C'est libre que je suis meilleur

On aime à dire / Nuit / Sel et acide / Pensées / Merci, papa / Il est beau, mon pays !

On aime à dire

J’aime les femmes mais,
seules celles qui sommeillent
au creux de ton dos !
leur démarche,
dans le bruit de tes pas
et, écoute,
c’est le cœur qui murmure:
Comme la goutte d’eau
qui manque à la fraîcheur,
comme l’éclat d’intelligence
qui sème la beauté
dans le regard,
comme ce soleil , le matin,
qui manque au printemps
ou comme les couleurs
qui attire l’œil ou l’insecte…
Des mots d’un cœur
qui, habité par l’amour
exècre de mentir..
Des mots, grâce à toi,
devenus symphonie,
des mots vrais et purs
à l’inverse de ceux qui,
sèment le doute
et s’insinuent
entre le cil et l’œil.
Des mots de femmes
qui n’ont pas senti battre
le cœur comme tu l’as senti,
des mots,
sales éclaboussures
sur les lèvres qui tremblent,
vaincues par le doute subtil
qui usurpe, à la vérité,
toutes ses couleurs…
Tranquille, je le suis,
car je sais ce qui, en moi,
s’est installé,
il y a longtemps,
dans la plus belle place
de mon royaume, ton corps !
Je sais
quel est mon seul horizon,
depuis qu’un jour,
je t’ai vu passer
insouciante des dégâts faits
à mon imaginaire d’adolescent.
je n’ai pas changé
et, sois sûre,
que tous les sentiers qui mènent
vers ce que j’ai de meilleur
ne sont connus que par toi !
Alors qu’une fleur s’incline
quand mes mots
deviennent fraîcheur
ou que l’abeille suspend son vol
quand le bruit de mes virgules
a fait trembler son assurance.
Comme l’embrun d’une cascade
autour de laquelle se pressent
les corps vaincus par la chaleur
le roc qui reçoit son fracas
résiste et se plait à l’accueillir.
Je n’aime pas
me disperser
entre les froufrous
et les chevelures.
Sais-je au moins, pourquoi,
toi je t’aime ?
Le sais-tu, toi,
pourquoi, moi ?
Même quand tu culbutes la raison
pour un malheureux oui-dire,
je sais qu’en toi, la graine semée
il y a longtemps, est devenue
un arbre géant qui résiste
au vents des mesquines intentions.

"La peinture est une poésie qui se voit au lieu de se sentir et la poésie est une peinture qui se sent au lieu de se voir". Léonard de Vinci

Merci, papa

Pour m’avoir donné le jour, même quand je ne l’ai pas désiré car, si on avait demandé mon avis, j’aurai hésité, un peu, avant de me décider. Merci, donc de m’avoir assuré le gite et le couvert sans rien demander en retour, de m’avoir emmené à l’école et m’avoir, ainsi, sauvé de l’ignorance et la médiocrité. Merci quand même d’avoir oublié que trop faire confiance à la nature, c’est laisser intactes des aptitudes à développer. Merci, même quand tu as oublié de me voir jouer, ni accompagné mes douleurs ou éclairci mes questionnements. Merci d’avoir cru qu’avec des valeurs nobles et humaines, je pouvais faire face à l’ignominie ou la perfidie. Merci à toi et à ma mère d’être restés ensemble pour surveiller mes turpitudes et mes égarements.
Merci, papa…

Il est beau mon pays

Qu’il est beau mon pays
Dans son relief et ses paysages
dans ses plages et ses dunes
dans son architecture et sa cuisine
Dans le regard des yeux berbères
et le nacre des épidermes de Fes
dans les crinières noires
et le henné chatoyant

Dans ses moussems et ses souks
dans ses prés et ses chevaux,
Dans le silence des chats
ou le chants de ses oiseaux,
dans la fraîcheur de ses ruisseaux
ou le calme de ses forets
Dans le sourire des mères
et le sage regard du grand père
dans le tumulte de ses rues
ou le bruits de ses enfants,
Dans l’aumône discrète
et le salut bienveillant.

Dans l’intelligence des femmes
et le courage de ses cavaliers,
Il est beau dans le rouge cerise
de la Sefrou majestueuse
Ou le village accroché au Rif
entre Taza ou Chefchaouen.
L’anecdote ocre de Marrakech
ou la sardine frétillante de Safi
Dans le bracelet d’argent d’Inezgane
Ou l’huile vierge de Ouazzane
Sur les cascades d’Ouzoud
ou les neiges du Toubkal…
Il est beau, mon pays !
De Tanger à Zagora
Comme un tapis arc en ciel
comme une parure de mariée
comme un collier de perles multicolore….

Dans la poussière des mots, naissent les rêves !

Amour-passion

Nizar Qabbani

Nuit

Comment fait-elle
pour remplir l’espace
comme un souffle chaud
qui réveille les convoitises masculines ?

Serait-ce le corps libre et libéré
qui remue l’air en bougeant ?
Ou les volumes qui s’entrechoquent
dans la présence qu’elle anime
comme un chef d’orchestre ?

Quand elle est là,
toutes les odeurs se taisent
pour que ne se diffuse que
le parfum subtil qu’elle sait choisir.
Moulée comme pour mieux se dessiner
au regard qu’elle traverse
comme une lumière à peine éclatante.

Je ne la regarde que très peu
mais la silhouette que je devine
est une agréable balade dans le secret
des univers qu’elle sait créer.

Le doigt agile sur le clavier digital
court et saute de lettre en lettre
pour aligner des messages
qui s’en vont déranger les patiences.
Jungle de cheveux aux couleurs fauves,
elle s’en sert avec insouciance
pour encadrer, en trompe l’œil,
la belle poitrine insolente.

Elle n’est femme
que pour le regard mais,
présence vivante dans le dialogue et le rire.
On n’a point le temps de fabriquer le désir
car dès qu’elle arrive, Éros se réveille
comme une poussière d’argent
qui s’accroche à ses pas.

Le poète se dira que sans elle
l’alexandrin s’étiole et la rime devient pénible.
Il cherchera, alors, a redevenir
artisan dans les dédales des solitudes en exil.
Chaque soir il s’endormira, désolé,
en pensant à la lèvre humide qui réclame le baiser

Pensées

  • – Est-il parti, l’homme qui savait faire parler le regard quand les mots deviennent mensonge ?
  • – Est-il mort le rêve qui servait de destin à ceux qui ont choisi de croire ?
  • – A trop vouloir être libre, on se surprend à construire des destins de seigneurs et, l’arrogance devient attitude ou la perfidie, une habitude.
  • – L’esclave devenu maître n’a pas l’élégance des pensées courtoises, ni le respect qu’on s’oblige à entretenir pour la plus minuscule ombre quand elle est humaine.
  • -Pour mériter la lumière des gloires véritables, il faut apprivoiser le geste humble de ceux qui n’ont rien à gagner ou perdre.
    – L’air qui gonfle le tronc plein de suffisance ne sert qu’à lever le menton pour paraître grand.
  • – Tout est dans la qualité des nourritures qui aident l’esprit à être.
  • – Tout est dans le regard qui se pose sur le cil qui tremble pour décrire la beauté.
  • – Sans l’intelligence qui fabrique l’être et le transforme, la vie devient mirage et le destin, un conte pour enfants.

Sel et acide

J’ai horreur de demain
quand je tâte les meurtrissures
qui refusent de cicatriser.
Déchirures de l’ignominie,
du narcissique bourgeois
qui se plait à se regarder vivre.
Il danse sur ce qui reste de gloire
quand les roses piétinées
murmurent doucement
le chant des amours mortes.
Le jour où j’ai touché le pied
d’un agonisant sur son lit,
j’avais compris que la mort
prend tout son temps
pour transformer le regard
en souffle stérile dans les ténèbres.

J’ai horreur de demain
quand les mots trompent,
bafouent et manipulent
juste pour transformer
le cadeau en dette méritée.
L’être perfide se donne une raison
pour faire semblant d’exister
et, devant son public qui applaudit
reprend à son compte les valeurs bafouées.
Il faut se rappeler que l’on meurt
longtemps avant de, vraiment, partir.
Le temps qui reste sert à laisser
derrière soi, l’image de ce qu’on a été.
Une vie s’élabore à l’ombre des mots
laissés librement en héritage.

il vaut mieux, pour moi et les autres,
de mourir doucement en silence.

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