C'est libre que je suis meilleur

Respire / Accouchement difficile / Sa voix / De bon matin

Nous avons été heureux de nous retrouver pour respirer je l'ai sentie, elle m'a senti et quand il a fallu se quitter j'ai du faire un effort pour ne pas entendre nos cœurs se déchirer.

Respire

Nous avons été heureux
de nous retrouver pour respirer
je l’ai sentie, elle m’a senti
et quand il a fallu se quitter
j’ai du faire un effort
pour ne pas entendre
nos cœurs se déchirer.
Rien ne change et tout s’améliore
quand l’amour est l’air à respirer.
L’esprit se repose quand le verbe
ne change pas de musique
et les nerfs se relachent
pour mieux s’entendre vivre.
J’ai écouté sa voix comme une mélodie
elle a éclaté de rire pour me murmurer
ces je t’aime qu’elle a retenus,
pendant toute mon absence.
Quand penché sur elle, elle me montrait
ses photos de femme gâtée par le destin,
j’ai respiré son parfum et, j’ai cru,
l’instant d’un long soupire
que j’allais m’évanouir
juste pour retenir, un peu d’elle
comme une atmosphère, un air
qui manque à la poussière des rues.
Je suis partie en la laissant rêver
à ce que seraient, encore,
ces lendemains de toujours.
Dieu, comme il est tendre
le cœur qui sait aimer,
qu’il est doux quand il pardonne
et noble quand il comprend
que la vie n’offre pas toujours
ce qu’on aurait aimer recevoir.
Elle ne m’aime plus, elle me vit
je ne l’aime plus, je la respire.

Henri Laborit

« Ce n’est pas l’Utopie qui est dangereuse, car elle est indispensable à l’évolution. C’est le dogmatisme, que certains utilisent pour maintenir leur pouvoir, leurs prérogatives et leur dominance. »

Sa voix

Lancinante comme la trace d’un fouet
qui marque la peau et brûle la conscience.
A peine vibrante, remplit l’air, secoue la tranquillité
Comme le cri d’un enfant menacé par la faim,
Le berger l’imagine dans l’ampleur de sa solitude,
Le vieillard fouille sa mémoire pour retrouver son timbre.
Elle transperce le silence, flèche ardente
Elle dérange les assurances, intrépide bruit
quand la nuit s’installe sur les pensées qui s’affalent
elle devient sonorité fraîche au milieu des oiseaux,
un ruisseau qui respire à l’ombre des feuillages,
Le bruit d’une brise caressant les pistils tremblants
Le souffle d’un enfant, heureux dans son sommeil
La douleur d’un plaisir qui s’offre dans l’intimité volée
C’est un baiser qui s’écoute comme un serment
frôlement de peau et brûlure d’épiderme
Entre les » je t’aime  » murmurés, échangés,
perdus dans le tumulte des sentiments.
C’est la force de l’Amour quand il est seigneur
Sa voix se transforme et se métamorphose
pour distinguer le rire du mirage des intentions
Elle mue pour mieux s’adapter, pour mieux dire
ce que le cœur dessine en sculptant le corps.
Elle utilise le geste pour tracer des arabesques
et devient diadème sur le front des fidélités.
Elle brûle, menace, dérange ou rassure
mais devient joie et allégresse infinie
dans le dialogue des confidences.

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Accouchement difficile

Depuis l’annonce de la grossesse de cette femme, en charge de notre destin commun, je suis inquiet au point de promettre à cette amie, tout à l’heure, d’aller frapper à la porte de cet édifice où ils l’ont installée pour les soins indispensables avant toute naissance. La porte est gardée par ces éternels hommes en uniformes, armés jusqu’aux dents et qui mastiquent leur impatience à tirer sur tout ce qui bouge et qui peut déranger la quiétude de cette dame qui, de matrone inviolable s’est transformée, après le 20 Février, en une courtisane du peuple. Sensuelle à outrance, elle est apparue, brillante et lucide sur les écrans plats géants des cafés de nos avenues. Certains, même, entre 2 gorgées de café cassé, ont failli applaudir, d’autres pressant le temps dans leur thé à la menthe ont à peine jeté un regard, persuadés comme toujours, que l’homme n’est jamais descendu sur la lune. Parmi ces cervelles brûlées par le labeur quotidien et la misère de leurs espérances, certains la comparent à la figure du « Dix » ou (sota) qui revient quatre fois dans le jeu de cartes espagnoles dessinées à Ronda. Elle est tour à tour, dame fortune, dame Or, si les richesses du pays sont distribuées équitablement ou dame répression, reine chbada,  si la voix du peuple s’élève au dessus de celle du caïd qui vient étouffer leur insolence et mater leur insuffisance et quand elle se pare de son glaive, elle devient juge sans jurés et tranche selon l’humeur du jour pour condamner l’affamé voleur de pain ou acquitter la bouche baveuse qui distribue des billets bleus sur la porte de la mosquée tremblante et chétive. La mère sourit quand elle vient, sa « Tbiga » dans les bras pour annoncer que le prix du pain ne va changer ! Elle s’endort quand la rue ronronne pour revenir, bousculer les spots publicitaires et annoncer à ceux qui suivent le cours de ses actions sur leurs mobiles or et argent, que le dividende est flatteur et le capital en évolution vers ces cimes dont nous ne voyons que les nuages.
Quelques jours après l’annonce de sa grossesse, les IRM crépitent et les quelques clichés qui circulent sur son échographie fœtale annoncent tout à tour, des jumeaux noir et blanc ou une grossesse à risque de malformation congénitale. On prépare la couveuse stérile et la salle d’opération s’apprête à recevoir les hanches en douleur de celle qui, demain, sera notre guide et notre patrimoine. Les mauvaises langues parlent de conceptions bâtardes, les plus au courant dessinent le schéma à l’encre invisible d’une fécondation In vitro, au fond du bunker-laboratoire, enfoui sous les restes de tazmamart. On entend parfois, le cri de la belle mère quand elle s’évanouit, brûlée par le sérum made in Virginia beach, et qui veut trafiquer ses gênes. L’espoir est face à face avec ceux qui ne veulent plus croire et le jardinier docile, au pied de son acacias, sirotant le verre parfumé au chanvre de Ktama, murmure à qui veut l’entendre, encore une fois, la naïveté s’empare des citoyens qui ne veulent pas déchanter. Elle n’a jamais été enceinte et l’enfant qui va sortir, n’est pas le notre.
Vous avez compris, je crois, l’allusion et si, en termes maniérés, j’ai tenu à brosser ce grand point d’interrogation qui se démultiplie dès qu’il s’agit d’aborder la question de la constitution promise, nouveau né du siècle à peine abordé et de la commission chargée de la concevoir comme une mère légalement fécondée, c’est à cause du huis clos qui n’égrène que le nombre d’heure passées à son chevet et la liste interminables des visiteurs venus la regarder enfler. En rédigeant le contrat de l »avenir que vous nous destinez, ayez l’élégance de dire le droit et le devoir à la foule devant la porte de l’édifice qui fait votre fierté et que nous, nous payons pour vous le construire. Le test de paternité sera notre recours au cas où, l’enfant que nous attendons, sortira, les yeux bleus et la tignasse blonde au milieu des têtes noires qui soulèvent la poussière de l’impatience. De nous, vous êtes et pourtant, vous nous fermez la porte, vous vous enfermez dans le mutisme coupable pour nous faire la surprise. Nous vous surprendrons le jour où vous aurez besoin de la trace de nos pouces pour entériner vos desseins.

De bon matin…

Au lever d’un soleil jeune comme un étalon,
j’ai vu l’amitié arriver comme une torpeur rassurante
un embrun de fraîcheur sur la chaleur des mots.
Elle était là, l’amitié, si belle qu’elle respire la confiance
éternellement jeune, murissant avec le temps
comme un vin qu’on cajole dans le silence des caves.
Le regard qu’elle pose sur l’incertitude devient reflet
quand les verbes se croisent dans l’intensité des échanges.
Elle essuie, avec grâce et élégance, les larmes de la douleur
Et revient comme une épaule qui rythme et met fin
aux larmes qui fleurissent dans l’écrin des solitudes.
A ses côtés, l’Amour danse, espiègle et versatile
comme le bruit des fontaines qu’on réveille
au lendemain des ébats incontrôlables.
Il ravive les existences comme un parfum solitaire
étrange ivresse, merveilleuse complicité
dans le secret des regards qui prolongent le dialogue.
Quelle richesse, quelle fortune, à ces deux soupirs
est pareille, ces élans volontaires ?
Quel autre paradis inventer pour surpasser le plaisir
d’être aimé et d’avoir des amis ?

... Merci !

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