C'est libre que je suis meilleur

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Traces

Traces de mains sur un corps
jeté en pâture au verbe aimer
comme une fleur sur le cours
d’un ruisseau qui trace son destin.
Traces de larmes sur la douceur
d’une joue qui frémit au contact
de doigts qui savent écrire
pour elle, de sublimes chansons
et qui, un soir, ont quitté la scène,
sans prévenir, sans rien dire.
Traces de pas dans le sillage
d’une présence qu’on a aimée,
adulée comme les déesses
que chacun a inventé, seul,
dans ses rêves d’adolescent.
Trace de bonheur, à jamais
perdu par manque d’attention.
Trace d’amour que l’auriculaire
écrit en l’air, sur le bord de la tasse,
comme l’odeur du rouge à lèvres
qui lui rappelle la chaleur du baiser.
Trace de l’émoi devant l’insolence
d’une échancrure qui a défié le regard,
une fois, une seule fois pour donner,
à jamais, des couleurs de printemps
au sommeil, au silence, aux aurores
jusqu’au ciel gris de l’hivers triste
qui revient des obsèques automnales.
Traces écrites sur la marge vide
des cahiers d’écoliers orphelins
et qui racontent les solitudes
qui naissent là où les mères
aiment à inventer les mots doux
avec l’odeur du thé et de la menthe.
Traces de sourires esquissés
devant le miroir où la mémoire
aime a venir danser, souvent,
pour voyager jusqu’au moment
où le cœur a vibré, la dernière fois !

Âmes malades

Sans envie de méchanceté,
Le cœur ne le supporterait pas
Réalité oblige, le mal se cultive
plus facilement, chez certains,
derrière les sourires colorés.
Ainsi faite, la vie, de mer calme
a, sous ses flots, un univers
où l’hyène côtoie le loup
pour traquer le faon fragile
qui, insouciant, discute avec
l’oseille et les fines pâquerettes.
Ils attendent que brille le soleil
pour le surprendre à la gorge,
transformant son sang en râle
déchirant. Pauvre innocence !
Le mal est gratuit mais Dieu
l’a voulu ainsi: la vie jaillit
geyser de joie et de lumière,
l’unique éternel invente la mort
pour qu’aucun concurrent
ne vienne contrecarrer ses plans.
La question n’est pas le pourquoi
mais le comment qui invente
Les épris de la haine et de l’envie.
Nous vivons de la même eau
et pourtant, certains regards
se fixent sur le ciel et l’univers,
d’autres s’occupent à creuser,
a l’ombre des joies profondes,
des fosses invisibles et profondes
sous les pieds qui dansent, rythmés
par la voix graves des ancêtres
et les éclats de rire des enfants.
Comment font-ils pour ne pas
se laisser vaincre par la beauté
de ce qui précède et indique
les chemins qui mènent au paradis ?

Respirer avec tous les pores de son corps... Ne tenir compte de rien, simplement vivre !

DOUTE

Avec ses grands yeux de femme fatale,
avec ce corps qui annonce le vertige
ou cette crinière qui rend le vent fou.
Est-ce elle,
qui rassure ma main
au creux de son dos,
rafraichit ma nuit
avec le galbe d’un sein,
réveille ma libido
sur les hauteurs d’une hanche ?
Est-ce elle,
qui devient ma muse enchanteresse
quand le verbe devient insolent
et déchire le voile de mes croyances ?
Est-ce, encore, elle, qui le soir,
sur l’oreiller, sème le jasmin,
embaume mes rêves
et indique à ma crainte
le chemin des gens heureux ?
Je ne sais…
Pourtant, avant elle,
ma vie était sereine et simple
avec mes rêves d’enfant
et mes folies passagères,
avec mes inquiétudes
et mes chagrins d’un jour.
Est-ce elle, alors,
qui a repeint mon regard
avec des couleurs inconnues,
apaisé mes soudains élans
d’adolescent trop indépendant
et brouillé ma vision
sur les voluptés féminines ?
Je me demande
si j’aurai été autre, sans elle
et si, sans moi,
elle aurait été moins ou plus belle ?
Aurai-je été plus heureux avec une autre
et elle, plus fascinante avec un autre ?
Qu’importe le délire étrange…
qui bouleverse mes certitudes…
qu’importe la douleur, loin d’elle,
que me procure la solitude
qu’importe le doute devenu imposture
quand la joie devient incomplète,
quand le silence pèse plus que d’habitude,
quand l’absence devient plus présente
et quand le bonheur devient mirage !
J’ai choisi d’écrire un destin singulier
avec le parfum des pensées fabriquées
à la lumière des nuits blanches…
j’assumerai, avec élégance, le choix
d’avoir voulu aimer sans comprendre
et je me remets à l’instinct premier
qui a guidé mes pas et mes envies.

Comme tout le monde

Il m’arrive de m’évader des quotidiens qui, à la longue, finissent par amasser devant ma porte, comme l’hiver, des tonnes de poussière, au point que ces « voyages » en dehors du temps, me sont devenus une thérapie. Comme des prises de conscience, après une aliénation, sournoisement orchestrée et, grâce à je ne sais quel Dieu, quel mécanisme intérieur, un refus de mon quotidien s’impose comme un sens obligatoire.
Si, dans le temps, l’inexpérience ou l’innocence de mon âge, m’en occultait l’importance, aujourd’hui, après tellement de blessures, parfois, avant même le feu orange, mon pied relâche l’accélérateur et instinctivement, je mets le clignotant.
J’ouvre porte et fenêtres et commence le ménage en me débarrassant de tout ce qui n’est, ni à moi, ni de moi. Cela peut durer des jours car, comme des blattes qui se cachent sous le parquet ou des moisissures qui utilisent un mimétisme remarquable qu’il est, presque, impossible de distinguer l’amitié véritable de son imitation.
Le vrai pouvoir du diable est, dit-on, de faire croire qu’il n’existe pas. Triste est le spectacle des ordures que vous regardez dans le jardin et dont vous n’éprouvez qu’une hâte, l’arrivée des éboueurs pour vous en débarrasser. Vous attendez encore quelques jours, sans plus rien faire jusqu’à ce que l’air redevienne respirable, jusqu’à l’évaporation totale des odeurs fétides des trahisons gratuites et inutiles, jusqu’à ce que vous auriez lavé, nettoyé à la javel forte la trace des mensonges, celles des attitudes utilisées pour déjouer vos intentions nobles et tout ce qui vous rappelle que vous avez été berné pour des gestes que, normalement, vous avez du bonheur à offrir sans rien demander en retour.
Vient alors, ces merveilleux moments où vous reprenez doucement votre vie en main. Vous allez jusqu’à faire durer le plaisir de nouer, entre eux, les deux bouts de votre vie, celui de ce que vous êtes avec celui de ce que vous voulez rester. Quand on a transpiré pour se découvrir à l’abri de toutes les influences, on acquiert tant de volonté et tant de force qu’aucune puissance maléfique ne peut vous obliger à renoncer à l’éducation que vous vous êtes donnée !
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Ils distillent la haine et l’exclusion, nous aimons à parler de libertés ils promettent un paradis qu’ils n’ont jamais visité nous construisons l’avenir avec les rires des enfants, ils pointent du doigt nos différences et nos espoirs, nous leur montrons la vie telle qu’elle est et doit être, sans censure impossible, ni interdits barbares, Ils se déguisent en prophètes étranges et ruminent la haine de l’autre sans le comprendre, nous taillons le jour et la nuit à nos convenances et si le soir, ils se réunissent pour inventer le mensonge, nous dansons sur leur obstination à refuser de vivre.

C’est la foi profonde et personnelle qui procure un bien être général face aux dogmes et «التَّـديُّن» qui emprisonnent et fait vivre dans la peur source de tous les maux .

Oser penser

Imperceptible, à peine,
le baiser donné avant,
d’offrir le dos à l’absence
qui s’installe comme le froid
dans le silence de la solitude.
Douce présence indispensable
à l’équilibre, à la raison qui,
pour s’occuper, s’imagine
des univers à combler,
des vides à remplir et
une conscience à étouffer.
Elle a des gestes à contempler,
des regards à collectionner,
des éclats de rire à retenir…
Bref, une femme à séduire,
une belle fleur à entretenir,
de l’aube au crépuscule
pour qu’à l’instant où la nuit
arrive, opaque et souveraine,
mains fébriles et attentives,
paupières ouvertes ou fermées,
cœur et corps impatients,
étreintes à venir et, doucement,
quand tout autour, l’univers
disparaît dans le silence des mots
qui ne servent plus à rien…
Rien à analyser, à retenir,
les épidermes discutent,
s’inventent des histoires
que les paumes et les doigts
racontent aux souffles qui,
à l’ombre des émotions,
s’harmonisent et s’accélèrent.
Jouissances obscènes
qu’on ne voient pas et qui,
pourtant existent dans le regard
sous toutes les paupières
mais dont personne ne parlent
par peur de devenir coupable
de revenir au péché originel
pour lequel on préfère quitter
le premier des paradis…
Richard Avedan

J’ai été enfant

Un peu moins que les autres vu que, de ma famille, je n’ai eu que les vacances quand le pensionnat faisait relâche. Je n’ai vu l’inquiétude que rarement quand j’étais malade et le peu qui restait de leur monde, je le noyais dans la lecture. Je n’ai pas eu le privilège de mes caprices exaucés car là où je vivais, c’était comme une insulte à la virilité. Quand on me punissait, ce n’était pas le regard froid maternel qui, malgré sa dureté, nous faisait sentir exister pour quelqu’un. Sortir pour les bruits de la ville était mon unique liberté. On m’en privait pour me faire regretter de n’avoir pas respecté leurs règles.
Aujourd’hui, quand je vois quelqu’un ignorer le bonheur d’avoir grandi entre les bras d’une mère et le regard attentif d’un père, je m’oblige a réfréner ma colère devant le monstre immonde de l’ingratitude.
Dans les cycles de la vie, il est normal d’être tenté de tout refaire à sa manière mais le crime demeure dans le mépris pour ceux qui, avant nous, ont sécurisé le chemin. L’enfant apprend à marcher tout seul, peut être, mais son pas aurait plus de grâce s’il s’entraîne au doigt d’un père avec le regard de la mère pour repère. Aussi haut que nous puissions monter, au ras des pâquerettes, il y a toujours quelqu’un qui nous a montré comment faire.
Bien sûr et on le sait, nul n’est indispensable mais survivre grâce à un autre est une dette que rien ne peut chiffrer. Aussi est-il sage et intelligent, de garder, en tête, que nous devons tous, quelque chose à quelqu’un. Penser le contraire, c’est se croire assis, chanceux, à côté de Dieu. Rendons aux autres ce qui est à eux est le minimum qu’on puisse faire pour rester, simplement, humain.

Mon jour,

Il y a longtemps comme ce jour, vers 2h30 du matin, me dira-t-on plus tard, au bout des longues souffrances humaines et normales, j’ai été expulsé du monde obscure et chaud vers ce monde, à la fois éblouissant pour mes paupières fragiles et froid pour mon corps encore dépendant du cordon qui me liait au paradis.
J’apprendrai plus tard qu’à cet instant, les étoiles étaient alignées dans la configuration du verseau. l’astrologie, cette science obscure me dira que j’étais doué d’une grande sensibilité, de celle qui fait les artistes et les rêveurs. Comme il est futile de croire que des étoiles dans le ciel pouvait influencer le développement d’un être, je compris qu’il ne sert à rien de vouloir se « mouler » dans un carcan imaginaire.
La vie, le parcourt et l’expérience des gens, au gré des rencontres, me feront voir que si nos gênes hérités, l’alignement des constellations dans le ciel ou ce qui serait écrit sur nos front, avaient une quelconque influence sur nous, tout est tributaire des choix que nous faisons, tant ceux que nous avons fais, presque par instinct, que ceux, mûrement, réfléchis. Tout ne vient que du fruit du labeur intellectuel et cette curiosité innée qui construisent, Ensemble, pour chacun, un destin particulier et propre. La prédestination n’a de sens que si nous l’incluons dans l’effort que nous faisons pour devenir ce que nous voulons, foncièrement et sincèrement, être.
Dieu, les anges et les démons n’ont aucune prise sur l’esprit qui se cherche, s’obstine et s’acharne pour comprendre et si, par un heureux hasard, le beau que nous découvrons en nous, rejoint le beau qui nous entoure, c’est déjà, dira mon ami Louis, « le début du paradis » !
le 16 février, alors, est devenu « ma » fête et « mon » jour. Je le vis comme je le veux avec cette, idiote peut être, décision de ne jamais travailler ce jour là ! C’est ma fête nationale et religieuse. C’est la journée de l’égoïsme, j’en conviens mais il nous faut bien faire la part des choses et se convaincre qu’après tout, une journée sur 365 ou 366 jours, c’est équitable et juste quand nous regardons les égoïsmes détruire nos plus belles valeurs et les ambitions, fouler aux pieds, nos plus fols espoirs !

Résilience

Je retrouve, doucement, ma joie,
ma bonne humeur et ma sérénité
quand l’amitié factice, après le venin,
m’a servi la plus belle des leçons.
J’ai vu le verbe trahir son odeur
derrière des sourires trompeurs
et j’ai assisté, impuissant, aux larmes
traçant des rigoles douloureuses
sur les joues pour lesquelles
je faisais éclore des éclats de rire.
Il y a tant de choses à dire
sur les âmes qui s’obstinent
à détruire tout ce qui rappellent,
à leur infortune que leur sort
est né des choix qu’elles ont fait
quand l’insouciance, leur compagne,
leur faisait croire qu’elles étaient,
pour le monde, l’unique nombril.
Pendant, qu’à l’étincelle du silex pur,
je m’acharnais à rallumer le feu
de l’amour qui, en moi, a refusé
de mourir sous le ressac de la haine,
sous les flots des desseins malsains,
germait la graine du baiser véritable,
celui-là même qui, un soir d’Avril,
sous le faux poivrier silencieux,
scella pour toujours deux destins
avec pour témoins, toutes les étoiles
d’un ciel, avec son silence et sa fraîcheur.
De ce silence, lourd comme la prière,
nous avons fabriqué, jour après jour,
étreintes nocturnes et labeur diurne,
Sensuelle glaise et torride chaleur,
le palais imaginaire, éblouissant
comme un phare aveuglant, éparpillant,
sur le sable des chimères, les prétentions
qui, au soleil, doucement, s’évaporent.
Comprennent-elles, âmes désaxées,
perdues dans leurs certitudes fragiles,
qu’aimer n’est ni un jeu qui finit,
lamentablement avec un vainqueur,
ni une boisson dont le goût s’estompe
à la lueur de l’aube dans l’escarcelle
des trocs aux allures bestiales..?
Vénales créatures, mémoire confuse
quand pour se replonger dans le passé
elle doivent mettre un masque épais
pour ne pas s’étouffer dans leurs souvenirs.

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