C'est libre que je suis meilleur

Pays / Disgrâce / Ah, si nous pouvions savoir / Le pays a parlé / La blague / Aimer ? / Le cavalier

Si tu n'aimes pas l'endroit où tu zs, bouge. Tu n'es pas un arbre !

Voilà ! La fleur qui s’ouvre est un spectacle que l’œil revendique et s’offrir l’honneur de donner un brin de plaisir en s’acharnant à trouver les justes mots qui viennent dessiner nos ambitions est aussi un souffle qui vient nettoyer notre piètre quotidien ! Dans les bavardages et les discours que chacun entretient, certains s’abîment dans l’arrogance des vérités indiscutables et d’autres se plaisent à vouloir décrire, sans déchiffrer, l’algèbre de l’Amour. Quand un de mes épanchements arrive à rappeler le sourire à ceux qui se veulent sérieux comme un dogme, ma joie n’est point une victoire qui flatte mon ego mais une prière à peine exaucée et déjà l’âme s’en va ailleurs. Les intellectuels au lieu de se penser le creuset du savoir doivent penser à devenir les éboueurs de la fumisterie dans les discours trompeurs. La même intelligence qui me sert à éviter le mot qui devient douleur peut aussi me forcer à tordre le cou à la défiance. Ce n’est pas une gentillesse apparente, ni une bienveillance calculée que de s’obstiner à taquiner le mensonge, c’est la lumière des vérités qui donne aux valeurs toute leur brillance.



Pays !

Je tremble pour la larme qui hésite et le rire qui se retient. Tel l’oisillon qui semble se suicider en essayant de voler, tel le verbe qui s’obstine à se refuser la haine ou l’envie, mon âme virevolte avant de s’élancer vers les rivages heureux de mes terres d’enfance.
J’aime à penser que mon pays est un être, farouche comme un berbère, élégant comme un bedouin d’Arabie et raffiné comme une princesse orientale. Je n’ai pas d’âme et pourtant, en moi, comme un volcan incontrôlable, il y a la passion des guerriers de l’indépendance, la fougue des travailleurs de la terre et la richesses des contrées vierges qui se cachent dans le giron de l’Atlas.
Mon beau pays est un refuge qui accueille, avec chaleur, les martyres de l’arrogance et les repentis de l’inconscience. Son grand cœur accepte, comme une cascade vertigineuse, toutes les lumières de l’univers et quand la rivière devient fleuve, il ne laisse sur ses bords que ceux qui ont perdu de vue qu’il ne peut grandir sans le sang de ses enfants !
Je hais ceux qui veulent grandir sans lui reconnaître la force qu’il prodigue quand on l’aime. Sans lui, je suis une goutte de rosée qui s’en va avec la chaleur de nos soleils, et c’est avec lui que la rose s’étire pour nous éblouir.
Si j’arrive à m’aimer parfois c’est parce qu’il est en moi comme une prière, comme un espoir. Il est le destin que je partage avec vigueur avec ceux qui savent que seuls et isolés, les agneaux deviennent des proies faciles aux loups qui se cachent mais ensemble, c’est un horizon qui fait peur aux convoitises

Ah, si nous pouvions savoir…

Si nous avions la possibilité d’étaler notre subconscient pour observer ce qu’il contient, nous serions ébahis par tant de contradictions et de comportements bizarroïdes que nous resterions sans voix. Combien de comportements, en apparence, logiques et raisonnables seraient expliqués par l’inverse de ce que nous prétendons justifier. Combien de rancœurs deviendraient des aveux d’attachements que nous n’osons pas assumer, combien de haines deviendraient des élans d’admiration occultés pour protéger notre réputation. L’esprit humain a cette prodigieuse capacité à maquiller, pour nous, un nombre incroyable d’attitudes que nous serions, en réalité, l’inverse de ce que nous prétendons être. La prise de conscience de nos contradictions nous aideraient à mieux vivre en exploitant le courage d’affirmer nos intimes aspirations au point qu’au final, nous serions autres.
Certains arrivent à en faire le bilan et rectifient leur prétention à être, d’autres ne soupçonnent même pas ce qu’ils gagneraient s’ils avaient la possibilité de « se voir » tels qu’ils doivent être. Des êtres nous sont sympathiques et d’autres, antipathiques, sans vraiment savoir pourquoi nous éprouvons ces incompréhensibles sentiments d’acceptation ou de rejet.
L’instruction et la culture sont pour certains, des moyens pour, au moins, arriver à se poser la question même si on n’y arrive que rarement à y répondre mais d’autres, et c’est la plupart quand l’ignorance est notable, adoptent , pour des raisons qu’ils ignorent, des comportements et des attitudes qu’ils seraient étonnés d’expliquer s’ils venaient à comprendre la raison.
Pour ne citer qu’un exemple et pas des moindres, cette religiosité galopante qui dénature l’individu au point d’être surpris par tant de fougue à croire sans arriver à en expliquer les raisons. Nous savons que l’enfant, dans son premier âge, vit dans ce qu’on appelle son « monde magique » où il est capable d’inventer des personnages imaginaires et de croire dur comme fer, qu’ils sont réels. Quand, à ce moment, il est abreuvé de légendes et d’’épopées religieuses, vraies ou fausses, il se met, grâce à elles, à s’en fabriquer un monde et des comportements qui l’accompagneraient toute sa vie. En lui parlant d’Adam et d’Eve alors qu’il est, encore incapable, de comprendre la genèse ou les paraboles, il restera, longtemps, enfermé dans un mensonge sacré parce que religieux et, sauf avec un long cursus universitaire, il n’osera jamais corriger dans son subconscient, ce qu’il a appris sans comprendre. Comprendrions-nous, un jour, que l’école doit se soustraire aux influences et aux manipulations religieuses, parfois fausses et handicapantes à vie, pour nous assurer, pour l’avenir, des citoyens capables de réfléchir librement et sans risque de se tromper ?

La blague

Seront-ils étonnés par cet élan social, spontané et salvateur, d’une grandeur qui laisse bouche bée le plus brillant des sociologues ? Reconnaîtront-ils l’éclat de génie qui caractérise cette manière de leur faire mal sans bouger de son salon ? Bien sûr que non. On peut tout leur faire sauf toucher à leur portefeuille et dans ce cas nous n’y touchons qu’en usant de ce droit élémentaire d’acheter ou pas ce que l’on veut. Une liberté qui fait mal et dont nous prenons possession dès qu’ils nous versent le salaire. Ce matelas d’argent qui se constituait sous leurs pieds grâce à nos achats, ira-t-il jusqu’à disparaître pour qu’enfin, ils se rendent compte de la rigidité du sol sur lequel dorment les pauvres ?
Un acte simple et pourtant, pour les ténors des partis, un casse-tête qui peut leur coûter cet avenir qu’ils se sont promis dès qu’ils ont appris le résultat des élections. leurs troupes boiront-ils le lait et l’eau que les simples citoyens refusent ? Iront-ils renflouer, dans un élan solidaire, les caisses des stations boudées par nos voitures ?
le spectacle est éblouissant quand on se rend compte que ce sont eux qui, un genou à terre, nous supplient d’acheter pour qu’ils se remettent debout ! Quelle joie de voir, enfin, leur arrogance ne coûter même pas le prix d’un litre d’eau !
Gherrab, marchand d’eau, la patronne des patrons ne sait que faire de son eau et à force de nous faire payer le plastique des bouteilles qui transportait ton eau, se rendra-t-elle compte, enfin, qu’il ne faut négliger aucun quand il s’agit de gravir l’échelle qui mène au vertige du pouvoir ? Ou, malgré tout leur savoir, manquent-ils, à ce point d’intuition, pour ne pas sentir comment peut venir la colère ?
Méfiez-vous, mesdames et messieurs, des peuples dociles et patients, ils sont, parfois, imprévisibles quand ils veulent répondre à l’unisson !

Le cavalier

« Eh oui, je suis comme ça », dira-t-il quand on lui demande pourquoi prend-il à cœur, la cause du déshérité. Il est tranquille dans son stoïcisme jusqu’’à ce qu’il entende le bruit d‘une déchirure ou qu’il observe l’arrogance du nanti face à la misère des mal-nés. Il ne se contente pas de désapprouver l’acte chargé d’humiliation, il s’investit au point de croire que c’est à lui que l’affront est fait ! Animal, dans sa colère, il redevient humain quand la justice passe sans regarder le coupable. Il ne se précipite pas pour épouser une cause juste parce qu’ils sont plusieurs à la défendre. Il cherche à comprendre, analyse et se projette pour en étudier les conséquences. Le mal, à ses yeux, ne doit jamais s’utiliser pour faire un bien, aussi nécessaire serait-il.
Devant la complexité des situations diverses et variées, il ne s’intéresse qu’au cas où la force ou le pouvoir impose une manière d’être ou de voir. A ses yeux, la liberté est comme l’’oxygène et aucun acte, aucune pensée ne peut éclore en son absence. Sans liberté, la vérité est tronquée et donc c’est en individu libre que doit se faire un destin.
Il hait l’arrogance qui, à ses yeux, est l’armure que revêtent les incapables quand, au fond, on sait qu’il n’y a pas d’être supérieur aux autres et que tous, nous mettons le même temps pour naître. L’ange ou l’enfant, pour lui, c’est pareil et la femme enceinte devient un temple où se conçoit la vie. Il ne parle des êtres et des choses que pour mieux en extraire la beauté qu’ils renferment. Chaque mot, insiste-t-il, a le sens qu‘on veut bien lui donner, c’est pourquoi, il ne jugera jamais quelqu’un sur ce qu’il peut promettre mais sur ce qu’il entreprendra et, c’est un peu, pour cela, qu’il exècre les politiciens. « Ce ne sont que des menteurs et des hypocrites » dira-t-il quand il regarde leur manière d’être, narcissiques pervers et dénués de toute humanité. « on peut servir son pays, son peuple, sans rien promettre, alors, pourquoi font-ils des promesses si ce n’est pas pour tromper leurs électeurs ? »

Disgrâce

Dans ce cœur fermé
Comme une demeure de roi
Une porte s’ouvrit.
L’amour qui s’y reposait
Trembla, soudain, de froid.
Il s’étonna quand l’importun
Vint s’assoire près de lui
Il lui murmura « c’est occupé »
L’autre, comme un goujat
En ricanant, montra du doigt
L’ombre qui se tenait
Dans la lumière des vitraux

Elle était là comme une reine
Qui faisait entrer son amant
Jusque dans la couche commune.
Il resta figé de colère et d’effroi
Traîtrise immonde et mensonge
Comme une douleur aiguë
Traversant son être brisé.
Il dira plus tard en s’en allant
« Qu’importe le nectar
Quand la reine ignore
Avec quel frelon, elle s’accouple.
Le miel qui dégouline du doigt
N’a aucun goût d’adultère ».

La ruche est un royaume
Où l’amour devient inutile
Car dès que tu traverses
Le cortège des ouvrières
Tu te retrouves dans la file
Des donneurs de semence.
Dans cette usine qu’est la ruche
Il n’y a pas de temps pour aimer
Tu copules ou tu travailles
Le miel sera toujours meilleur.


Le peuple a parlé.

Il refuse à payer le prix
du produit sur lequel il est volé.
Revenons à la bouteille
que l’on remplit de porte à porte.
De la vache au verre de café au lait.
Ils ont eu tort de confier à plusieurs voleurs,
le soin de distribuer le carburant
comme ils ont tout faux
en voulant nous faire croire
qu’il suffit de mettre l’eau en bouteille
pour qu’elle devienne minérale.
Le peuple a parlé
et il parlera encore
quand on voudra nous faire croire
qu’il vaut mieux mentir que voler
dans le silence des mosquées.
ils ont compris,
les fils de cavaliers
qui descendent la colline,
qu’il n’y a pas de différence
entre ceux qui volent
et ceux qui mentent.
Leur discours, à eux,
fils de cavaliers,
est celui du mot qui veut dire
ce qu’il signifie.
demain je boycotterai la mosquée
si l’imam songe à devenir policier ou député.
Le vol et le mensonge n’ont pas de religion

Aimer ?

Certains croient
Que l’amour, c’est un mot
Et qu’il suffit de le dire
Pour que l’ivresse apparaisse.
Ils ne reniflent, alors, que
Ce qui reste quand le parfum s’évapore.
Du frémissement involontaire,
Ils n’ont que ce que le charbon devient
Quand le feu a embrasé le regard.
A les voir brandir le verbe
Comme un trophée ramassé
Sur le champ de bataille,
Le cœur se déchire et se lamente
Au goût fade que cela procure
quand on refuse au lieu de subir
Les affres de la douleur qu’il procure.
Si l’amour pour eux est une étincelle
Timide, frêle et à peine visible,
Il est pour les âmes nobles et pures
La lumière qui défie le rayon de soleil.
Aimer, ce n’est pas simplement le dire,
Aimer, c’est le seul et unique privilège
Qui se mérite avec humilité et courage.
On n’aime pas pour les autres ou paraître
On ne sait même pas pourquoi le cœur
Bat plus vite quand il bat pour l’autre.
C’est son algèbre qui le rend rare et cher
sa pureté lui refuse les cœurs indignes
Si le mensonge l’assassine, le doute finit
Par dessécher son incroyable fraîcheur.
A lui, la pensée devient soumise et fidèle
il meurt doucement si elle se dédouble,
Quand piquée par la volupté qu’il procure
Pense multiplier le plaisir en allant vers un autre.
Ce n’est pas trahir que d’aimer plusieurs
C’est plutôt diviser l’ardeur et frelater le désir.
Être indigne, en amour, est une lente mort
Qui prends le temps de tout détruire.
Pour aimer vraiment et aimer mieux
Il n’y a qu’une règle à respecter,
C’est la loi du cœur qui reste digne

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