C'est libre que je suis meilleur

On me dira / L’ultime voyage / نعمة /

Périra de l’épée celui qui par l’épée, a donné au rêve, la mort qu’il n’a pas mérité !

Les meilleurs

La plupart de nos déboires et nos déceptions viennent de l’éducation quand en face de vous, vous constatez que l’individu est incapable de se débarrasser de son influence. On a parlé de schizophrénie collective, de dédoublement de la personnalité et d’ego démesurée. Quand on y pense, d’où cela nous vient ?

Pour répondre à cette question, il suffit de se concentrer sur le schéma que nos parents ont installé pour faire de nous, non pas de bons citoyens mais des individus qui réussissent ! On ne nous prépare pas, réellement, au vivre ensemble qui exige humilité, et respect mais à comment être parmi les premiers. On nous éduque pour devenir, non pas meilleurs mais « les meilleurs ». Quand un enfant souffre d’une maladie à répétition, il devient le centre des attentions. Avec l’âge, la maladie s’en va mais l’enfant lui, a gardé l’impression d’être le centre du monde.

S’il n’a pas la chance de se reconstruire, « être le meilleur » deviendra son unique préoccupation, à n’importe quel prix.
Tout y passe: du cynisme au mensonge, du vol au détournement et pour finir, la corruption !

Heureusement que notre esprit est là. Il est le sauveur des mentalités qui se recroquevillent et s’ankylosent mais, si et seulement si, on en prend conscience. Accepter d’être aidé est le premier pas vers la guérison. Les psychologues, les psychiatres et les psychanalysent interviennent, justement, pour mettre le doigt sur ces automatismes enfouis dans notre subconscient le plus profond, au point qu’il est difficile, pour la plupart, de se rendre compte qu’ils ne sont pas les meilleurs.
Le plus grave n’est pas dans cette dualité mais dans le fait que dès qu’ils sont remis en question, ils se réfugient dans l’exécrable habitude de n’accepter que ce qui les rend meilleurs ! Le mensonge ou l’attitude sournoise ne sont pas pour eux des défauts mais des moyens pour rester « meilleurs » ! Ils mentent sur eux mêmes, ils mentent aux autres et si quelqu’un prétend le contraire, il devient la « chose » à abattre. Sans se rendre compte parce que l’image des parents ne peut être mauvaise ou inadaptés, ils ne songent même pas à se remettre en question. Ils sont, de ce fait, condamnés à souffrir tout en faisant souffrir, avec eux les autres !

On me dira

On me dira qu’elle est belle
comme un diamant
je dirai
qu’elle est particulièrement rare
et je m’échinerai,
avec violence et témérité,
à la décrire
comme une douce lumière
qui s’infiltre, en silence,
dans mes froides intimités.
Je montrerai le discret éclat
qui inonde son regard
comme une brume
qui s’installe sur les silences.
Je leur ferai écouter sa voix,
plus douce que le chant.
Paroles légères
sur fond de sensualité gloussante.
Je parlerai des mains,
poignets fines
auriculaire arrogant
qui méprise la tasse
Fleuve Amazone
ou lac de Côme de Lombardie,
chevelure au vent
ou paravent du sourcil
taillé avec finesse
pour parler sans verbe.
Nez droit, aquilin
comme une vérité incontournable
et lèvres mouillées,
agile interlocuteur.
Quand on la voit
on ne peut plus regarder ailleurs
paralysé par la courbe et le mouvement,
roseau souple
portant la beauté d’une rose
au milieu des essaims de pollen multiple
que l’abeille voit partir
dans le sillage de la belle.
On me dira
qu’elle est capricieuse et hautaine
je dirai qu’elle se protège
des pensées malsaines
qui salissent les intentions et les pensées.
On me dira
qu’elle saura me détruire
et pour l’aimer, je devrais souffrir.
Je dirai que la différence est grande
entre boire l’eau qui stagne, tranquille
et celle qu’il faudra, chercher longtemps,
pour en découvrir la douceur,
au milieu des arbres,
sous les fougères.
La beauté est dans l’effort d’entreprendre
et non dans l’attente des aumônes déguisées.

Paris Musée de Rodin

Vous avez les mots pour dire ce que la souffrance ne sait exprimer…

Saskia L’hoir

L’ultime voyage

Il y a des fois où il faut tourner le dos aux vastes plaines où pullulent les égoïsmes impétueux et les ambitions dévorantes. La médiocrité fleurit quand la mode est à celui qui profite des brumes qui étouffent la transparence et le respect du bien qui ne nous appartient pas. Dans ces marais glauques de l’individualisme, la patriotisme sert de paillasson à ceux qui affichent leur inconscience du bien collectif et commun.
Dans ma besace, un peu d’eau simple, de celle qui roule sur les galets brillants des ruisseaux. Du pain qui conserve encore, un peu du parfum maternel, un cahier d’écolier et un crayon, à la mine grasse pour, plus tard, dessiner la douceur des paysage et, peut être, essayer de transcrire le chant des oiseaux quand le soleil viendra mourir sous mes yeux. On me dira poète vagabond et pourtant, en mettant, un pied devant l’autre, je ne fais qu’égrener les heures qui me séparent du trépas. Il faut bien mourir, un jour, alors autant boire la coupe jusqu’à la lie, respirer le parfum des fleurs que je n’ai jamais rencontrées et chanter la joie et la chance de n’avoir pas vendu mon âme pour un peu de lumière. Est-ce naïf que de croire, dur comme fer, qu’il suffit de peu pour atteindre le nirvana des gens heureux ? Crédulité, est-ce que de penser que les pays, les plus grands, sont ceux qui glorifie le travail utile et bien fait au lieu des discours qui balancent entre la légende et les contes du soir, pour enfants ? Passé de mode, l’ultime sacrifice quand on défend les valeurs qui font l’homme libre ou n’est-ce pas là, le signe avant coureur, des nations qui ont perdu le contrôle de leur destin ?
Du haut de la montagne qui m’attend, je regarderai les foules qui se déguisent en fourmilière avec ce qui leur reste comme instinct, primaire et grégaire. Mon cœur se serrera, peut être, pour l’enfant à qui on apprend le droit en mirage perdu dans le désert adulte. J’étoufferai ce qui me reste de colère quand les femmes, déguisées en bibelot, s’applaudissent pour le sort minimaliste qu’on a voulu leur accorder. Je détournerai le regard pour ne pas vomir mes tripes quand je verrai les hommes à barbes, concocter des promesses qui ne se réalisent que dans l’au delà. J’éclaterai, surement, de rire quand je remarquerai que les prières, inutiles et vaines, s’évanouissent en touchant les nuages et, doucement, quand je verrai la nuit se réveiller pour chasser le jour, mes paupières, en se fermant, deviendront des écrans sur lesquels se projetteront les rêves que j’aurai voulu vivre, en restant parmi les gens.
Le sommeil deviendra oubli, mon souffle, cette chaude brise qui réveille l’épi et le bourgeon et mon silence, une sonate orchestrée pour célébrer la mort de ce qui aurait pu être.

Tout à fait vrai.
En te lisant, non seulement je t’entends mais je m’imprègne de tes mots !

Nadia El Oufir

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Ni3ma !*

Quand on sort de cette terrasse de café imaginaire, avec ce parfum discret qui balance entre le jasmin et la fleur d’oranger, quand on regarde la femme déguisée en mendiante qui étale son bébé comme une marchandise, quand on remarque l’arrogance du pouvoir sur l’uniforme de l’agent qui gouverne la circulation, quand on regagne doucement sa solitude comme une épouse dévouée et présente, quand on se réfugie dans sa mémoire torturée par les images de violence et d’injustice…
Que reste-t-il si ce n’est l’élégance des paroles échangées, les pensées courtoises et les idées brillantes que l’amitié peut faire fleurir dans des jardins que l’on s’obstine à dé-cultiver ! Que reste-t-il du fracas des mensonges qui tombent sur le parvis des hommes restés sauvages et des femmes devenues vénales ?
Entre les esprits qui se contraignent à rester correctes, à se suffire de leurs destins estampillés de courage et d’abnégation, l’ange qui va de l’un à l’autre ne montre ni fatigue ni lassitude car à chaque départ, il n’y d’égal, comme fierté de pensée noble et pleine, que le bonheur qui fleurit dans le regard à l’arrivée.
Échange de mots simples, dépourvus d’épines blessantes que l’orgueil peut faire naitre, et de pensées sublimes de ces âmes qui se laissent aller à être simplement comme des réceptacles ouverts et profonds. Calices de fleurs odorantes que le bruit des frémissements des feuilles anime et habite. On peut aimer la fraîcheur des lèvres qui vous découvrent en parlant sans avoir le besoin de salir le pour-qui elles ont été créées et destinées. On peut se perdre dans le spectacle des seins nourriciers sans réveiller le désir malsain, égoïste et animal comme on peut s’oublier dans le rythme des hanches généreuses qui protègent le nid où la vie commence.
Entre le regard et le désir, nous plaçons notre suffisance à ne vouloir que ce qui peut nous appartenir. Nous nous promènerons, la main dans la chaleur de la paume qui nous reçoit et nos cœurs chanteront le destin auquel nous n’avons plus droit. Nos soupires feront fleurir, derrière nous, la joie douce et langoureuse d’être là, simplement nous !
Quand la fin, comme un soir sans lune ni étoiles, viendra séparer le bien être des conversations sans frontières, quand nos pas nous éloigneront de ce que nous avons voulu être et nous ramènent vers ce que nous sommes, quand les portes se ferment derrière nous pour que s’éclaire le destin quotidien, au fond de nous, une petite voix, comme un bouton de rose se mettra à s’étirer à chaque instant où la vie trébuche. Ses pétales fines viendront chatouiller l’oubli et nos cœurs trembleront à l’idée de la prochaine rencontre.
On a beau dire, même dans le désert le plus aride, la foret la plus dense ou l’âme la plus vile, on peut faire fleurir le destin des amitiés blanches qui ne demandent pour vivre que la fraîcheur des regards tendres, la chaleur douce des lèvres humides et la présence de l’innocence des phalanges qui se rencontrent.
Votre moitié viendra guérir l’angoisse des journées perdues, écoutera vos doléances incertaines et pansera vos blessures d’orgueil. En retour, vos yeux s’attacheront à la mèche qui dénonce la fibre secouée par la douceur de l’épiderme , blanc de nacre velouté, autel de sacrifice pour la sensualité naturelle.
Homme ou femme, vous ne serez pas deux pour vivre la volupté du couple qui se désire mais une seule âme qui se sublime dans les propos contraires ou complémentaires. Vos corps s’effaceront pour devenir des enveloppes sans attributs et sans pulsions malsaines mais vos esprits, débarrassés des atavismes archaïques, s’envoleront plus légers, plus alertes vers des hauteurs célestes où le féminin pluriel ou le singulier masculin ne sont que des mots qu’on utilise pour paraître ou devenir.
Hymne à l’amitié ou chant solitaire d’une âme lassée par tant de croyances arrosées de préjugés et tant de blessures portées aux foules qui veulent croire que les destins partagés sont des choix libres et délibérés.

*: grâce

Trahir

Avant de découvrir
derrière le regard
tant de pensées malsaines
vous croyez aimer
ce qui sera un destin éternel,
vous inventez les mots
qui savent décrire et parler
du baiser et son vertige,
du sourire et sa magie,
de la caresse et sa volupté.
Vous pensez avoir la chance
d’être aimé pour ce que vous êtes
et vous naviguez sur des nuages
qui vous emportent loin des médiocrités,
loin des ambiances inventées
des calculs et des esprits étroits.
Vous rêvez aux eaux claires
qui savent, autour d’un grain de sable,
fabriquer la perle étincelante.
Et soudain, comme un orage traître,
le ciel se couvre et gronde la tempête.
vous vous réveillez, grelottant de froid
sur le seuil d’une porte étrangère.
nuages au ciel chargés de colère,
silence morbide pour une solitude
qui portent des écorchures profondes
et c’est vous qui souffrez pour votre sincérité.
La foi d’antan devient crime abject.
Sur l’écran interne des paupières,
défilent la liste des mots infectes
qui ont servi pour vous tromper.
Vous revoyez les gestes et les postures
qui ont endormi toute l’intelligence
que vous mettiez au service du verbe
avec lequel vous avez su aimer !
Belle fausse victoire, à chaud,
sur l’autel des confiances trompées,
douloureuse défaite d’un cœur
qui étouffe, victime de sa naïveté.
Savent-ils ce que aimer veut dire ?
quand je découvre l’indigence
de l’ambition qu’ils cultivent
dans le silence de la fange
qui leur sert de territoire…
au fond de ma gorge meurtrie
suinte l’odeur nauséabonde
de la traîtrise consommée
à l’ombre des sourires calculés.
L’amour n’est un piège que pour
ceux et celles qui ne savent pas
se délecter de ses emportements.
Tu m’as trahi, peut être, mais
que restera-t-il en toi quand
ton éclat de rire deviendra souffrance ?
Je sais la douleur de mon souvenir
quand tu découvriras, avec les autres,
qu’il n’est pas donné d’aimer
sans faire l’effort de s’assumer.
Périra de l’épée celui qui
par l’épée, a donné au rêve,
la mort qu’il n’a pas mérité !

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