C'est libre que je suis meilleur

Étrange / Partir / A comme amour / Le droit de rêver /

"Faire naître un désir, le nourrir, le développer, le grandir, le satisfaire, c'est un poème tout entier." Honoré de BALZAC

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Étrange

Coup de fouet cinglant
Chaleur bienfaisante
Éclat de rire qui libère
l’air vicié des entrailles,
Sommeiller, l’œil ouvert
sans vraiment rien regarder
Tisser le rêve comme une histoire
le colorer à la lumière du regard,
Ne rien voir sauf la lèvre qui frissonne
quand le baiser s’impatiente.
Douce douleur qui s’habitue
à la souffrance de l’absence.
Joie immense, joie intense
quand les paumes se collent
quand le vertige guette
sur les hauteurs infinies
des rondeurs appétissantes.
Est-ce cela l’amour ?
Aveuglant comme une lueur
qui traverse l’esprit,
fend la raison sans crier gare,
culbute la conscience
et s’installe en réalité nouvelle.
On ne peut le doser comme une liqueur
On ne peut le décrire comme une couleur
On ne peut s’en passer quand
il ravage, avec insolence,
les rassurantes habitudes.
Je sais, pourtant, qu’il est là,
comme un fantôme, comme une ombre
comme un présence qui se manifeste
au fond des croyances qu’il dérange.
Amour, es-tu là, dira la plainte
du condamné à la solitude,
quand l’aube tarde à jaillir
des nuits envahies de silence,
quand la soif devient torture,
A quoi sert de boire
l’eau que le baiser ne parfume ?
Être deux en étant seul
quand le cœur chante
ce que l’esprit ne peut contenir.
Aimer c’est vivre, l’inverse est vrai
A quoi bon exister dans l’absence
de la plus belle invention de la vie ?

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Le droit de rêver

Ce droit que nul ne peut interdire. Il suffit juste de fermer les yeux, où que tu sois: sur le trottoir ou à écouter le serment d’un imam, aux toilettes ou dans son lit. On ne remarque rien sur ton visage, peut être, l’air un peu ailleurs mais tu peux voyager, assis sur une chaise. Te penser en train de flâner sur Wall street boulevard ou à à Shangaï. Facile de s’échapper pour aller inventer, chaque jour une histoire.
J’use de ce droit pour écrire, j’imagine ce que serait la rue si, à l’école, on apprend que même si elle est à tous, elle n’est à personne. j’invente un pays où tous savent lire et écrire. Le vendeur de menthe cotise à une retraite et a une couverture sociale, le menuisier, un poète qui sait chanter l’amour. J’y vois le passant oublier d’être dérangé parce que la femme qui passe veut se sentir jolie. l’agent de police laisse son uniforme au travail et devient époux attentif et citoyen normal. je vois dans nos ruelles sombres, le vieux passer et les filles jouer à la marelle.
C’est dans mon rêve, que le fonctionnaire m’accueille avec l’honneur de me servir. le discours politique est un texte de valeurs qu’on étudie à l’école et le parlement, un temple où la sagesse s’installe comme une belle grand mère qui tisse le fin fil de soie qui donne un air de fête à la tradition.
J’imagine, en rêvant, que la querelle normale est un débat qui tient sur la manière et le choix des valeurs et non sur la coiffure des gens ou leur manière de s’habiller.
Dans mes rêves, la femme est toujours belle car, sans elle, le jour devient commun et le regard stérile. Quand elle passe, si les langues se figent, les lectures s’interrompent, c’est comme une prière qui exige le silence, un hommage au divin qui a su mettre tant de miracles dans un seul corps.
Je rêve et je sais que c’est par le rêve que les nations se réinventent, que les hommes grandissent et les femmes se métamorphosent. Je sais aussi que nos actes sont une part de nos rêves et que les grands gestes sont de ceux qui savent où le rêve nous entraîne.
Tout le monde rêve, c’est merveilleux mais imaginons une seule fois si nous faisons, tous, le même rêve !

Conte: Le cheval blanc


A comme amour

Comme un œuf de caille
qui dort dans son nid de brindilles,
comme une goutte de rosée fragile
qui tremble sur le flanc d’une feuille,
comme le rayon timide de soleil
qui s’acharne à traverser le feuillage,
comme un serrement de main
que l’on voudrait, longtemps, retenir,
comme le bruissement des pas
qui traversent la nuit avec la peur
de devenir coupables d’aimer,
comme un baiser qui frémit
dans la joie de la première fois,
Comme la fine douleur qui s’éveille
quand l’autre est dans l’absence
comme une lettre écrite et perdue
qui ne viendra jamais à destination,
comme ce sourire rare qui fleurit
dans la rencontre imprévue,
comme une plainte douce et longue
qui traverse le corps pour réveiller
l’envie d’être ensemble pour la nuit,
un regard perdu dans la chaleur du soir
un soupire qui fait jaillir la douleur
du remord longtemps retenu,
une sensation de bien être étrange,
dans le silence des paroles enterrées
ou le murmure inaudible aux autres
quand l’oreille attentive reconnait
le rythme de sa respiration, de son cœur.

Est-cela l’Amour quand son « A »
n’accepte d’être que majuscule ?

Une société que le baiser dérange

Partir

Sur l’éclat d’une larme qui tombe,
chaude comme une braise,
je dessine la lumière de tes yeux
et doucement, à l’ombre de tes cils,
le mirage d’un paradis.
Je retiens mon souffle
pour ne pas te réveiller.
Tu dors, bercée par le rêve.
J’ai peur de te réveiller
car ma douleur est contagieuse.
Avant de partir,
je veux emporter sous mes paupières,
l’image qui sera mon ciel quand je me réveille.
Sentir l’odeur de ton corps
pour embaumer l’air
que je respirerai loin de toi.
Je pose ma main tremblante
sur ton épaule nue,
une onde rafraîchissante parcourt mon être.
Je dois partir,
te quitter pour mieux t’aimer
et te revenir comme une colombe à son nid.
Le ciel est bleu au dessus de ta tête
mais là où je vais
les nuages assombrissent mon horizon.
Serait-ce toi qui donne au soleil son éclat ?

Lecture

Cassandre, ivresse d’écrire

Le matin apporte le son de sa voix
je me réveille, la joue sur son oreiller
Il n’y a pas de miracle, ni stratagème
il y a, simplement, le choix indiscutable
d’aimer tout dans l’univers qu’elle invente
C’est la chaleur de son corps, la nuit,
qui donne à mon corps l’envie de vivre
juste pour elle, juste avec elle
comme dans le rêve de Cassandre
qui s’avéra vrai à la prise de Troie.
« Le travail prophétique,
qui est un fardeau de souffrance,
me fait tournoyer sur moi-même« .
dira-t-elle après sa crise douloureuse

Je fermai le livre, lourd comme un bloc
et, mes yeux fixèrent l’horizon lointain
pour l’imaginer danser de bonheur
quand mon regard réchauffa sa poitrine.
Elle savait, pour moi, se faire belle
et usait, à chaque fois, d’un charme
qu’elle savait capable d’ébranler
ce calme, qu’avec l’âge, j’avais dompté.
Hier, c’était une parcelle de jambe
qui effleura ma douce tranquillité,
aujourd’hui, la chute des reins,
dérangea cette douce volupté
qui accompagne mon réveil.
Demain, un peu plus, m’étonnera.

Je suis ainsi, son miroir vivant,
lui décrivant avec grâce et précision
l’état de la beauté qu’elle fabrique
pour m’éblouir ou pour m’endormir
parfois aveuglé, les yeux hagards
je reste inconscient du reste du monde
me contentant d’être là, pour elle,
des fois, sur la cuisse généreuse,
sa main comptant les cheveux
pour me raconter la joie d’être
un enchantement quotidien, pour elle.
Je m’endors comme un enfant
respirant le parfum qu’elle dégage
comme une fleur que l’insecte a visitée.

L’inanité de l’amour d’Oenone
quand l’oracle expliqua la traîtrise
mon regard tomba sur ces mots
« Rends-moi mon aveuglement ;
rends-moi le bonheur de l’ignorance »
aurai-je supplié, ainsi, Dieu Eros
pour lui quémander la joie
que ne connaissent que ceux
dont le cœur, sans amour, est resté libre.
Eschyle ou Euripide, dans ce livre
restèrent muets ne sachant que dire
de l’amour qui sublime les existences.
Je fermai le livre titré Orestie
et vais rejoindre ma Cassandre.

... Merci !

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