C'est libre que je suis meilleur

Fatalement / Toi / Suicide annoncé / Douleurs /

L'amour est un arbuste fragile qui ne survit, hélas, qu'à l'ombre des caresses obligatoires,

Fatalement

Ce n’est pas une douleur
ni une colère qui gronde.
Ce n’est pas, non plus,
ce gout acre de la déception
C’est juste un vide qui aspire
à la joie de vivre et de bien être
quand, dans la maladresse des mots
on reçoit la preuve indubitable
que rien n’a jamais été,
comme on s’est plu à le croire.
Il y a tant d’occasions à éviter
tant de pensée à refuser
et tant d’intentions à retenir
pour ne pas détruire
Ce qui dans l’amour simple
fait son charme et son algèbre.
Parfois, dans cette sérénité installée
l’âme s’oublie et se croit permise
d’ignorer le mépris que l’ego
cultive, pour nous, en silence.
On s’oublie et on oublie
que l’équilibre est fragile,
que le charme s’évapore
quand le sourire est absent.
Que de cœurs brisés,
que de promesses bafouées
que de destins interrompus
que d’espoirs déçus…
Pour un écart impromptu
dans le bavardage quotidien.
L’amour est un arbuste fragile
qui ne survit, hélas, qu’à l’ombre
des caresses obligatoires,
Un mot de trop, ou vient à manquer
un regard de travers, un geste,
en apparence anodin et…
ses racines deviennent dures
son feuillage tombe,
sa sève devient acide et,
avant que tombent ses fleurs,
il est mort comme succombe
l’oiseau touché par la foudre.


Toi

Ce jour là, ta vie deviendra claire
comme une aube sans brume
un ciel, sans aucune trace de nuage.
Comme si on avait lavé tes pupilles
les fleurs seront plus éblouissantes.
Tu ne sentiras plus le sol sous tes pieds
et au lieu de marcher, tu esquisseras
des pas de danse avec une grâce nouvelle,
Tu voudrais que la rue bruyante devienne fête
le cri des enfants oubliés, des chants d’oiseaux.
Tu verrais, en fermant les yeux, des lumières
des étoiles et des arcs en ciel, illuminer
ce coin de silence que tu n’osais pas voir,
là où tes peines profondes se réfugiaient,
où tes larmes impatientes, attendaient.
D’un vol de papillon qui virevoltait
tu ferais une symphonie de frémissements
rythmée par le bruit de tes pas heureux
sur l’asphalte, hier, trop brûlante.
Tu glisseras sur la paume tendue
qui attend l’aumône comme une caresse
qui guérit la douleur des ventres vides.
Tu deviendras si légère que l’ange s’étonne
et dans ta joie interne, des volutes diaphanes
qui rappellent l’antre verdoyant du paradis.
Ton cœur, lui, est devenu plus jeune
et à chaque battement ton corps vacillera
comme une terre qui s’ajuste et se déploie
en poussant les montagnes et les rivières.
Tout en toi, soudainement, deviendra beau
de la crinière pour qui tu craignais le peigne
aux lèvres qui apprennent à se mouiller
pour préparer l’enfer torride des baisers.
Tu ne verras plus la poussière des rues
trop occupée à te vivre belle et féminine
ta démarche, dessinera des courbes
comme pour offrir au regard, le vertige
qui rend, la scène et le paysage, voluptueux.
Le jour, comme la nuit, le rêve enchantera
la pensée qui, hier, était vagabonde
Au seuil de ta porte, des relents de bonheur
embaument l’atmosphère en bienvenue.
A te voir, une seule idée vient à l’esprit
« Toi, tu es, bel et bien amoureuse ! »


Suicide annoncé

Mes promesses tenues
et nos rêves enchantés,
sur le bord de l’oreiller,
quand le baiser s’impatientait…
Entre la lumière du jour
et le silence nocturne:
mes « je t’aime » étaient réalité.
Je pensais irréel le destin
que je fabriquais, fébrile,
à l’ombre de tes cils,
et pourtant, tu fuyais
pour courir derrière la brume
qui sortait des paroles,
trop douces pour être vraies.
Rappelle-toi le ciel des nuits
consommées en cachette.
Ferme les yeux, tu sentiras
au creux de ton cou, la chaleur
des mots inventés pour toi.
Souviens toi de l’impatience,
à mon retour, que j’avais
quand, tremblante, tu me guidais
vers l’univers délicieux
de nos bavardages innocents.
T’ai-je vraiment aimée, toi,
m’as-tu vraiment accepté
pour qu’aujourd’hui, le doute
vienne effacer les mémoires
et rendre stériles nos horizons ?
Que restera-t-il en toi si,
pour te laisser tranquille
je mets fin à tous ces délires
auxquels, à fond, je crois,
Si je quittais ton regard
disparaissais de ton univers
pour ne plus revenir..?
On aime un peu ou trop
quand ensemble on se déchire
mais aimer, c’est aussi partir
pour que l’absence devienne repos.
Doucement, la nuit sera plus longue
quand ma voix ne sera plus là
pour te raconter et te décrire
car, au fond, c’est dans mes yeux
que tu deviens plus belle…
C’est mon regard qui révèle en toi
la volupté de toutes les femmes;
sauf peut être, si tu ne veux plus
des postures féminines, pour mourir
comme se fanent les roses quand
le soleil cesse de les voir, éclore.


Douleurs

L’oublierai-je sans effort ?
m’oubliera-t-elle sans souffrir ?
L’amour laisse des traces profondes
installe des habitudes pérennes
et observe le spectacle avec joie.
Quelle chaleur remplacera mon bras
quand il devient frontière ?
Quelle paix viendra habiter
au creux de son dos comme
quand ma main venait la rassurer ?
Quel mot saura-t-on inventer
juste pour elle et grâce à elle ?
Quelle douceur trouverai-je à mes nuits
sans l’assurance de sa présence ?
Qui dérangera mon silence
comme le bruit de ses pas qui arrivent ?
Saura-t-elle résister à l’envie folle
de respirer mon odeur quand je me lève
et pourrai-je éviter de penser aux confidences
que nous écrivions sur l’oreiller ?
Une vie se construit, une autre se termine
Dans la brume du regard noyé par les larmes,
on imaginera le rêve qu’on n’a pas pu terminer
on répétera les mots qu’on n’a pas osé dire
on aimerait, pour effacer la défaite des coeurs
remonter le temps jusqu’au geste maladroit
jusqu’au verbe qui déchire la confiance
ou la pensée qui fait au doute, allégeance.
On aimerait pouvoir être parfait
mais la beauté s’invente sur les restes
pour adoucir leurs imperfections.
l’image de l’amour infaillible
est une chimère inventée,
naïve croyance et creuse prétention,
c’est la douleur qui donne au bonheur
ce goût amère du déjà perdu.
C’est la souffrance qui rappelle le prix,
à nos arrogances, ce que vaut un baiser !

Comme une prémonition inévitable, j’ai écris cette déchirure sans savoir qu’un jour, le destin saurait en faire un passage étroit par lequel s’infiltrera le froid de la déception. Je l’ai voulue sublime dans l’art de m’émouvoir, je l’ai trouvée froide comme la neige de l’oukaïmeden. Je dors seul avec ma tristesse comme compagne et demain, l’aube aura des couleurs de sang…
Je lis et relis et rien ne vient désobliger le regard à s’embuer, ni le cœur de trébucher. Ainsi est le sort de ceux qui veulent croire qu’il n’y a que l’amour qui élève au lieu de traîner les corps, au ras des pâquerettes, laissant les âmes souffrant des écorchures…

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