C'est libre que je suis meilleur

Un peu comme… / J’aime / Pourquoi / Elle était belle / Que vois-je ?

Certains grandissent au crépuscule de l'adolescence et d'autres restent coincés dans l'illusion et l'inconfortable hésitation à devenir adulte.

Un peu comme un dialogue

Il y a des silences qui parlent
quand le verbe devient incontrôlable.
Des silences pour armure
quand le mensonge danse du ventre
un peu comme pour étourdir la vérité.
Ce qui se colorait d’amour
n’était que volutes d’égocentrisme.

– Tu m’aimes par conformité de gout,
c’est pour cela que je pense t’aimer.
Toi et moi aimons la même personne,
ce nombril du monde que je crois être.
Et voilà que tu revendiques le droit
de ne t’aimer que pour toi-même.
Saurai-je me détourner de ce à quoi
tu m’a habitué à être et comment ?
Est-ce ma faute si tu as accepté,
dès le premier jour, à n’être
que le serviteur de mes envies;
l’artisan des lubies qui hantent
les rêves de cette adolescente
qui, hélas, n’a jamais grandi ?
C’est peut être, un peu comme,
un amour dont je n’ai pas lu les termes,
qu’y puis-je mais tu ne m’as pas aidé
en me forçant, peut être, à devenir
comme une femme indépendante ?
Tu m’as connue enfant, peut être
et je suis restée adolescente
pour qui l’amour est un livre
où il n’y a que des images.
Je ne sais rien du verbe aimer
tu me reproches, aujourd’hui,
de ne pas savoir le conjuguer.

– Aimer ne se fait pas par erreur
ni ne se propage comme une maladie.
Te savais-je malade de l’enfance
qui ne t’a pas appris à être ?
Qu’importe le mal qui t’habite,
le rêve absurde qui t’agite,
ou l’idée folle de t’obstiner à n’être
que l’ombre de ceux pour lesquels
tu sacrifies le verbe être !
Aimer, c’est un peu comme
une bienfaitrice délivrance,
l’acte de naissance d’une vie
dont on tient les rennes
ou simplement, cette sensation
étrange comme un appel d’air

De Nos Jours Tt Est Masque Tahiati

Mehdi Zaoui

qui vient après l’apnée inévitable
à laquelle nous obligent par crainte,
ceux qui ont décidé de nous voir naître.
Aimer, c’est le premier pas adulte
qui condamne la peur de l’avenir
et autorise la folie ou le rêve
dans les confidences du couple.
Si tu n’as pas grandi, hélas,
c’est que tu ne m’as jamais aimé !


J’aime

A me relaxer dans son sillage
admirant le mouvement, imaginant la volupté
qu’elle sait concocter avec élégance.
J’aime les vallons et les collines
les sillons chauds et doux qui dessinent
la splendeur magique des désirs.
Désir de bien être, entre le regard
et les lèvres qui vibrent comme une harpe.
J’aime à me répéter que la chance
a favorisé l’éclosion, en moi, de mille et un poèmes.
Grâce à elle, la tourmente est devenue brise légère.
grâce à elle, je ne vois plus les femmes avec convoitise
elle résume tous les charmes qu’elles étalent
De l’une elle a l’attitude et de l’autre, le charme
qui déstabilise les virilités intempestives.
Je passerai des heures à décrire
l’insolence d’un genou qui promet
ou le refuge d’une poitrine tranquille.
Je la regarde et je ne fais que voir
ce que la nature a fait de beau et de subtil
je la touche et je sens l’hiver usurpant l’été.
Chacun de ses baisers raconte une histoire
Chacun de ses regards orchestre avec intelligence
la symphonie incandescente des vieux amants.
Du talon qui boude la poussière
à la fin du cheveux qui tombe sur le regard
c’est une rivière de caresses insoumises,
une multitude d’effleurements à peine brûlants.
Si mes mots plaisent et séduisent
c’est que c’est d’elle que me vient le miracle.
Et si, parfois, je tarde à vouloir chanter
c’est à cause du plaisir que j’ai à l’avoir.

Merci à elle, alors, d’avoir été et d’être là
pour que fleurisse sur ces pages
l’hommage que chacun doit faire
à celle qui, sans elle, il serait un autre !


Pourquoi

D’où me vient cette lumière
qui éclaire pour moi le chemin des intimités ?
Comment fais-je pour outrepasser l’être
et parler à son âme comme on murmure
au creux de l’oreille, un peu d’amour ?
Devrais-je crier très fort l’élan qui m’anime
ou devrais-je taire l’ambition à être meilleur ?
Que sais-je encore si ce n’est que ce que je dessine
avec ardeur, brio et spontanéité, vient du cœur.
Quand on s’écoute, les mots jaillissent sans effort,
tout tombe d’un seul trait comme par miracle
et pourtant, chacun peut, s’il le désire
parler aux autres sans voir leur couleur !
Bien sûr, il y a, ce qu’ils appellent le talent
mais, au fond, ce n’est qu’un mot
qui ne veut rien dire s’il n’y a rien derrière.
Il y a, surtout, l’amour, principal moteur
du bouillonnement qu’il provoque
quand rien dans le regard ne frelate
l’ultime devoir de rester humain.
On aime à se prélasser avec la vision du beau
le beau d’un regard, d’un geste ou d’un mot
le beau de l’horizon brûlé par le soleil
le beau d’une croupe qui cache le vertige
le beau d’un baiser volé, donné et offert
Tout en nous peut être beau
Il suffit seulement de respecter la liberté
celle à vouloir être ce que l’on veut
celle à croire en ce qui nous convient
et celle à dire, sans crainte, tant
ce qui nous plait que ce qui nous dérange.
La blessure des mots ne fait pas couler de sang
Un verbe qui déchire un bien être
un autre peut le remettre intacte.
L’eau d’une source a un gout particulier
qu’il perd s’il est mis en bouteille.
Son miracle réside dans la roche qu’il écarte,
dans l’ombre qui lui assure sa fraîcheur,
dans l’aile de l’oiseau qui vient s’abreuver
ou dans l’odeur de la terre qu’il nourrit.


Elle était belle,

Elle était belle comme l’aube d’un grand jour
Des yeux en soleil, brillants d’intelligence,
Un corps dessiné avec patience
dans les épidermes immaculés
Fine texture des peaux fragile et éblouissantes
Elle respirait la vie comme un parfum subtil
Et sous sa crinière or et fauve
Le sourire qui subjugue
comme une promesse de bonheur.
Elle avait, encore, le long des jambes parfaites
la grâce qui dégouline quand elle danse.
Elle dansait aussi bien qu’une liane
Taquinée par le vent dans les jungles profondes.
Invincible regard aux lueurs impitoyables
Au dessus des lèvres fabriquées par le baiser.
Le corps annonce ce que le mot ne peut décrire
et dans ses élans de femme fine et légère
elle torturait le désir par des vagues de volupté
qu’elle suggérait sans rien dire, sans rien faire.
L’homme qui songerait à l’aimer devra réfléchir
avant de se lancer dans le sillage de ses désirs.
Trop belle pour se contenter d’un même regard.
Trop rebelle pour accepter qu’une main l’apprivoise
Elle est née papillon, libre comme la pensée
Jaillissant d’une chrysalide aux milles couleurs
et embaumant l’air de son odeur de pollen vierge.
Une fleur qu’aucun vase ne mérite,
Un corps qu’aucun mâle ne peut prétendre
posséder ou chérir sans que son cœur
ne soit livré à la douleur des calmes précaires
qu’elle annonce avant de partir
vers d’autres cieux et d’autres mains.
Si l’Amour semble être taillé à ses mesures
Elle le conjuguait au pluriel avec insolence.


Que vois-je ?

Derrière le regard intelligent
le sourire incapable de mentir,
il y a des ombres qui s’agitent.
Le mal transpire de leurs éclats de rire
incapables d’accepter que d’autres
puissent savoir construire
le destin auquel ils aspirent.
Ils sont ainsi, les handicapés de la raison.
Voir les cœurs s’élever au dessus
de leur horizon encombré
donnent le vertige à leur confort.

Waw !! Y a pas de mots pour exprimer la joie d'une lecture qui pénètre l'âme et l'esprit, merci infiniment à la délicatesse de votre plume

Fatima Zahra Amrani

En face des élans sincères,
ils s’obstruent le regard
pour ne pas voir leurs faiblesses
et se plaisent à inventer un monde
où ils se prétendent meilleurs.
Que vois-je, alors, quand tu acceptes
de n’être rien pour leur éviter
la douleur des vies ouvertes
à la poussière des insanités ?
Si ton âme se protège, ton cœur,
odeur de vase et relent de cadavre,
s’enfonce, doucement, dans le vide
des êtres désaxés et incapables.
A force de fréquenter la bêtise,
on finit par perdre l’exigence
qui fait de nous les maîtres
qui, libres, s’inventent leur destin !
Aujourd’hui, que vois-je quand
j’ai envie de te regarder ?
La mine grise et le regard mort
le corps s’enfonce dans la posture
de l’esclave sans rêve de liberté.
Et si, parfois, un spasme d’orgueil
vient donner à ta démarche
un peu de ce qui, hier, pour moi
était des prémices de volupté,
aujourd’hui, chaque jour, meurt en toi
un peu de ce soleil qui t’a éclairée
le premier jour de l’aventure.
Es-tu déjà morte, martyre inutile
quand la cause n’est pas nôtre ?
sais-tu, au moins que bien des vies
finissent par se décomposer
sous le ressac des médiocrités ?
Au lieu d’amour, je me concocte
des plats auxquels les souvenirs
donnent des couleurs de printemps.
Que puis-je, avant de partir,
si ce n’est me contenter du rêve
que pour toi, j’ai fabriqué ?
D’un côté, il aura l’éclat véritable
des destins que le cœur autorise.
De l’autre, une poussière noire
qui a défiguré la promesse faite,
un jour, sur l’autel des fidélités.
Face de vérité et face de mensonge
le quotidien s’interroge et réfléchit
quant à l’utilité d’un tel massacre !


Très beau texte, mais très triste...
beaucoup de personnes jouent
avec les sentiments des autres,
à les faire souffrir...
L'amour n'est pas un jeu,
il peut-être beau, magnifique,
passionné mais aussi
mensonge, trahison...

Muriel Coré

Dérisoire lubie

J’ai été malade, le temps d’un soir
après que j’aie découvert, hélas,
que l’amour est souvent utilisé
pour séduire, tromper et manipuler
au lieu d’être un calice bu jusqu’à la lie.
Son ivresse n’est véritable que
quand c’est le cœur qui le déchiffre.
Les mots qui s’utilisent pour le décrire
n’exigent aucun effort à se transmettre
mais leur poids ne devient lourd
que si on arrive à faire d’un baiser
un brasier qui fait fondre la raison.
Certains se contentent de sa contrefaçon
et s’ingénient à vouloir le montrer
mais le verbe qui sert le mensonge
reste incapable de décrire la vérité.

Amour frelaté, factice et dérisoire
dégageant l’odeur au lieu d’un parfum.
Ne savent lire le gout du miel pur
que les habitués de la gelée royale.
Du sucre qui se dilue dans l’eau,
même recueilli par l’abeille,
n’aura jamais les senteurs d’une fleur,
Lavande mauve et pistil d’hibiscus
Reflets d’argent au dessus des cils
pour donner au regard ardent
toute la liberté pour séduire !
On s’improvise martyre d’amour,
on fait semblant de souffrir
mais quand vient l’instant où
il faudra choisir qui, des deux,
doit mourir pour que l’autre vive,
Il ne reste plus sur le trottoir que
les miettes de leur présence inutile.

Il ne faut jamais cesser d'y croire et donner sans compter au moment présent de ces instants avec l'être aimé, laisser parler son cœur et rien d autre ! Merci pour ce sublime poème que j'aimerais partager avec votre accord... puis-je faire un copier-coller ?

Fatima Zahra Amrani

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