la seule manière
pour se laisser séduire ?
Le choc fut doux, lancinant,
l’impression, un soupçon de volupté…
il dura longtemps, jusqu’à la nuit
l’instant d’hébétude comme une joie,
fragile mais combien souveraine,
Jusqu’au lendemain,
peut être à jamais.
il le savait, le souhaitait…
Il avait, déjà, rencontré des étoiles
mais celle là était singulière,
étrangement douce et particulière
par la féminité qu’elle dégage
sans vraiment rien trop faire.
L’image persista jusqu’à se graver
dans l’arrière plan de sa mémoire
qu’il voulait, soudainement vierge.
Elle finit par devenir familière
combien présente dans tous les mots
toutes les phrases qu’il savait pourtant
bien aligner, bien inventer.
Elle ne le quitta plus, elle le hanta
au point de croire que, désormais,
il était impossible de vivre sans elle.
Étaient-ce les prémisses
d’un destin obligatoire
le début d’une condamnation à souffrir
ou le bonheur d’avoir, enfin, trouvé
dans le silence des intimités,
ce feu de bois qui, jamais,
ne s’éteint ou s’amenuise,
mériter de se sentir heureux sans réfléchir ?
Fallait-il accepter cette rencontre
comme une chance,
comme un hasard,
un signe que le Dieu, là haut,
écoute les cœurs purs ?
Que deviendrait la liberté d’être
quand on s’oblige à s’adapter
pour aimer, pour vivre ?
Faut-il penser au prix à payer
pour mériter de se croire heureux ?
Les destins se forgent,
parfois, sur une folle envie
parfois sur une lubie
mais là, c’était comme prédestiné,
Sans réfléchir aux dégâts qu’il ferait
à son combat pour rester indépendant,
il tendit ses poignets, les yeux fermés
se laissa enchaîner comme prisonnier,
pour un nuage de féminité
aperçu dans un mouvement..
L’amour avait des yeux intelligents,
des points, des lignes et des volumes
qui défiait l’harmonie des astres
évoluant dans les profondeurs célestes.
les jours se dessinèrent avec volupté
sur son épiderme qui frissonne
à chaque pensée qu’elle lui suggère..
La vie, comme un sablier imperturbable,
s’égrena au dépend des rêves profonds.
Qu’importe ! il se voulait heureux
même quand il vit sa liberté partir
quand ils échangèrent le premier baiser
à l’abri d’un faux poivrier immobile
premier témoin de leur serment
murmuré à l’ombre de leur certitude.,
Il était heureux et cela lui suffisait.
Il ne faut pas grand chose
pour édifier le plus fol des destins.
Aujourd’hui, encore, quand il y pense
toute la magie de leur aventure
se résume dans ce premier regard
qui fascina en lui, ce qu’il avait de meilleur !

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