C'est libre que je suis meilleur

Demain / Ecoute / On vous dira /

grâce à elle, j'ai appris comment tisser, avec des mots, des univers imaginés, juste pour elle !


Demain

L’amour s’épuise
le regard ailleurs , le cœur,
sur les souvenirs, se repose.
Le temps, comme un complice,
chaque matin, souffle sur la poussière
et découvre un peu d’éclat.
Le baiser se languit et la lèvre se fige.
Je cultive, depuis toujours, la patience et,
si de temps à autre, ma colère se réveille
c’est pour chasser les présences importunes
qui se plaisent à voir souffrir, discrètement
les mains qui tremblent, à force d’attendre
les nuits des folles étreintes sous le satin.
Peut-on lui en vouloir, pour n’avoir pas connu
la misère des cœurs sans frémissement ?
Elle qui, chaque matin, regardait le soleil
dessiner, pour moi, le chemin de ses yeux
Et moi, pour chaque soir, lui tisser des rêves
que demain, comme toujours, viendraient
donner à son sourire, un peu plus de lumière.
Mon cœur est fatigué, la peur le ronge
et le doute s’installe quand, sans le savoir,
elle choisit l’absence pour s’oublier
dans l’univers stérile des bavardages .
Dans ma forteresse sans portail,
je mets de l’ordre dans ma mémoire
effeuillant les joies et les douleurs
comme un vendeur de menthe,
le soir, quand pointe l’heure du thé.
Le jour s’en va. La nuit sans rêves,
viendra assassiner ce qui reste
de toute la grandeur que j’ai voulue,
un jour, pour elle, en voulant l’aimer.
Je ne serai pas le seul, ni le dernier
qui, au lendemain du bonheur, découvre
toute l’illusion de ce qu’il croyait vivre.
Au moins, grâce à elle, j’ai appris
comment tisser, avec des mots,
des univers imaginés, juste pour elle !


Écoute

C’est son silence qui m’a parlé
quand j’ai voulu la regarder
et doucement, j’ai trouvé des chapitres
que je n’avais pas vraiment lus.
Elle y parle de la tristesse
des jours passés sans aimer,
de la joie de penser que le cœur
ne se trompe jamais quand il bat
uniquement pour un autre…
J’ai feuilleté ce livre ouvert
sur la fraîcheur des larmes
qui rafraîchissent le regard,
à l’ombre des cils qui chantent
l’éclat d’une beauté intelligente.
Poussé par un réel besoin de savoir
je me suis mis à tourner les pages.
Entre les murmures de la douleur
et le vacarme des larmes brûlantes
j’ai trouvé un florilège d’images
qui enchantent l’âme et l’esprit.
Là un sourire. Ici, un éclat de rire
ou un regard plein d’amour,
tout le spectacle d’un être entier
qui veut vivre pleinement
et aimer jusqu’à satiété
pour être aimé et pouvoir mourir
sans avoir rien laissé au hasard.
J’ai compris, alors, qu’elle aussi
avait besoin d’écouter mon silence
lui parler de ce qui en moi, s’est arrêté
le jour où elle avait lâché ma main
pour partir chercher une autre couleur
à l’amour que je cultivais pour elle.
Si je ne sais pas colorer le rêve
aux nuances qu’elle préfère,
je sais, que le silence du baiser
remplace les mots incapables
de, simplement, dire « Je t’aime »


On vous dira

On vous dira, un jour, que le mal est capable, comme un virus, de se cacher pendant des années pour qu’on le découvre dans la splendeur d’un pouvoir qui n’a d’égal que notre besoin de tromper pour éblouir. Il y a des êtres qui malaxent avec brio, l’art de jouer l’innocence tout en se tissant un univers où seule compte le confort de leur personne. Êtres se plaisant dans leur schizophrénie volontaire, capables d’être l’ange dans le démon qui les dévore ou incapables de savoir que le mal et le bien, sont des choix volontaire !
Certains optent pour le travail de l’esprit pour se sentir vivre et d’autre vivent en les regardant transpirer. Opportunistes de l’esprit, qui se réveille comme un enfant rongé par la curiosité, mais incapables d’oser prendre le risque de se croire ridicule. Frileux des initiatives qui distinguent le libre d’être et l’esclave des destins refabriqués. Ils voient la vie comme on regarde un sablier et les secondes passent, très loin, hors de leur contrôle. Oisifs aux mémoires pauvres avec un sagacité incomparable pour tisser des destins dont ils n’ont que le fil qui sert à réunir les expériences de ceux qui les ont vécues.
On vous dira, aussi que celui que vous admirez n’est en fait qu’un tigre en papier qui bombe le torse en public et qui le soir, pour se reposer, rejoint le terrier du renard sournois, fatigué par les pièges qu’il façonne entre le sourire aimable et le regard confiant. C’est un loup qui le soir, quand la générosité s’endort, s’en va s’infiltrer comme un cauchemar dans les gorges innocentes des poules qui fabrique l’œuf et réveille le matin ! On vous dira, on vous dira…
On ne vous dira pas que c’est avec lui que la fleur devient un poème, ni l’abeille, une merveille ou la brise, une symphonie !
On ne vous dira pas que son regard les aide à savoir voir, ni ses paroles, une fraîche musique qui sait parler aux épidermes.
On ne vous dira pas que sa vie, il s’en sert pour métamorphoser la douleur et extirper le doute des âmes perdues par ignorance ou sacrifiées aux lendemains des trahisons impitoyables.
On ne vous dira pas que le bonheur, pour lui, est dans le sourire qui reçoit l’offrande et s’il ne met point la forme, il insiste sur le fond qui dure comme la marge vierge des cahiers mal écrits. Il chante pour lui, la joie de savoir boire la vie comme une liqueur et s’endort sur le souvenir des poitrines qu’il a su libérer, à coup de fou rire qu’i il a l’art de savoir faire éclater.
Quel bonheur de partir, convaincu de n’avoir jamais trompé personne mais quelle douleur de savoir, que le bien que l’on s’est plu à accomplir se suicide aux pieds de la méchanceté gratuite et vulgaire !
Certains se plaisent avec les miettes des existences véritables et d’autres se massacrent l’esprit en ne pensant qu’à détruire. Rien de beau ne doit rester debout car leur laideur deviendrait évidente et on voit mieux la fleur qui germe au milieux des ordures. Ne pouvant être une rose, on se met à ressembler aux orties vulgaires qui prolongent le regard.
Devant le bien que je fixe comme une lanterne qui éclaire mon matin, je vois leur haine comme une insulte à eux-même car ma vie je la consomme alors que la leur se sacrifie pour me détruire. J’en ai vu, ces suicidés de la jalousie qui, pour faire taire le soleil, détourne le regard vers le spectacle affligeant des âmes qui se déchirent pour un peu de lumière. On ne peut mettre dans un vase que ce qu’il est capable de retenir et vouloir posséder les êtres et les choses sans pouvoir les contrôler, vous fait oublier de vivre.


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