C'est libre que je suis meilleur

Le temps d’un regard / Authenticité / Ma vision /

جبران خليل جبران

« Le premier baiser est le mot prononcé de concert par quatre lèvres, qui fait du cœur un trône, de l’amour un roi et de la fidélité une couronne » !

Le temps d’un regard

Dans cette rue trop banale
avec sa poussière et ses bruits
dans une bourgade perdue du pays
il avançait, perdu dans ses pensées,
Soudain, le bruit de pas,
le ramena à la réalité.
Et quelle réalité,
quand il vit, le corps d’abord
comme une lumière dans la tradition.
Elle était, elle, unique et singulière
non seulement par ses courbes et ses volumes
mais par l’audace de son accoutrement
dans un bled qui osait à peine lever les yeux
Voile impersonnel et robes longues
comme une ménagerie d’automates.
Dans ces sociétés archaïques
où la femme est une tornade
maléfique, dangereuse et imprévisible.
Il s’arrêta, un long moment, ébloui.
la démarche et les rondeurs,
naturellement provocantes,
son regard comme subjugué
semblait vouloir le laisser tomber,
glissant derrière la belle inconnue..
Que manquait-il à son cœur,
maintenant,
qu’il avait rencontré la seule manière
pour se laisser séduire ?
Le choc fut doux, lancinant,
l’impression, un soupçon de volupté…
il dura longtemps, jusqu’à la nuit
l’instant d’hébétude comme une joie,
fragile mais combien souveraine,
Jusqu’au lendemain,
peut être à jamais.
il le savait, le souhaitait…
Il avait, déjà, rencontré des étoiles
mais celle là était singulière,
étrangement douce et particulière
par la féminité qu’elle dégage
sans vraiment rien trop faire.
L’image persista jusqu’à se graver
dans l’arrière plan de sa mémoire
qu’il voulait, soudainement vierge.
Elle finit par devenir familière
combien présente dans tous les mots
toutes les phrases qu’il savait pourtant
bien aligner, bien inventer.
Elle ne le quitta plus, elle le hanta
au point de croire que, désormais,
il était impossible de vivre sans elle.
Étaient-ce les prémisses
d’un destin obligatoire
le début d’une condamnation à souffrir
ou le bonheur d’avoir, enfin, trouvé
dans le silence des intimités,
ce feu de bois qui, jamais,
ne s’éteint ou s’amenuise,
mériter de se sentir heureux sans réfléchir ?
Fallait-il accepter cette rencontre
comme une chance,
comme un hasard,
un signe que le Dieu, là haut,
écoute les cœurs purs ?
Que deviendrait la liberté d’être
quand on s’oblige à s’adapter
pour aimer, pour vivre ?
Faut-il penser au prix à payer
pour mériter de se croire heureux ?
Les destins se forgent,
parfois, sur une folle envie
parfois sur une lubie
mais là, c’était comme prédestiné,
Sans réfléchir aux dégâts qu’il ferait
à son combat pour rester indépendant,
il tendit ses poignets, les yeux fermés
se laissa enchaîner comme prisonnier,
pour un nuage de féminité
aperçu dans un mouvement..
L’amour avait des yeux intelligents,
des points, des lignes et des volumes
qui défiait l’harmonie des astres
évoluant dans les profondeurs célestes.
les jours se dessinèrent avec volupté
sur son épiderme qui frissonne
à chaque pensée qu’elle lui suggère..
La vie, comme un sablier imperturbable,
s’égrena au dépend des rêves profonds.
Qu’importe ! il se voulait heureux
même quand il vit sa liberté partir
quand ils échangèrent le premier baiser
à l’abri d’un faux poivrier immobile
premier témoin de leur serment
murmuré à l’ombre de leur certitude.,
Il était heureux et cela lui suffisait.
Il ne faut pas grand chose
pour édifier le plus fol des destins.
Aujourd’hui, encore, quand il y pense
toute la magie de leur aventure
se résume dans ce premier regard
qui fascina en lui, ce qu’il avait de meilleur !


Parler pour dévoiler les prétentions, dire la nullité des mensonges ou simplement dénoncer l’usurpation quand une femme se veut plus belle… Parler du voile qui tombe sur les rondeurs ou de celui qui se transforme en geôle ? Parler pour libérer les envies ou dénoncer les abus…
L’âme, pour rester indemne, se doit de lutter contre le faire semblant et le paraître.
La nature n’utilise aucun artifice pour nous éblouir. Restons, alors, naturels !


Authenticité

Une idée,
une pensée,
une scène ou une situation…
Comme une graine qui germe,
prend racine en mon fort intérieur
Se développe, mûrit et grandit
jusqu’à déranger mon équilibre interne.
Je prends sur moi pour me vider
et comme une libération
le verbe explose,
les mots tombent comme une pluie fine
ou comme un orage, une tempête
selon la finesse ou la gravité.
Tout s’écrit d’un trait,
sans brouillon, sans pause
le texte prend forme,
devient article ou poème ?
Qu’importe !
Ma vision de la chose est là,
vraie et bien réelle
Puis le doute arrive.
Était-ce sincère ?
J’ai horreur de devenir pédant
avec de simples mots.
Toute la gloire à laquelle j’aspire
est le sourire que je ferais fleurir
Sur les lèvres amies
qui savent ce que j’ai voulu dire.
J’ai en moi des valeurs,
richesse héritée ou trésor découvert
j’en use et j’en abuse
car on ne répète jamais assez
que le passé a inventé le présent
pour préparer le futur.
Je n’ai pas la fierté d’avoir glissé l’arôme
dans les graines de semoule
mais je sais le sentir
quand des mains authentiques
ont su reprendre la magie de bien les rouler.
Certains de mes ami(e)s arrivent
à humer le parfum des mots
qu’ils gardent en eux comme un bonheur,
Ils me le rappellent et
leurs éloges sont un baume
qui réchauffe, en moi,
le marocain qui a su rester,
Attentif au génie de nos ancêtres,
Heureux d’appartenir
à la grande et belle famille
qui se dore sur les plages de l’Atlantique,
les cheveux mouillés par la Méditerranée
et les pieds brûlés par le sable du Sahara !


Ma vision

Celle de ce feu qui, soudainement,
a ravagé mes pensées les plus profondes.
Il brûle, en moi, comme une angoisse infinie
il décompose ma chaire avec persistance
il vide mon âme et mon corps des vils instincts.
Avec lui, je suis devenu propre comme l’aube
Depuis, j’ai vu le jasmin se faire mal
mon souffle sent le santal ou le musc pur
Tout en moi se sublime et je deviens léger.
Il est devenu mon langage préféré
mes mots, avec lui, ravissent les tympans
et je retrouve, un peu de lui, dans l’œil ébloui
qui s’échine à vouloir me suivre…
Chaque jour, je tombe amoureux
et chaque nuit, le rêve est un éden
que je partage avec l’objet de mon désir.
Je ne suis né que pour aimer
et à force d’aimer, le mensonge, devant moi
s’étiole comme un corps qui se dégonfle
pris en flagrant délit de traîtrise.
Je ne triomphe pas, je me retrouve
dans le sillon des hommes libres
qui préfèrent être au lieu de prétendre
vivre par habitude, par procuration.
J’aime trouver le beau dans l’œil intelligent
et m’oublier dans le rythme d’une démarche.
J’aime regarder et voir la courbe élégante
qui indique le chemin de la volupté.
Je n’ai pas honte à croire que le désir
est le fruit des complicités volontaires.
Je vis mieux depuis que j’ai sacrifié
l’égoïsme qui avilit l’âme vénale.
Je vis plus avec le baiser brûlant
qui succède à l’écoute des poèmes…

Pardonnez au pauvre « déchiré par l’amour »
il ignore tout du mal que le mot peut porter,
Pour lui, chaque matin est une nouvelle rose
chaque soir, une nouvelle chanson.
Brûlez vos doigts, sans crainte ni retenue,
à la flamme qui, en chacun, oriente la vie.
Souffrez l’absence ou le retard involontaire,
le baiser a plus de gout quand il se fait désirer

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