C'est libre que je suis meilleur

L’Islam de ma mère / Bonjour /

La bêtise se manifeste comme pour nous montrer comment être musulman. Un peu comme si, notre manière d’aimer Dieu était périmée.

Jardins du luxembourg

Combien de fois, la folie des grandeurs vient nous a-t-elle imposé cette image sanglante de la religion. Cette version montée comme un scénario de film d’épouvante par des esprits riches et oisifs faisant miroiter leur paradis à coups de pétrodollars et de débiles interprétations de la voix divine. La bêtise se manifeste comme pour nous montrer comment être musulman. Un peu comme si, notre manière d’aimer Dieu était périmée.
A bien regarder, en Inde, c’est la mère qui veille à transmettre sa spiritualité aux enfants et, ce pays de plus d’un milliard d’individus est l’un de ceux où la tolérance est la plus assurée. Alors quand on me parle de l’Islam, je pense à ma défunte mère….

L’islam de ma mère

Musulman, c’est quoi, au juste ? Suis-je forcé de me questionner quand tout autour de moi, il n’y a que Coran psalmodié et conversation avec des versets ou hadiths pour ponctuation ?
Musulman, c’est d’abord aimer l’autre au point de sacrifier son temps pour l’écouter, son argent pour lui venir en aide et sa foi en lui, pour le soutenir. Musulman, ce n’est surtout pas, des gestes ou une gymnastique corporelle. Il y a dans le regard d’un musulman autant d’empathie que son cœur peut offrir.
Je ne sais pas mais l’image que j’ai du musulman est pleine de sagesse et de discrétion et quand, dans les brumes de l’enfance, j’entendais ma mère répéter, chaque jour, » كل واحد يلقى فعله  » (que je traduis par « chacun est comptable de ses actes ») ! Cette phrase résume, à elle seule, à la fois, tolérance (accepter l’autre sans le juger), respect de l’autre (Qu’importe qu’il croit ou ne croit pas) et non ingérence (quand elle s’interdit de juger).
Dans cette belle image du croyant véritable, on retrouve toute la sagesse qui nous éviterait de nous confronter aux interprétations que nous pouvons avoir des écritures.
En plus de cette attitude de non ingérence dans la croyance de l’autre, j’ai toujours adoré sa manière de s’éclipser pour aller s’isoler pour prier. Tous les marocains savent que le salon est réservé aux invités et on n’y entre que quand on a un visiteur de marque. Toujours fermé et propre, il reflète l’image même du foyer, de la famille et la considération apportée au visiteur et c’est le sens même que nous donnons à l’hospitalité, devenue légendaire. C’est dans ce lieu à l’écart qu’elle allait à la rencontre de Dieu. Volets fermés, elle priait dans ce silence d’où émane ce respect tant à l’acte de prier qu’à celui auquel on adresse ses prières. Mieux encore, pour prier, elle mettait un voile de soie pure, réservé à cette occasion, répétée cinq fois par jour, tant pour exprimer son respect à la majesté de Dieu que signifier qu’elle est en présence de Dieu; le même bonheur qu’elle retrouvait quand elle se penchait pour baiser la main de son père. Respect, dignité et honneur qui, aujourd’hui tendent à être remplacés par agressivité, ingérence et irrespect.
Je ne crois pas que l’homme qui prie sur le trottoir, sur lequel le chien bâtard vient d’uriner, puisse penser atteindre cette communion que ma mère avait avec Dieu dans le silence et l’isolement. Je ne pense pas que la qualité de la prière ne puisse pas tenir compte du lieu et de l’attitude que l’on a quand on est en face de son Dieu.
On me parlera comme d’un devoir sacré que celui d’aller faire la prière du vendredi à la mosquée, on me vantera ses bienfaits et quand je sais que généralement, c’est peut être un acte collectif, l’occasion de rencontrer d’autres croyants, échanger et partager ses préoccupations mais je sais aussi que c’est l’occasion de faire des affaires ou faire jouer ses relations ! Jamais ma mère n’est allée à la prière du vendredi. Elle avait tellement de pudeur que juste le fait d’être vue par des hommes, c’était une offense à Dieu, une indignité pour mon père, son époux. « Celui qui veut rencontrer Dieu, il sait où le trouver et l’épouse se doit de protéger le « sang de son visage » (l’honneur) car c’est le « sang du visage » de son mari » (son honneur).
L’islam de mon enfance mettait Dieu au dessus de tout et quand on s’adresse aux autres, on avait toujours le regard de Dieu pointé sur nos pas. Faire le bien seul compte et quand l’occasion arrive, ma mère dira que « c’est Dieu qui t’a choisit pour le faire ». Cette interprétation, j’en ai senti l’odeur, quand des années plus tard, avec un gardien de voiture à qui je demandais de laver la mienne. Une fois, en voulant le lui demander, je me suis excusé par respect à son âge, il me toisa, presque en colère et me dit: » C’est Dieu qui a décidé, pour moi, cette fortune (rizk) et tu voudrais m’en priver ? »
Nous sommes loin de cette image idyllique du croyant ayant foi en Dieu, agissant non pour gagner une aura ou une quelconque reconnaissance mais juste parce que tous les humains, tous les êtres vivants sont les créatures de Dieu et, offenser l’une ou manquer de respect à l’autre, c’est offenser Dieu.
Aujourd’hui, on joue au croyant, on adopte l’allure des compagnons du prophète pour faire vrai et on pousse l’audace jusqu’à prétendre vouloir continuer l’œuvre du prophète. Les femmes jouent aux saintes, pures et irréprochables, comme si la religion n’est qu’apparence. On mets les hadiths après chaque virgule et on se prétend investi d’un savoir comme si on avait vécu aux côtés du prophète.
Je compris, très tôt, que ces prédicateurs étaient des imposteurs qui ont vu dans la religion un commerce qui rapporte et il rapporte d’autant plus que les clients sont des ignorants, facilement influençables et aisément manipulables. L’un d’eux était allé jusqu’à prétendre que le prophète a rendu nulle la prière d’un homme à cause de la présence de sa femme. Ce à quoi, Khadija, la femme du prophète avait répondu que « c’était faux ! et que bien des fois, le prophète priait alors que j’étais étendue devant lui ». De la scène d’amour du prophète, ils sont arrivés à en créer une réputation diabolique pour la femme.
Tous les marocains ont cette fibre religieuse bien enfouie en eux. Elle les retient et les empêche d’offenser Dieu. Ils ont vécu, au sein de leur famille, dans la crainte de Dieu. A l’école, ils ont suivi, épisode par épisode toute la saga du prophète à tel point que la religion, qui aujourd’hui fait peur, est leur armure contre la haine de l’autre et mieux, ils s’interdisent du juger les autres.
On ne réfléchit pas en musulman, on vit en musulman et que c’est beau, ce sens que nous sommes arrivés à donner à la pudeur, au respect des parents et des personnes âgées, à la solidarité si visible dans nos quartiers quand c’est le voisin qui s’occupe de la veillée funéraire quand on a perdu un proche.
Je sais maintenant que c’est grâce à ma mère que je suis hostile à tout ce qui est ostentatoire. C’est grâce à nos mères que rien ni personne se saura, ni ne pourra nous faire relire le Coran à sa manière. Comme une mode qui disparaîtra d’elle même, cette nouvelle manière de s’habiller musulman, parler musulman durera ce que durent les roses, le temps d’un matin.

A ma mère !

Bonjour

Comme j’aimerai me reposer sur le galbe de l’épaule qu’elle propose à mon regard, comme une invitation, comme un privilège qu’il me tarde d’en jouir avec tendresse, avec douceur… Au regard qui attend, elle s’étend comme une reine qui n’a besoin de personne pour être. Tout en elle respire la chance d’être belle et le bonheur d’être femme ! Elle se contente d’être elle car tout en elle réveille la convoitise, comme un trésor dont tout le monde rêve, comme une destinée, la meilleure pour tout homme capable d’être. J’aurai aimé passer la nuit à décrire la magie qu’elle dégage, même immobile ! Dieu qu’elle serait plus belle encore si elle se levait pour marcher et quelle mirage inventerait-elle si elle esquissait quelques pas de danse. De la mèche rebelle qui taquine ses longs cils à la fine cheville qui fait rêver l’aveugle qui, avec la main, la découvre. je l’imagine comme une fée qui se déguise en femme pour séduire, comme une lumière éblouissante qui brûle nos rétines, comme une porte de paradis que l’on réserve à celui qui sait, doucement, aller vers elle.
Je me refuse l’étiquette de poète car, son corps mérite plus que la musique des mots et je veux me brûler, humain, au contact de son épiderme.
Quand elle soulève doucement ses paupières, comme un rayon de pleine lune, son regard déshabille les êtres et les choses et, me suffisant de m’y baigner, je m’imagine comme un italien, quand il a de l’Amour et du vin, dira la chanson de ceux qui se droguent aux parfums féminins.

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