C'est libre que je suis meilleur

Exil / Que reste-t-il ? / Wao ! / La fuite en avant

Exil

J’ai opté pour l’exil volontaire
dans cette conscience obscure
des apatrides sans plus d’illusions
Etranger sur la terre qui m’a vu naître
je jouerai au touriste qui observe
l’atroce misère devenir tradition.
Je m’étonnerai comme un américain
qui voit les femmes longer le mur
drapées dans leur linceul en épouvantail
Je prendrai des photos souvenirs
des hommes devenus afghans
sans savoir où se trouve Kaboul.
ma vie est morte à force de souffrir
je renais au milieu des mécréants,
la mémoire lavée, le coeur nouveau
J’apprendrai à détourner le regard
des faces hideuses et hypocrites
qui chante le Coran et le hadith
derrière leur viles ambitions.
Ils ont détourné la charité
pour en faire des palais
et c’est avec la sueur des ouvriers
qu’ils se débarbouillent, le soir.
J’opte pour la distance
pour m’éloigner du mensonge
pour ne plus entendre la plainte
des enfants sans hôpitaux.
Je ne verrai plus les immondices
qui dénaturent l’asphalte et le trottoir
et j’écouterai le soir, chanter
sur le toit de ma demeure, là bas,
le chant des hirondelles chassées
par la foule qui murmure
le discours meurtrier appris par cœur.
Patrie illusion et pays perdu
l’hymne sonne comme un glas
qui annonce la fin des illusions.
Quand un peuple se complaît,
les chaines lourdes devenues légères,
dans la peur d’oser et la crainte de mourir
Il ne reste plus de la terre des braves
qu’une basse cour où règnent des coqs
qui s’entre-déchirent et se battent,
oubliant de chanter l’arrivée du jour.
Terre stérile et peuple endormi
le destin est un combat qui se mérite,
et à regarder comment ils vivent,
on sait déjà qu’il n’en sont pas les maîtres.

WAO !

Le pays est devenu un souk. Les gens se sentent investis d’une autorité qui dépasse celle de l’état. Sommes-nous à la veille d’un cataclysme social qui réduirait notre belle réputation de citoyens pacifiques et tolérants en des forcenés qui oublient que le pays est un état millénaire avec ses institutions, ses forces de l’ordre et son armée ? Tout le monde veut devenir redresseur de tort, le Robin de bois des temps modernes. Une dispute qui se transforme en buzz national et l’occasion pour régler le compte à toutes les figures devenues publiques. Comme si un vent d’injustice souffle sur nos places et nos rues. Des armes blanches sont apparues en plein jour, des foules devenues hystériques et des citoyens se transforment en monsieur sait tout,
L’impression que j’ai, d’ici, est cette vision du policier qui quitte son poste pour aller faire sa prière. L’état démissionne et laisse place aux interprétations les plus farfelues avec pour seul point commun: changer l’état des choses au risque de détruire cette longue marche qui a duré des siècles et a fait du marocain, un personnage sympathique, jovial, généreux et hautement altruiste et foncièrement humain. De cette humanité, on est en train d’en faire une bestialité qui obéit à l’instinct, au ressenti immédiat. Les langues deviennent acerbes, le bras volontaire et, smartphone aidant, on cherche le buzz « Juste folle et on lui demande de pousser des youyous » disait ma mère.
L’état semble se réfugier dans l’expectative et observe, presque impuissant ou volontairement passif ? Qu’importe. L’essentiel serait de reprendre ses esprit et remettre à l’état ce pouvoir de tout baliser par la force du droit. Ce n’est pas une colonie de vacances où le cancre joue au chef, c’est un royaume avec ses traditions et ses mœurs. C’est un pays qui a osé, il n’y a pas longtemps, défier le secrétaire général de l’ONU. C’est une nation qui a combattu le colonisateur comme elle combat l’ignorance. C’est, enfin, un peuple qui par son amazighité respire le parfum des hommes libres. Ce n’est ni une république bananière où le caporal fait un coup d’état et se retrouve au palais présidentiel. C’est un royaume qui a cette chance de se trouver avec un chef d’état, à la fois moderne, humain et d’une grande sagesse. Reprenons nos esprits et laissons à Dieu ce qui est à Dieu et aux hommes et femmes ce qui aux hommes et aux femmes. Le discours qui divise les marocains en croyants et mécréants est celui là même qui a rendu la Syrie un champ de ruines. La foi n’a nul besoin de se mêler ou prendre la place du droit. L’état doit réinstaurer son autorité avec fermeté et prévenir les dérives qui jaillissent dès qu’il y un vide. Chacun ses responsabilités et à chaque fonction ses prérogatives. Arrêtons de jouer les donneurs de leçons et faisons confiance au droit pour garantir une justice digne de la sagesse de nos ancêtres.

Que reste-t-il ?

Comment qualifier un pays où une fille de 4 ans meurt dans un hôpital, par faute de moyens ? Que dire quand un ministère ne bouge qu’après le drame qui pouvait être évité ? Que penser des filles qui vont faire le pied de grue devant la prison d »où sort un présumé innocent violeur ? Que doit-on conclure quand le chef d’un parti, évincé, démissionne du parlement et jure de se venger ? Comment expliquer ce retour à cette ambiance où la peur de parler revient à la mode ?
A part les paysage grandioses des plages et des montagnes, à part le charme et la beauté des femmes insoumises, à part les quelques rares esprits brillants qui vivent dans l’attentisme prudent, rien ne vient donner l’envie de se battre pour le voir debout, ce pays, pourtant né des légendes valeureuses.
Certains ne voient plus l’honneur et la fierté d’y appartenir et, comme des éléphants dans un magasin de porcelaine, ils piétinent et foulent aux pieds ses valeurs. L’argent les rend aveugles au point de se croire investis de pouvoirs, pourtant imaginaires. Le comble est de voir, derrière ces surhommes gonflés de vanité, marcher en ordre, des serfs, moitié humains, moitié esclaves, l’échine courbée, des ombres qui vivotent en ramassant les quelques miettes qui tombent. Pour un regard qui les mettraient en lumière, ils courent derrière la reconnaissance comme des caniches à peine débarbouillés.
Autant j’aime être en colère quand l’injustice frappe l’innocence faite enfant, autant j’exècre la lâcheté des mots flatteurs et serviles.
Les grandes nations naissent avec le courage comme drapeau et les hommes qui résistent en refusant de vivre à genoux sont les piliers qui soutiennent le ciel qui les protègent. Il a suffit de quelques sourates pour éblouir la moitié d’un peuple encore dans l’ignorance, l’autre moitié s’éblouit par l’éclat des dirhams posés comme un piège à souris affamées.
Que reste-t-il ?

La fuite en avant

Nos barbus ne savent plus à quel « salih » (marabout) se vouer. La pandémie semble dénoncer la fatuité de leur discours alors, ils optent pour l’extrême quitte à exposer le pays à plus de contamination. Profitant de la peur des pauvres gens, ils crient, au mégaphone, ce que le commun des mortels aimerait entendre. « Le virus est une manipulation », « Dieu seul décide qui peut être infecté », « c’est en priant qu’on se débarrassera du virus »… Comme ceux et celles qui, poussés par leur précarité, ne comprennent rien au processus viral et qui s’en remettent à leurs appels. Pire qu’une calamité naturelle, c’est un appel au suicide collectif et volontaire.
Nous sommes, là, devant le piteux spectacle des derniers soubresauts de l’hydre islamiste. Elle agonise dans ses propres mensonges et, si elle fait peine à voir pour le citoyen moyen, les bougres qui lui ont fait confiance n’ont d’autre choix que de s’accrocher à sa dernière sortie.
A côtés de cette horde d’adeptes involontaires de la machination wahhabite, il y a ces opportunistes qui ont été séduits par le chant des sirènes. Cela va du diplômé supérieur qui, avec l’arrivée des islamistes, y a vu un tremplin pour « réussir », au biznass-entrepreneur qui profite des retombées d’une gestion au jour, le jour, en passant par le journaliste qui temporise, hésitant entre s’allier à la tendance ou s’accrocher à l’ordre établi.
Le gratte-papier qui désigne de futés ceux qui dénoncent l’état des hôpitaux au profit des mosquées, en argumentant sur le coût exorbitant des unités hospitalières et oubliant le nombre exorbitant des lieux de cultes. L’équation 10 mosquées pour une unité hospitalière aurait permit une plus grande disponibilité pour affronter la pandémie.
En conclusion, il y a ces extraterrestres, barbus, fanatiques et exploitants religieux et il y a d’une part, cette masse populaire ignorante et vulnérable et, d’autre part, les arrivistes qui s’accrochent, tant bien que mal, sans vraiment y croire, à l’opportunité qu’offre le système dans le sillage religieux !

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