C'est libre que je suis meilleur

Un peu de douceur / Meurt-il ? / Extrapolation / Plaisir double / La mort du poète / Fleur du matin / Amour

Et si on en parlait ?

Jardins du luxembourg

Un peu de douceur

« Le cœur a ses raisons que la raison ignore » dit le poète* et, c’est dans cette ignorance que vient naître cette méfiance quand il faudra céder aux caprices de ce muscle qui meut le doigt et dérange l’équilibre. Certains ne tentent même pas de s’encombrer de ce qui vient, parfois, chatouiller leur curiosité quand le désir leur fait miroiter des profondeurs insoupçonnables, d’autres, moins prudents, s’essaient à suivre ses méandres jusqu’à la première chute, la première blessure pour, finalement, abandonner et faire demi tour. Rares sont ceux et celles qui, heureux de constater que quand leur âme s’éclaire, sont surpris que le soleil puisse s’installer en eux comme un volcan parfois, un geyser, souvent !
« Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie ! » dira Alfred de Musset. Une première fois, c’est une douleur qui viendra leur apprendre la peur, celle de perdre celui ou celle pour lequel ou laquelle, le cœur s’enflamme. Une autre fois, c’est le temps qui devient le maître de leur impatience quand il n’auront qu’une envie, retrouver l’autre pour s’y réfugier et renaître. Parfois, c’est un caprice qui les oblige à comprendre qu’il y a des mots dont la douleur n’a pas besoin de profondeur pour faire souffrir.
Choisir d’écouter son cœur au lieu de ce que murmure la raison ou l’ignorer pour se définir un destin sans surprise, ni magie, tel est le dilemme qui, un jour, fait de chaque vie, un fleuve, pour les uns tranquille, pour les autres fougueux. Tout est dans ce besoin, pour chacun d’entre nous, de s’offrir la coupe qui convient à l’ivresse qu’il veut y retrouver. Certaines liqueurs sont comme l’eau, sans goût mais rafraîchissantes, d’autres distillent le vertige des voluptés dès que les lèvres touchent le bord givré du cristal. A chacun de croire qu’il sait où se trouve son bonheur !
* Blaise Pascal

Extrapolation

Certaines rencontres vous laissent un goût amer. Vous avez beau épuisé toute l’empathie que vous pouvez avoir, rien n’y fait. Ils sont ainsi. Ceux qui croient à la fatalité, pensent que c’est pour tester votre affect quand vous êtes en face. D’autres pensent que ces individus souffrent de leur propre image. Ils sont tellement conscients de leurs lacunes qu’ils pensent que tous les autres ne peuvent que leur ressembler. Il y a, aussi, ceux qui pensent qu’il faut de tout pour faire un monde et qu’il n’y a rien à faire.
En cogitant un peu, vous découvrez que vous êtes leur problème. Votre existence sur terre annihile leur façon d’être. Ils seraient heureux s’ils ne vous avaient pas rencontré. A cause de vous, ils ont pris conscience du travail qu’ils auraient dû faire pour, simplement, être normal. Le plus étrange, c’est qu’ils vous admirent tout en vous haïssant et vous exècrent tout en vous vouant un attachement, à la fois, pervers et profond.
Que leur manque-t-il, alors, pour s’améliorer ? Tout simplement le temps. Les choix qu’ils ont fait ou ceux qu’ils ont dû faire, mal informés ou manipulés, leur ont fait prendre de mauvaises habitudes et leur ont fait croire qu’ils étaient particuliers, des êtres à part et, pendant qu’ils s’analysent pour trouver ce qui ne tourne pas rond chez eux, vous êtes déjà ailleurs. Comme un enfant qui tient votre main et qui découvre un insecte ou une fleur et aimerait en savoir plus. Le dilemme est réel et il hésite entre lâcher votre main ou oublier l’insecte ou la fleur.
Vous devenez la présence capable de les rassurer ou l’absence qui les met face à leur délires. Ils ne rêvent que de l’univers illusoire dans lequel ils vivaient et que, s’ils ne vous avaient jamais rencontré, rien n’aurait changé.
Maintenant, il faut imaginer que, bien que vous pensez que vous avez l’essentiel, vous rencontrez quelqu’un qui a tout ce que vous vous acharnez à atteindre. Votre monde sera-t-il bouleversé au point de vous découvrir dans le même état d’esprit que celui que votre présence indispose ?
Non si, tout au long de votre cheminement intellectuel, vous avez appris que vous ne pouvez être que ce que vous êtes. L’idée que chacun a en lui ce qu’il faut pour être un animal sociable est même la seule issue pour que la diversité devienne une force au lieu d’être l’illusion fallacieuse chez ceux qui se veulent supérieurs.

Il y a des femmes qui vous parlent sans prononcer un mot.
Elles ont leur beauté dans le regard !

La mort du poète

Quand je t’ai retrouvé, tu n’étais plus toi-même. Quelque chose a changé en toi. Un peu comme si des fibres se sont brisées. Tu n’as plus cet air, à la fois, heureux et jovial. Aujourd’hui, il semblerait que tu t’es construit une carapace derrière laquelle tu te caches ou tu te réfugies. j’avais compris que le mensonge et la mauvaise foi ont fini par détruire, en toi, cet altruisme qui te distinguait. Tu es devenu une ruine qui attend dans le silence de l’oubli. Comme ces empires qui, après le faste et la fortune, ont périclité jusqu’à devenir poussière.
Tu m’as dis qu’il ne sert à rien de vouloir changer les êtres et les choses, quand le côté obscur des êtres finit toujours par resurgir et triompher mais, que t’importe le sort de ces âmes perdues dans les méandres de la cupidité et l’égoïsme ? Ta fortune est en toi comme une lumière qui éclaire les autres. Tu sais donner un sens au rire pour faire sécher les larmes et ta présence est pour plusieurs, le salut et l’espoir.
Tu m’as dis que tu ne comprenais pas pourquoi certains dépensaient tant d’énergie pour ce qui leur est offert gratuitement. Tu n’as pas compris que leur orgueil leur interdit de te devenir redevables même quand, pour toi, le geste était d’amitié. Ton seul défaut est de ne rien exiger en échange de la confiance que tu accordes sans te poser de question. Ne vois-tu pas qu’il est tentant de prendre ta confiance pour une reconnaissance de qualités qu’ils n’ont pas ?
Aujourd’hui, tu te condamnes à démissionner de la vie. Désabusé, peut être. Déçu, sûrement mais que trouves-tu dans le silence de ton exil volontaire ?
Je sais, je me rappelle que tu m’as toujours dis que l’homme véritable est celui qui trouve compagnie suffisante en lui-même mais n’est-il pas égoïste de priver la vie de quelques lueurs d’espoir car, à te voir renoncer, tu sembles confirmer que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue. Si tu crois te punir en te retirant, tu te trompes. Tu sanctionnes ces aveugles qui, grâce à toi, ont appris à regarder et voir. Un peu comme s’il manquait une pincée de sel au repas le plus raffiné. Tu n’es rien, au fond mais tu as su te rendre indispensable et c’est là, la qualité que j’aimerai voir revenir.
Relève toi car ta défaite ou ton renoncement, c’est le triomphe de la mauvaise foi et de l’apparence. Avec toi, au moins, nous voyions la couleur des fleurs et le parfum des baisers. Avec des mots simples de braves gens, tu as fais chanter les hirondelles et les rossignols et grâce à toi, nous nous sommes aperçus que chacun de nous était beau à sa manière !

Question

Des images immortalisées par une caméra de surveillance, mettent en scène un voleur entré par effraction dans ce qui a l’air d’être une supérette qui se dirige vers la caisse enregistreuse pour en dérober le contenu… Surprise ! au moment même où il veut mettre la main sur l’argent, il aperçoit le Saint Coran, le prend, l’embrasse et le pose sur son front respectueusement, puis continue sa basse besogne. Il vide la caisse, remet le Coran à sa place et s’en va……
Si la question qui se pose est « dans ce  cas est : comment se permet-il d’embrasser un livre dont il viole l’un des préceptes les plus sacrés ? »

Ma question est:

« Est-ce que la religion n’est pas simplement un prétexte pour profiter des privilèges donnés aux hommes ? »

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Djaballah Baroudi (Alger)

Magnifique..tu es et tu resteras toujours notre grand poète..
Si tu ne le sais pas tous les pays du Maghreb te lisent ..
Tous on t’adore pour tes écrits pleins d’émotions et du franc parler..
Belle journée.

Se relire pour ne pas oublier qu’on y a cru, un jour et s’en rappeler… Certains ont Dieu pour religion, d’autres, l’Amour. Les premiers ont le paradis pour espoir, les seconds, la vie.
– A quel degré de bonheur, se placent les uns et les autres ?
– Qu’importe !
L’essentiel est dans le privilège d’avoir la foi. Celle qui bouleverse ou sublime, rend meilleure la pensée et donne au jour, toute l’année, les couleurs du printemps.

Meurt-il ?

J’ai perdu l’amour mais le perd-t-on
quand on sait qu’il est au cœur
ce que le sang est au corps ?
Pour ceux qui ne veulent pas me plaindre
« si tu l’as perdu, c’est qu’il n’était pas vrai ! »
Le mensonge est une vérité séduisante
et il est plus facile de douter que de croire.
J’ai inventé pour elle tant de miracles
Sur ses lèvres fragiles, le mot tremble
par crainte de ne pas savoir dire
toute la fraîcheur du baiser véritable.
Je l’ai vue partir sans rien ressentir
la douleur profonde va mieux avec
ce qui comme une tempête impitoyable
dévaste l’être et s’apparente au vide
que laisse l’âme quand ne reste que la tombe.
Cruel étais-je en refusant d’être, pour elle
ce qu’elle voulait voir en moi comme être ?
aurai-je du accepter le jeu sans résister
quand je sais que je finirai par tromper
ce qui, en moi, pour elle, était sain et pur ?
Il n’y a pas de parcelles dans le verbe aimer
il n’y a que l’ivresse de s’appartenir
dans le silence des regards qui racontent
mille et une histoires chuchotées, la nuit,
à l’oreille de l’enfant qui apprend à vivre.
L’amour vrai fuit les âmes incertaines
comme il abhorre le faux qui ressemble
à la vraie douleur des longues absences.

Plaisir double

Heureux comme un enfant,
ce matin, quand je découvre
que des mots, pourtant simples,
ont su chatouiller des cœurs,
effleurer ces sourires qui,
devant la brutalité du jour,
se retiennent pour ne pas
se transformer en éclats de rire.
Ravi que l’amour, encore,
puisse redonner vie à la fleur
qui hésite, en nous, à éclore
par manque de joie et d’allégresse.
Et enfin, fier d’avoir su aimer
jusqu’à étouffer en moi
ce qui, hélas, chez la plupart,
empêche les corps de danser.
Désormais, chaque matin,
je deviendrais l’orfèvre qui,
sur une courbe ou une rondeur,
un geste, un regard ou un parfum,
décrira le mystère des baisers
que, dans la nuit qui vient de partir,
il a eu le bonheur de partager.
Baisers inventés ou imaginés,
comme des miracles, sans cesse,
grâce à elle et pour elle, réalisés.
De l’âme lointaine qui, émue,
sans me connaître, en me lisant,
a retrouvé, le temps d’une lecture,
l’ivresse des moments que, jalouse,
elle a su garder intacte et vivace,
sous la pellicule jaune qui protège
le souvenir des amours consommées,
à la femme qui tremble par crainte
de ne plus frissonner aux mots
qu’elle aurait voulu entendre,
en passant par la jeune fille qui veut,
avec fougue et intensité, trembler
pour s’accueillir belle en elle,
comme une fleur pour laquelle
on fabriquerait, dans le cristal pur,
le vase qui serait digne de ses couleurs.
Certains me diront que j’exagère mais,
tant pis, si c’est cela ma seule ambition.
Il me suffira, pour être heureux,
qu’un seul cœur, grâce à ma folie,
retrouve le seul chemin qui mène
vers celle qui a su, un jour, une fois,
le rendre heureux, vraiment heureux !

Fleur de matin

Elle devient belle, ma vie
quand elle prend tes couleurs.
Immense est mon horizon
quand je vois ton regard.
Douce est l’aube lumineuse
quand on se réveille, après le rêve,
ensemble, corps collés, confondus.
Belle fleur, au milieu de la journée
étoile solitaire, la nuit, veille sur moi !
Car dans l’absence, je ne suis plus
qu’une ombre triste et douloureuse
allant de pensée en pensée
comme une abeille ayant perdu
le vacarme de la ruche rassurante.
Gout de miel d’oranger, tes lèvres.
Odeur de cheveux, subtil parfum
qui annonce l’ambiance du paradis.
Chaque matin, l’amour grandit
chaque nuit, s’ouvrent ses fleurs
et chaque matin, la rue, odorante.
Mon destin de toutes les heures,
heureux comme un enfant qui pleure
bras tendu vers la mère absente.
L’orchidée attentive semble danser
au bruit régulier de mon clavier,
je ne serai jamais mort, ni oublié
mes mots sont un héritage
pour celle qui sait les écouter,
celle pour qui, je les invente,
celle qui sait rire et pleurer
quand leur sens devient l’air
qu’elle respire, en pensant à moi.
Tu vois, quand tu es bien, amour,
grâce à toi, je deviens meilleur !

Quand tu es bien,
je deviens meilleur !

Amour,

Quand dans mes cruelles absences
ton cœur s’essouffle et ton âme tremble,
quand rien ne peut remplacer en toi
la chaleur que je prodigue avec joie,
Quand la nuit te parait longue, le sommeil,
te refusant le droit d’être triste, sans moi,
rejoins-moi, là bas, en ce lieu discret
construit à l’ombre des quotidiens,
au fond du calme qui fait germer les roses
à côté de l’échoppe où tu gardes, secrets,
tous nos rêves et nos souvenirs.
Viens quand le jour devient exécrable
et que le temps hausse la voix et le ton.
Sur l’oreiller de nos longues confidences
tu trouveras l’odeur des nuits brûlées
sans prononcer un mot, juste des soupirs,
Tu t’étendras, heureuse, que je sois là,
juste pour toi, avec toi, ensemble.
Avant que tu arrives, j’allumerais l’encens
bois de santal et fleurs de jasmin sauvage
parfum de baisers volés, oubliés, offerts
Tisane de fleurs d’orangers et cannelle.
C’est là où, tous deux ensemble et seuls,
vivons quand l’absence plane sur nos regards,
au coin le plus chaud de ton cœur
entre le souffle coupé et l’éclat de rire.
Sous ta crinière ou dans ta tête fragile
dans ta main fermée comme pour me retenir
ou dans l’échancrure où j’aime à dormir.
C’est là où j’habite, si tu veux me rejoindre.

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