C'est libre que je suis meilleur

Sharon Stone

Ce n’est pas compliqué de faire rêver les hommes. Le plus dur, c’est de les garder. Sharon Stone

Sharon Stone

Issue d’une famille modeste, Sharon Stone connaît durant sa jeunesse une scolarité sans faute. A 17 ans, alors qu’elle se présente à un concours de beauté de sa région, un agent la remarque et l’engage aussitôt comme mannequin vedette auprès de la prestigieuse agence Ford. Après plusieurs spots publicitaires, elle fait une première et furtive apparition au cinéma en 1980 dans Stardust memories de Woody Allen. Pendant près de dix ans, elle enchaîne les petits rôles : jeune femme terrorisée par ses voisins dans La Ferme de la terreur (Wes Craven, 1981), épouse délaissée par son mari dans Divorce à Hollywood (1984), aventurière maladroite et bavarde dans Allan Quatermain et les mines du roi Salomon (face à Richard Chamberlain), officier de police légèrement vêtue dans Police academy 4 (1987) ou encore partenaire de charme pour Steven Seagal dans le film d’action Nico (1988).
C’est au début des années 90 que Sharon Stone voit sa carrière s’envoler. A cette époque, la comédienne fait une rencontre déterminante : Paul Verhoeven qui lui confie le rôle d’une tueuse face à Arnold Schwarzenegger dans le futuriste Total recall (1990), puis celui de l’énigmatique romancière bisexuelle Catherine Tramell dans le sulfureux Basic instinct (1992). L’année suivante, elle conforte son image de sex-symbol d’Hollywood en dévoilant à nouveau ses charmes dans les thrillers Sliver (1993) et L’Expert (1994). Au faîte de sa carrière avec une nomination à l’Oscar de la Meilleure actrice dans un second rôle pour Casino (1996), elle alterne les genres avec l’idée de s’éloigner du personnage de femme fatale qui l’a fait connaître du grand public, mais le succès n’est pas toujours au rendez-vous comme en témoignent les échecs successifs du western Mort ou vif (1995), des remakes Diabolique (1996) et Gloria (1998) et du film fantastique Sphere.
Obligée de revoir ses cachets à la baisse, Sharon Stone se tourne vers des oeuvres plus intimistes comme Les Puissants (1998), La Muse (1999) ou encore Une blonde en cavale (2000), où elle incarne une ancienne strip-teaseuse reconvertie dans l’escroquerie. Se remettant d’une grave hémorragie cérébrale, la belle se voit proposer le statut de membre du Jury au 55e Festival de Cannes en 2002. Les studios hollywoodiens font de nouveau appel à ses services : elle campe tour à tour l’épouse de Dennis Quaid dans le thriller La Gorge du diable (2003), l’ennemie jurée de Catwoman (2004) ou encore l’une des nombreuses conquêtes de Bill Murray dans Broken flowers (2005) de Jim Jarmusch. Mais c’est en 2006, avec la suite tant fantasmée de Basic instinct, que Sharon Stone, qui n’a rien perdu de ses courbes, tente de reconquérir ses galons de star.
A presque 50 ans, Sharon Stone évolue dans ses rôles, mais le succès d’estime (voire les insuccès) de ses films empêche leur sortie en France. Elle est ainsi la mère quelque peu dérangée de Jimmy Fallon dans la comédie dramatique The Year of Getting to Know Us (2008) et joue avec son image dans le film choral Bobby, un exercice de style d’Emilio Estevez sur l’assassinat de Robert F. Kennedy, dans lequel elle interprète la coiffeuse d’une artiste sur le déclin (jouée par Demi Moore) ressassant l’échec de sa carrière. Côté drame toujours, l’actrice se trouve dans une impasse amoureuse avec Timothy Hutton pour When a Man Falls in the Forest (2007), nommé à l’Ours d’or du Meilleur Film à Berlin. Après un film d’action sans succès (Streets of blood), elle fait un détour par le cinéma français le temps d’un Largo Winch II porté par Tomer Sisley, avant de rejoindre le casting du drame Waco (2011) aux côtés d’Adrien Brody et Kurt Russell.

Guillaume Martin / Corentin Palanchini


This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Accept Read More