C'est libre que je suis meilleur

Confession de foi / Je ne crois plus / Attentif

"L'homme a sa loi ; il se l'est faite à lui-même ; la femme n'a pas d'autre loi que la loi de l'homme. La femme est civilement mineure et moralement esclave... Une réforme est nécessaire" Victor Hugo

Confession de foi

Il est un devoir que nul ne peut contester, celui d’exiger, toujours, le meilleur pour son pays car il englobe, à la fois, la lutte pour lui éviter d’être envahi, colonisé et le combat pour l’égalité de tous en droit et en devoir. C’est ce devoir qui doit nous empêcher de nous laisser endormir pour des destins imaginaires quand il faut rester concentré sur le destin que la réalité peut nous promettre. C’est au nom de ce même devoir que je ne laisserai jamais tranquilles ceux qui veulent faire passer leurs croyances avant ma citoyenneté. Sur ma carte d’identité, il n’y a que le sol qui indique mon appartenance à la communauté humaine. Il n’y a, à la place de mon adresse, ni cette promesse de paradis, ni le sort de l’enfer réservé à ceux qui, humains, peuvent commettre des erreurs. Seule la loi qui tient compte de ma condition d’être humain s’inscrit en filigrane derrière la photo qui sert à m’identifier. J’ai beau cherché, tourné ce bout de carton plastifié, je n’y ai pas trouvé ma confession. Je ne suis ni musulman, ni juif, ni athée, ni bouddhiste, ni chrétien, sur ce document qui me rattache au pays, il n’y a que ma nationalité.
Quelque soit, la ville, la rue ou le quartier où je me promène, je suis, d’abord et avant tout, marocain et c’est ce seul statut que je partage avec tous ceux qui portent la même carte d’identité.
Quand quelqu’un me parle de son Dieu, je peine à vouloir croire que son Dieu est aussi le mien car s’il le voit cruel et intransigeant, le mien parle d’amour, de partage et de solidarité. Mon Dieu ne me promet ni le paradis, ni l’enfer, il observe ce que je fais pour le voisin et soupèse, chaque jour, le poids du respect que je lui réserve. Si son Dieu étale une liste longue d’interdits, le mien résume le sens à donner à mes actes, par éviter de faire aux autres ce que je ne veux pas qu’on me fasse.
Nul ne réussira à me faire croire qu’il voit la vérité mieux que moi-même comme je ne m’autoriserai jamais à faire croire que ma vérité est la meilleure. Devant le même texte, chacun interprète les mots à sa manière et si le ciel parait dur pour certains, il est clément et miséricordieux pour d’autres. Il n’y a pas et il n’y en aura jamais, une seule manière de lire les livres qui parlent de ce qu’il y a après la mort, nul humain n’est mort et ressuscité pour venir nous parler de ce qui nous y attend.
Nous sommes libres et, chacun à sa manière, voit la rose et ignore l’épine comme d’autres évitent la rose, à cause de ses épines ! A ceux qui se reposent dans le silence des prières, je dirai que mon repos n’est pas dans le geste ou l’acte rituel, il est dans le vide que j’arrive à trouver quand les nourritures terrestres deviennent inutiles.
Il est, dans la pédanterie la plus ridicule, plus de mensonge et d’hypocrisie que le fait de prétendre que quelqu’un a trouvé le chemin qui mène au paradis, comme il est ridicule de croire qu’en s’alignant derrière un seul homme, nous éviterons le rhume ou le choléra. Il y a dans chaque corps et dans chaque esprit, tant et tant d’aptitudes, chacune à des degrés différents qu’il est idiot de croire que nous pourrons penser et vivre de la même manière !
Travaillons ensemble ce qui nous est commun et laissons, à chacun, ce qui ne concerne que lui-même. La relation à dieu est particulière et ne dépend ni de l’autre, ni de ma météo.
« Hugh, j’ai dis » murmura Géronimo avant de mourir.

Attentif

A la fleur qui tremble dans le froid du crépuscule,
Au regard qui dessine des arabesques sur l’épiderme qui s’offre
Aux lèvres mouillées qui deviennent, pour le baiser, une promesse
A cette frénésie qui s’empare des cœurs qui se savent aimés
A la tempête qui traverse les corps abandonnés à l’amour véritable
Au bruit des pas qui annonce le retour des voluptés familières
A l’odeur d’un corps, subtil parfum de paradis imaginaire
Au son de la voix qui parle aux fibres paresseuses et profondes
Aux brûlures des contacts qui ravagent les équilibres

Comment pourrai-je, alors,voir la noirceur qui précède la bêtise
ou devenir sensible à la haine déguisée en volutes inodores ?

Mon âme s’habitue à la grâce des êtres qui savent être
et mon cœur se ferme quand la musique devient bruit
ou que la lumière devienne obscurité,
occultant les plaintes et les douleurs:
celles des enfants en quête du sein salvateur,
celle des femmes qui veulent n’être qu’aimées
ou celle des hommes, aux pieds, des destins communs.

Je hais l’arrogance des cervelles qui s’amplifient pour le futile
et oublient de grandir et s’élever, habituées au sol…

Demain, comme hier, mon destin est sentier modeste
écorchant mes pieds, j’avance avec douleur
au milieu des cris de hyènes et de loups
Ma liberté fait peur à la leur…
J’avance vers cette lueur qui inonde de lumière
l’horizon des hommes qui, à personne, ne veulent rien devoir.

Je brutaliserai le verbe pour l’extraire des ambiances malades
et lui soufflerai le ton des mots purs et sauvages
Ma vie est à moi, à la couleur des envies
Apprivoisée et docile, elle me sert pour courir ou marcher
derrière ces hommes, défuntes et pauvres dépouilles
mortes à jamais mais mortes libres !


Une confession claire et précise je suis émerveillée de rencontrer un écrit qui traduit si bien les pensées que je ne saurais exprimer avec autant de finesse alors que je rejoins et approuve totalement ces mêmes idées.
Houria Elkholti
Comme d hab ton écris est clair, limpide avec un message certes détaillé pour clarifier ,mais ton raisonnement est emprunt de sagesse:liberté d être soi même et surtout d être en symbiose avec DIEU sans contrainte ni subterfuge
Lambadia Lambadia

Pourquoi

Comme une fleur délicate qui tremble sous le vent,
comme une brindille oubliée dans l’immensité de nos tracas dérisoires, j’ai retrouvé le beau dans le calice d’une jacinthe et j’ai respiré le parfum d’un jardin de famille avec liberté.
Je ne vis plus sous la contrainte d’une censure assassine, je respire l’air où l’interdit est une atteinte à ma dignité de vivre.
Il y a quelque temps, j’étais l’inconnu dans l’assemblée des rencontres sans préméditations. Aujourd’hui, les cœurs parlent comme une symphonie, mille fois répétée, comme une chorale qui chante avec joie, avec passion.
Pourquoi, la bas, il y a la terreur des jugements arbitraires et ici, on ne voit que ce que tu es capable d’offrir ? La bas, j’hésite à respirer comme un homme libre, non par peur mais par crainte de semer le trouble dans les consciences aveugles et tranquilles. Ici, plus tu oses et plus tu respires ta liberté d’être.
Dois-je aller mourir dans le froid des misères tolérées ou dois-je attendre que le temps devienne adulte chez les fabricants des croyances ?
Qu’importe, ici ou là, quand on a flirté, une fois, avec la liberté, on ne risque plus d’être contaminé par la froideur des destins préfabriqués.
Rédigé à Rennes ©

Je ne crois plus

Le soir quand la nuit devient silence
Mon cœur se réveille pour chanter.
J’aime à croire que les âmes se reposent
Quand elles ont bien aimé.
Mais depuis que l’hirondelle boude mon pays
Depuis que sur la voûte du ciel
on dessine les flammes et l’enfer
Je doute que la bonté soit humaine
Ou que l’Amour soit un destin
Forgé sur l’enclume
à coups de battement de cœur.
Je ne crois ni aux larmes versées
Sur les tombes de ceux qu’on a prétendu aimer
Ni aux peines respirées avec douleur
Quand on n’a plus rien à dire.
La vie est un fardeau pour celui qui regarde
l’instinct perfide et le mensonge déguisé.
Je ne crois pas au sens qu’on veut donner
au verbe conjugué à tous les temps
Quand aimer devient un rôle emprunté
Quand l’autre ne sert que pour nous voir exister.
Je ne crois pas,
Je ne crois plus
Qu’il suffit de murmurer
quand il faut agir et sacrifier
sa paix pour que l’autre soit,
Plus grand que notre minable ambition
Nous pensons tromper les autres
en leur faisant croire
que c’est par leur présence
qu’on peut être heureux
En fait, ils nous sont plus indispensables
que nous le sommes pour eux !

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