C'est libre que je suis meilleur

Toc, toc / Moi, sourde et innocente / J’imagine / A Sara /

l'histoire de ces milliers de familles qui vivent de rien, dans ces villages perdus où l'eau ou l'électricité peinent à arriver. un peu loin du village,


…… Toc, toc !

La porte s’ouvre
Comme à l’entrée du paradis
Une lumière éblouissante,
Parfum de fleurs d’oranger
Sur le silence d’un verre de lait
Des courbes simples mais belles
« C’est moi ! » cria-t-elle, heureuse
Chantant une divine mélodie
Qui dérange mon cœur assoupi
C’est elle, revenant de l’absence
Stupide absence douloureuse
Qui a failli enterrer dans le temps
Le bruit des baisers perdus
Le chuchotement des confidences
Autour des joies complices
Qui faisaient l’univers des enfants
Que nous devenions ensemble
Pour siroter le bonheur intense
Des âmes nées pour s’aimer.
Le savais-je avec certitude ?
Ce retour, hier, improbable
Aujourd’hui, comme une joie
Demain l’incertitude s’en va
Et les cœurs, d’un même élan
Dessineront le rêve impossible
Que seuls, les amants connaissent
À l’ombre de cette certitude
Que l’amour exalte, chaque jour
Pour que les nuits soient odorantes.
En se penchant pour m’embrasser,
J’ai senti, sur elle, des regards
Regards masculins, regards importuns
Regard animal sur l’ombre d’une proie
Qui s’ignore, indifférente et sereine.
Elle me fixa, la lèvre insolente
comme pour me rappeler l’’instant
Juste avant le vertige des voluptés
Et, dans son regard brûlant,
J’ai pu voir, comme dans un rêve,
Avec une infinie tendresse,
Le bon dieu me sourire tendrement.


Campagne Sara 2017

Houria Elkholti

La petite Sara s’ en sortira , elle quittera les ténèbres pour la lumière. Chacun de nous se mobilisera selon ses possibilités félicitations Nourr Edine pour ce noble engagement, je suis sûre qu’ un grand nombre parmi les amis te soutiendra. Vive la solidarité. on est de tout cœur avec Sara.
Je souhaite que face à cette situation déplorable des villages enclavés les experts et les intellectuels proposent des solutions efficaces pour pallier ce problème devant lequel On se sent impuissant en tant que citoyen normal

Amina Berrada

Sublissime, je partage

J’imagine

l’histoire de ces milliers de familles qui vivent de rien, dans ces villages perdus où l’eau ou l’électricité peinent à arriver. un peu loin du village, une école. De celle qui n’offre rien d’autre que le tableau et des tables et où le courant d’air, quand il fait froid est aussi venimeux que le cheikh qui vocifère pour faire peur. Des enfants qui arrivent, parfois, le ventre vide et ne sachant point à quoi sert lire et écrire quand la plupart iront garder les quelques chèvres au voisinage du bourg. Dans cet univers oublié, au milieu des collines et des montagnes, les habitants n’ont d’autres sources d’information que le fquih venu d’ailleurs et qui, tel un chef d’orchestre passe ses journée à faire répéter des sourates et des sourates au milieu d’une ruche où le fin rameau d’olivier cravache le récalcitrant. Le soir, quand les hommes l’entourent pour l’écouter parler de Dieu, du prophète et de ses compagnons, il ne sort pas l’encyclopédie médicale ou le guide du parfait citoyen, il raconte ce qu’il a, lui, compris de l’enfer et du paradis.
Les pauvres bougres n’ont d’autre choix que de le croire au lieu de l’instituteur qui, une fois, son exercice terminé, s’éclipse, vaincue par cette vie qu’il n’imaginait même pas dans ses rêves d’étudiant professeur quand il affrontait les matraques des forces de l’ordre devant le parlement.
Le fquih, lui, de la Zaouia d’où il vient, n’apporte pas l’éveil ou le sens de l’effort, il infiltre le village et, tout en respectant les traditions, il distille la peur du Dieu de l’Amour et du travail. Il n’éclaire pas les consciences mais les conforte dans le respect du sacré et du tabou. Dieu aime l’immuable dira-t-il et rien ne doit changer. Il bénira les mariages avec son écriture fourchue et incompréhensible. Il ne s’étonnera pas quand l’époux est le cousin de la mariée. Tout ce qui se fait avec la parole de Dieu est parfait. De ce mariage consanguin se développera le crétinisme et d’autres dysfonctionnements que le fquih est loin de soupçonner. Ici, « dialna fdialna » (que l’on peut traduire par ce qui est à nous reste entre nous) et, ainsi, le cheptel de la famille Untel restera dans la famille si on marie le fils à la fille de l’oncle !
Dans son livre « les structures élémentaires de la parenté », C. Levi STRAUSS, détermine avec preuve à l’appui, l’interdiction de ce genre de mariage. L’interdit biologique de ce genre d’union date de bien longtemps puisqu’on trouve dans une lettre de Grégoire le Grand, quand Saint Augustin de Canterbury lui avait demandé jusqu’où pouvait aller cette interdiction, où il écrivait que de tels mariages ne donnaient jamais de descendance viable !
Plus près de nous, du temps de Moulay Ismaël, Louis XIV et Marie-Thérèse d’Autriche, un seul de leurs six enfants a survécu. Les époux étaient doubles cousins germains : le père de Louis était le frère de la mère de Marie-Thérèse et sa mère était la sœur du père de son épouse.
A cause de l’ignorance, certaines traditions dangereuses persistent et résistent au progrès et au développement.
La petite Sara est une victime de l’ignorance car née de ce genre de mariage. son père et sa mère sont cousins. Avec en plus le malheur d’être pauvres et, la charge d’un grand père handicapé et d’une grand mère malade.
Sara, sourde, n’entend même pas sa propre voix pour corriger les mots qu’elle peut prononcer et n’ayant aucune idée des mots qui lui parviennent, son handicap l’isole du monde où elle vit comme prisonnière du silence.
Heureusement que des âmes nobles ont été là pour lui venir en aide.Nous ne remercierons jamais celle, qui a insisté pour garder l’anonymat, et qui a crédité le compte de 10 000 Dh, ni encore, celle qui a agit dans la discrétion pour convaincre la fondation « Cheikh Khalifa Ibn Zaïd » pour les convaincre, ou celle qui accueille la mère et Sara, à Casablanca, venant de Bzou, dans la région de Beni Mellal. Déjà, la petite Sara est assurée de faire son opération mais les dégâts ne se limitent pas à l’ouïe, il faut, en plus du suivi médical, lui réapprendre les mots, à les écouter pour les reprendre.

Ah, les marocains !

Versatiles, peut être. Généreux, sûrement ! Un bienfaiteur vient de faire don d’un chèque de 100 000 dirhams et, la vie pour notre petite Sara prend des couleurs ! Grâce à vous, grâce à nous, grâce à ce génie qui dort dans le cœur de chaque marocain dès lors qu’on lui parle du pays et du peuple.
Qu’avons-nous de si spécial ? Qu’est-ce qui en nous, nous distingue des autres ? Nous n’avons pas de pétrole, ni de gaz mais nous avons des cœurs aussi grands que notre amour pour ce pays, pour ce peuple.
Ah, petite Sara ! chaque jour que Dieu fait apporte à ta vie un peu d’espoir et nous ne te quitterons que quand tu seras capable de chanter l’hymne nationale !

Don de 10 000 Dhs

Laila Majdi

Merci ,merci à ce généreux donateur. Nous sommes comme cela, nous les marocains. Avec toute notre schizophrénie mais aussi un grand cœur

Les oubliés du progrès

Sara, enfin…

Imaginons pour elle
la peur profonde et douloureuse
maintenant que le ciel l’observe
Elle attend, dans son silence-habitude
ce qui va, lui dit-on, changer sa vie.
Elle garde, encore, dans ses narines
l’odeur étrange de l’hôpital
Elle sait déjà, comment sa tête
entre les mains douces et expertes
va être livrée à l’inconnu.
Elle ne sait rien car elle n’entend rien,
ni des paroles qui rassurent
ni du discours de l’homme en blouse
qui explique en la regardant
comme un nouveau dossier
que le destin s’écrira en couleurs
quand il aura rendu à la nature
le miracle sacrifié par la bêtise
des mariages calculés.

Le cœur d’un peuple s’enthousiasme
quand les mains généreuses se tendent
vers les plus faibles branches
de l’arbre qui dessine dans le ciel
le contour infini du pays qui les voit naître.

je quitte le tumulte des foules
pour emporter en mon âme
la certitude d’exister et de vivre
et chaque matin, ma pensée vagabonde
ira caresser le front de l’ange qui dort
dans la chaleur des volontés
qui surveillent le bien être
de ce prodigieux peuple
auquel j’appartiens !

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Une pensée dans une image

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Le plus beau voyage

est celui qu'on n'a pas fait

La vie ce n’est pas seulement respirer
c’est aussi avoir le souffle coupé. 

dit Alfred Hitchkock

Si vous pensez que l’aventure est dangereuse,
je vous propose d’essayer la routine….
Elle est mortelle !

répond Paulo Coelho

Sara, sourde et innocente

Moi, sourde et innocente

Je meurs doucement
à l’abri des prières inutiles.
Mon cœur bat au rythme des pas
qui passent indifférents à ma douleur,
je vois les êtres et les choses
dans le silence auquel je suis condamnée.
Mon crime est d’être née sans mon accord
et je dois vivre mon destin comme un devoir.
Ils gagnent des montagnes de billets bleus
et mon obole ne vaut pas la poussière
laissée sur mon front par leur indifférence.
Il y a tant de choses à raconter
sur leurs mensonges et leur arrogance
qu’il vaut mieux s’écouter vivre
plutôt que tendre la main à leur charité.
Ils passent somnolents dans leur limousine
fatigués pour ne pas avoir travaillé
ils vont retrouver leurs vastes demeures
où chaque brique est une tranche de vie
arrachée à l’ignorance des sans droits.
Crier m’est interdit car ma voix,
que je n’entends pas, n’est pas une révolte
mais une plainte qui ressemble au cri
des bêtes qui ne savent pas rugir.
Pour apprendre les mots, il me faut, d’abord,
les entendre pour les répéter
et comme mon silence est assourdissant
je ne sais faire que regarder
l’oiseau qui semble chanter
et ma mère qui dessine pour moi
la forme et le mouvement des êtres
que je peux voir sans les écouter.
Mourir sans avoir entendu la vie
c’est partir sans avoir vécu
ce que le bruit donne comme profondeur,
ce que la voix donne comme couleur
aux éclats de rire et au verbe tranquille.
Je n’aurai pas entendu la foudre ou la colère
quand mon père vaincu par la misère
transforme la maison en enfer .
J’aurai aimé parler pour dire à Dieu
ma reconnaissance de m’avoir fait naître
mais le son de ma voix est trompeur.
Je meurs doucement vaincue par les silences
celui qui fait de ma vie une horrible geôle,
celui de ceux qui ne veulent pas savoir
qu’ils me doivent, comme humains, un regard.
L’héritage que je laisse, malgré moi,
est une honte qui s’étale comme une souillure
sur le rouge de la bannière qui s’agite
sur le fronton des édifices officiels
de ce pays qui n’a pas su me voir !

Voix off: Sara

A Sara

Ciel gris comme à Londres
froid de cristal sur une terre paisible
Calme plat d’une liberté consommée
et la pensée s’envole vers la terre natale
Là où le murmure des prières
fait peur à l’innocence naïve.
l’enfant regarde l’écran, hébété,
il ne voit que les images et les couleurs
Le son assourdissant ne lui parvient point,
elle est seule dans son silence,
elle essaie de comprendre
ce que disent les lèvres et les regards
elle est à mille lieux de savoir
que ce ne sont pas des histoires
que l’écran raconte
mais des réclames qui s’enchaînent
pour matraquer les envies,
envie d’avoir, envie d’acheter
envie de posséder et de jouir
de la plus belle chevelure
ou de la belle voiture.
Elle ne sait rien du monde,
ni les éclats de rire, ni les plaintes
ou les cris de colère…!

Je pense à elle et je maudis le spectre
d’un état devenu trop puissant
pour comprendre la frustration
des âmes trop fragiles pour se lever
brandir le point à la face des arrogances.
Je l’imagine dans sa souffrance
et je maudis ces fantômes qui hantent
les couloirs des ministères.
Ils sont là bas, les vampires d’espoirs
calfeutrant leur discours hypocrites
dans l’intimité des complots.
Je pense à Dieu qui a fait naître
l’innocence dans l’odeur fétide
des langues qui savent tromper et mentir.
Je pense au cou que la cravate enserre
comme une corde de condamné
et je les regarde détourner le regard
du devoir de servir pour s’empêtrer
dans la folle envie de se servir.
Ils ont troqué le miel des discours
contre la chance de savoir mentir.
Elle est là à regarder les images en couleurs
elle ne sait rien de ses droits,
elle ne sait pas qu’un pays fier et digne
est responsable de son bien être…

Pendant que le gros personnage
parle aux micros pour ne rien dire
elle n’entend pas son mensonge
et croit que tromper n’existe pas
sur les terres envahies par la foi,
Elle pense que son destin est à elle
et que personne ne peut rien
pour lui permettre d’entendre,
elle ne sait même pas que la voix
sert à comprendre et à apprendre.
Entre le père enfermé dans sa misère
et le courage d’une mère qui ne sait que faire,
passe la loi qui se prostitue
entre les privilèges des nantis
et l’argent qu’on détourne.
Elle ne sait rien des impôts
que le peuple paie pour des âmes comme elle,
frappées par le destin ou par Dieu oubliées.
Les deux femmes se taisent et regardent l’enfant
prisonnière de son silence, le regard collé à l’écran
La voix de la femme qui lit le prompteur
annonce que le gouvernement, après des mois,
refuse, toujours, de se lever et qu’il faudra encore
attendre le retour du roi qui doit tout faire.

Révélateur

Depuis cette histoire de la petite Sara, chaque matin, en me réveillant, je m’attends à un miracle et m’attends à trouver quelqu’un qui aurait « la » solution ! Dieu est grand, dira-t-on, et saura lui trouver une âme charitable pour subvenir à son cas. Ici, nous ne faisons qu’alerter l’opinion publique et c’est tout ce que nous pouvons faire.
Je pense à son bonheur quand elle entendra le premier son de diapason, quand elle s’entendra, elle-même car on ne peut imaginer son calvaire à émettre des sons sans pouvoir s’écouter, se corriger et entendre.
On me dira que c’est le « Mektoub » et que Dieu, à travers elle, teste notre volonté et notre obstination à faire du bien mais quand on sait, qu’avec elle, nous avons une idée du désarroi de milliers de petits êtres innocents qui se battent soit contre un handicap, physique ou intellectuel, et qui végètent à l’abri des regards, soit livrés à eux mêmes, avec des parents, à la fois, résignés dans cette fatalité qu’on leur apprend à adopter, par la volonté divine et la misère qui frappe leur famille.
De la pitié ? Non ! De la colère quand on sait que le pays regorge de « milliardaires » et que le montant d’une opération comme celle de la petite Sara, ne signifierait pour eux que l’argent de poche de leur dernier bébé ! De l’amertume et presque de la haine, pour ces « berrahas » (crieurs publics) qui investissent les mosquées, prennent en otage les fidèles pour leur débiter des sornettes pour se garantir un peu de soleil alors qu’ils ne servent à rien, ni à leur communauté, ni à eux mêmes. Des parasites qui détournent l’attention de sur les véritables misères quotidiennes qui les entourent.
Dans un autre pays, moins hypocrite et moins croyant, cette fille deviendrait « la pupille de la nation  » et serait entourée de tous les soins dont elle aurait besoin. C’est à la fois le rôle de l’état, c(‘est aussi le devoir des citoyens et c’est ainsi que doivent se faire et se réaliser toutes ces tonitruantes promesses de campagne !
Dieu est grand dira ma grand mère et si nous nous contentons de cette prière, il faudra revoir jusqu’à la raison de notre existence car Dieu n’a pas inventé la cupidité et l’égoïsme. Dieu exige le travail, la solidarité et l’altruisme pour nous reconnaitre le qualificatif de « meilleure communauté inventée pour les hommes « .
C’est bien un test pour le collectif marocain, un défi pour ceux qui se battent pour être élus, c’est un challenge pour tout le peuple. A quoi nous sert cette carte d’identité nationale si ce n’est pas pour l’honorer et en faire un acte de solidarité et pas seulement quand on n’a pas trouvé de travail ou qu’on n’a pas, au dessus de sa tête, un toit.
Le cas Sara nous interpellent tous, du plus riche au plus pauvre car elle n’a ni demandé à venir au monde, ni choisi de naître dans un foyer misérable !
Le cas Sara est la preuve, qu’au fond, derrière tous ces discours colorés et moralisateurs, derrière toutes les promesses faites aux électeurs, derrière toutes les thèses de complots, de machination et d’escroquerie, avérée ou pas, il n’y a que du vide, du vent !

Driss Idrissi

Il est une vertu typiquement marocaine qui surpasse la démocratie, les droits de l’homme et tous ces concepts plus pour la galerie qu’autre chose, la générosité innée. Et celle-ci n’est pas seulement l’apanage des fortunés, mais même celui des plus modestes. J’en savais quelque chose du temps de mes activités de scout quand des campagnards presque démunis nous servaient avec insistance le peu qu’ils avaient! Veillons donc à ce trésor culturel qui, sans lui, le marocain n’est plus rien!

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