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Constat

Espoir interdit

Faire semblant

Il est, des fois, des batailles que personne ne peut remporter quand, pour les terrasser, il faut accélérer le temps, même quand toutes les volontés sont disponibles. Quand nous nous penchons sur les cas de pays, longtemps, pris en otage, les uns, au nom d'une guerre de libération, d'autres, au nom d'un statu quo aux allures de destin dicté par Dieu, lui-même. 
On ne peut rien quand l'école, pour ceux qui dirigent, est un foyer de subversion où les esprits se réveillent et l'individu devient conscient de ses droits et de ses libertés. On ne peut rien, non plus, quand le système pour assurer sa sérénité, a soudoyé des consciences, corrompu des foules pour en faire une armée et, s'installant sur ce régime tentaculaire, il s'est mis à se dessiner des destins, à lui seul, profitables. Enfin, on ne peut rien quand, au milieu de bêlements d'individus devenus moutons, la voix qui dénonce est noyée, voir inaudible même pour le seuil du voisin.
Alors, les épaules vous tombent, le dos se voute et l'espoir s'amenuise jusqu'à disparaitre et, doucement, vous vous repliez sur vous même avec cette abominable conviction que, finalement, mieux loti que la plupart, cette médiocrité de destin ne vous concerne pas. Vous ne souffrez pas, dans votre peau mais dans le fond de votre cœur, vous n'avez qu'un léger pincement quand vous regardez l'injustice dans le spectacle du vieux bougre qui pose ses lèvres sur la main de celui que le pouvoir a désigné.
La bataille n'est pas seulement contre le goujat qui a spolié la citoyenneté aux autres mais contre les spoliés, eux-mêmes qui se sont fait une raison, celle d'attendre que la clameur qui s'échappe des mosquées, atteigne le ciel et, par je ne sais quel miracle, la paix, la justice et l'égalité s'installeront sur le sol aride où seule pousse l'ignorance !
Vous rentrez chez vous. Vous tirez les rideaux et vous vous enfermez dans cette solitude qui, petit à petit, transforme votre altruisme en cupide égoïsme. Votre page sur le réseau social devient le carrefour où se rencontrent les rescapés de la misère intellectuelle. Docilement, presque bestialement, vous vous alignez sur la ligne de ceux qui, avant vous, avaient compris, qu'il n'y a aucun espoir. Nés dans l'inégalité des chances et des destins, vous n'avez que le choix de vous enraciner dans la servitude ou partir vivre, ailleurs, ce que vous ne pourrez jamais vivre ici. 
Le spectacle actuel du paysage est une scène qui s'arrange pour ressembler à ce qui, ailleurs, est une réalité. On a des politiciens qui font semblant de déplacer des foules, des journalistes qui font semblant d'informer en regardant la dernière saison de "Games of thrones", des syndicalistes qui roulent en limousine et on a même des islamistes qui chantent la gloire de Omar en comptant les billets bleus. En somme, au final, on nous a formatés pour faire semblant de vivre !

NOURR Edine

"Il est beau, l'amour fait de silences !"

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Commentaires

  • Fatima Zahra Amrani Merci infiniment pour ce bel ecrit
  • Shehrazede Kamal Tout est dit un degout partager cher compatriote
  • Saïda El Moussadak Vous m'enlevez les mots de la bouche ! Simplement je n'ai pas votre talent pour les trouver, ces mots-là ! Superbe !!!!!
  • Leila Tobji L'instrumentalisation d'une religion, de la patrie, de la stabilité pour servir des intérêts finalement pas si occultes que cela... 
    L'ordre, le mensonge et la peur du Chaos ont tellement été bien établis qu'à part des hommes et femmes affranchis plus personne ne reconnaît la Vérité... Tout va bien l3aam zine...
  • Sami El Jai: Bien plus qu'une plume admirable: Nourr Edine. A lire en cachette, bien entendu. (Sinon vous risquez d'être poursuivi pour atteinte à l'ordre établi)

Freshpaint 8 2019 03 03 09 36 28

 

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"Quand elle finit ma lecture, elle s'enfonce avec élégance dans le secret de sa féminité pour en sortir plus belle."

 

Amour et raison

Ma raison, inflexible, 
me dicte ce qu'il faut penser.
Mon cœur, lui, n'est pas là.
Occupé à vouloir comprendre
sans penser à se durcir.
La raison, elle, à des valeurs
qu'il ne me faut pas ignorer
sans risquer de perdre mon âme.
Dois-je aimer sans exigence
quand le risque de souffrir 
est probable ou certain ?
La raison n'a qu'un chemin
sans épines, sans griffures
elle ne s'engage pas au hasard
et assure devant elle, les prémisses
d'une vie sans éclaboussures.
Le cœur, lui, chante et danse
sur la musique d'un prénom
Il récite, heureux et insouciant,
le bruit des baisers différents.
que lui importe de mourir
si le dernier soupire rencontre
la soie qui protège le sein
ou la cuisse hospitalière !
La raison, sans cesse, lui rappelle
que la seule souffrance permise
est dans le sillage du cortège
qui emmène l'autre vers le repos.
Si l'amour sublime les âmes,
il n'est pas utile, pour aimer,
de s'égarer à cause des autres.
La raison n'a jamais tort
et ne se trompe jamais mais...
"le cœur a ses raisons
que la raison ignore !"*
dira celui, pour qui, l'homme
est un simple roseau pensant.

Nourr Edine​
(*:Citation de Blaise Pascal)

 
 

 

 

Réalité ou illusion

Il ne faut jamais hésiter à affronter la vérité, même quand, pour nous, elle signifie la fin d'un rêve. Elle vous éblouit, vous séduit ou vous brise mais, parce qu'elle est inévitable, vous ne pouvez vous résigner à l'ignorer sans qu'elle ne vous hante. L'affronter devient le passage obligé vers ce bol d'air qui manque à votre tranquillité. Quand on découvre que le mensonge et la manipulation vous ont fait croire que vous étiez indispensable alors qu'en réalité, vous n'avez été que l'instrument d'un orgueil ou d'un ego démesuré, vous vous sentez alors, si petit que vous avez honte d'être sur terre. Il n'y a pas de pire déception que quand vous découvrez que vous avez vécu l'illusion du bonheur, ce laps de temps pendant lequel, on vous a fait croire que vous étiez magnifique, drôle ou intelligent et plus vous y avez cru et votre douleur sera profonde et meurtrière.
Faut-il, pour cela, croire que tout est fini et qu'il n'y a aucune raison d'aimer les gens, la vie ou les fleurs ? Non car ce passage sur terre n'est pas un chemin unique ou le seul destin auquel on a droit. On nait, on grandit, on découvre, parfois on aime, parfois on échoue mais le courage est de se relever pour recommencer plusieurs fois. Cette force que nous avons en nous, cette sorte d'instinct de conservation qui, s'il venait à s'éteindre, nous deviendrions une ombre sans volonté et sans ambition, c'est l'essence même de l'existence. Si nous contestons avec force l'aphorisme que revendiquent à la fois Goethe et Nietzsche : "ce qui ne tue pas rend plus fort". nous savons, qu'au fond de nous, il y a cette flamme qui vacille tremble jusqu'à craindre de s'éteindre. Il suffira d'un mot, un geste ou un regard pour qu'elle éclate de chaleur et de lumière. c'est le miracle de l'amour. Si à chaque fois, après l'avoir rencontré puis perdu, on pense qu'il n'y a plus de raison de vivre, on se rend compte que nos échecs viennent de notre crédulité à croire que l'empathie est la prémisse d'un bonheur alors que quelques affinités ne peuvent le garantir. Aimer n'est ni une harmonie entre quelques qualités partagées, ni une quelconque correspondance dans le choix de vie, c'est d'abord une complémentarité qui aboutit au couple qui devient fort en combinant les qualités de l'un aux qualités de l'autre. Ce n'est pas, non plus, un quelconque sacrifice pour le bonheur de l'autre, c'est l'ambition commune et le besoin des deux à réaliser le rêve imaginé ensemble. Si certains pensent qu'il suffit de faire semblant, ils doivent souffrir, chacun de son côté, à ne pas pouvoir être eux mêmes. L'illusion de l'amour, n'est pas l'amour.

Nourr Edine ©

Le pardon

Pourquoi mon âme si farouche, refuse-t-elle, d'oublier les blessures ? Est-ce l'excellence de l'air auquel elle s'habitue par devoir ou l'intransigeance quant au beau qui ne peut produire d'erreurs ?
Je sais la fragilité des êtres devant la puissance des vanités, comme je sais que les masques s'effritent à force d'ignorer le travail du temps. Elle est, ainsi, ma raison fière, si belle et si insouciante, que je lui refuse l'ombre et l'offense. J'ai vu mourir de belles amours en illusion, comme j'ai assisté sans rien faire à l'agonie des amitiés creuses. Il est, ainsi, mon fidèle cœur, quand il s'installe comme un lion, à regarder la jungle des sentiments que ronge l'orgueil.
Ma conscience est une femme qui se refuse au compliment trompeur, se détourne avec insolence des mots qui flattent et encensent sans vraiment rien dire. Né d'une mère belle comme une aurore, je m'inspire de ses élans du cœur, quand elle rassure l'enfant qui souffre de n'avoir ni destin ni avenir. Je l'ai vue transformer, avec grâce, les larmes en perles lumineuses chez la veuve qui souffre en silence. C'est d'elle que me vient la science obscure des règles du pardon et de l'oubli, quand l'ami s'avère étranger à sa nature ou quand l'amour devient chimère après avoir brûlé des nuits longues et entières.
Nous sommes libres d'être et de penser; c'est une liberté qui s'assume et se dessine sur le bord du rêve qui fait notre ambition. Quand l'ambition aveugle et le rêve encombre le chemin qui mène aux cœurs qui bavardent, il n' y a plus de place aux vérités premières. Le jour se lève sur les masques trompeurs et mes yeux regardent mieux le mensonge qui se cache derrière les sourires.
Si ma vie est faite de défaites incomprises, elle est l'école où mon âme apprend que le mensonge peut, parfois, avoir des allures de vérités.

Nourr Edine

KHAWATIR

Elle n'ose pas dire 
que les mots fabriquées pour elle 
sont la plus belle des reconnaissances.
Si l'épiderme qui frémit se cache 
sous la soie qui dessine ses formes 
si le cœur s'envole et l'âme se repose 
quand elle finit ma lecture, 
elle s'enfonce avec élégance
dans le secret de sa féminité 
pour en sortir plus belle.

J'aurais aimé voir de la gratitude
pour l'avoir vue séduisante, 
j'aurais souhaité qu'elle m'inonde 
de l'éclat de son regard 
et, paralyser, ainsi, 
l'élan qui remue mes entrailles, 
quand je la vois, 
quand je pense à elle, 
que mon âme se mette à chanter 
sa grâce et ses charmes.

Sait-elle que mon génie 
se nourrit de sa démarche, 
du nacre velouté de sa peau diaphane ? 
Sait-elle que sans elle, 
dans ma solitude imaginaire, 
les mots qui paraissent superbes 
deviennent des bruits 
dans le tumulte des rues.

Je me hasarde souvent 
dans les brèches de son armure.

je surprends, alors, 
au détours des mots qu'elles invente, 
un peu de moi, un peu de la magie 
qu'elle me force à fabriquer pour elle. 
Elle semble vouloir ignorer le charme 
que je dessine sur les courbes de son corps 
mais je devine que, 
malgré l'effort qu'elle semble faire, 
ma prose lui devient une liqueur indispensable 
pour se sentir femme !

Dieu qu'elle est belle quand elle revient 
pour me lire dans le silence étroit qu'elle s'impose. 
Mes mots tracés comme des vérités insupportables 
arrachent la monotonie aux instants qu'elle passe 
quand elle me condamne à l'oubli.

Comme une horloge qui lui indique le temps, 
mes mots viennent réchauffer le souffle 
qui donne à sa démarche la volupté 
qui manque à celles qui ne savent pas me lire !

Nourr Edine © (Errances)

Commentaire

Pilar Fernandez

Oh la , la !!! Bonjour les amis /es ,,,

Quel spectateur de la beauté féminine notre Nourr Edine!!! , comment inventer tant de phrases chargées de la belle et fine poésie, de desir voluptueux et des satisfactions raffinées , presque barroques où les émotions sont mélangées entre la joie et la douleur ,comme un observateur passif, amant caché et abattu par l'indifférence de sa muse. ....
Comment déchiffrer avec cette originalité extravagante les plus profondes et inénarrables des emotions , comment évoquer ces sensations étranges que , seulement la beauté qui coupe le souffle, peut déclencher en un être délicatement sensible et invraisemblable qui connais comment captiver toutes les femmes de l univers ,,Rencontre vertigineuse avec le plaisir des émotions qui érodent la pudeur .. Nourr sait comment nous déséquilibrer ,,, , ,,, Merci ..

Pilar...

 

 

Quelle erreur de croire que l'amour peut se contenter de béquilles !
Quand il meurt, chez l'un, il meurt chez l'autre.

 

La valeur des choses n’est pas dans la durée,
mais dans l’intensité où elles arrivent. 

C’est pour cela qu’il existe des moments inoubliables, 
des choses inexplicables et des personnes incomparables.

La vie continue...

De qui parle-t-on ?

Elle riait avec une sincérité bouleversante. Le compliment qui a frôlé sa hanche est venu comme un hommage qui lui rappela sa superbe féminité. Ainsi sont les femmes libres qui associent prestance et intelligence. Elles ne peuvent nier l'attrait qu'elles suscitent au nom de l'égalité et s'effacer pour ne pas continuer de plaire. 
La nature fabrique la fleur et l'insecte et crée le besoin chez l'un, comme chez l'autre pour que la vie se fasse. La beauté de la rose piège le papillon mais sait-il refuser le plaisir qu'il a à battre plus vite des ailes pour rejoindre sa femelle. Alchimie mystérieuse et algèbre des attirances incontrôlable, c'est le miracle de la vie que nous empruntons pour défiler comme des coqs qui se disputent le trône de la basse cour. 
Ici nous sommes plus masculin qu'ailleurs et le féminin semble l'apanage de notre pouvoir. Drôle de mentalité qui préfère l'apparence à la réalité car au fond, dans le secret des alcôves de l'intimité d'un couple, le féminin exige et le masculin s’exécute. Bien sûr, certains se multiplient les conquêtes pour paraître plus homme que homme mais au fond, qu'importe. Les peuples se développent mieux quand leurs femmes sont libres et l'injustice s'installe quand la femme s'enferme par prudence. 
On ne peut vouloir pour sa fille un époux arrogant mais on exploite l'arrogance pour faire taire l'intelligence faite femme. Y-a-t-il une différence entre un homme qui conduit un bus et la femme pour lequel le chauffeur du bus travaille ? 
Regardez les vivre comme des paons qui perdraient leur roue si la femelle était absente ! Elle n'est pas indispensable au regard des autres quand nous marchons mais obligatoire dans sa démarche quand elle est près de nous ! Ballon de fierté inutile, nous pompons l'air pour grandir et pourtant, elle est immense sans rien faire.

Nourr Edine

" À cette heure. 
Quelque part dans le monde. 
Il y a quelqu'un qui est heureux de vous avoir ".

Walter Riso

 

" Disparaîtra avec moi ce que je retiens. 
Mais ce que j'aurais donné, restera entre les mains du monde."

Rabindranath Tagore

Hne archives 2

 

"Choisis bien tes mots car ce sont eux qui créent le monde qui t'entoure".

Pensée Navajo

Planche 48

Planche 257

 

"Les choses qui vous passionnent ne sont pas un fait du hasard, elles sont votre appel."

Fabienne Fredrickson

Planche 107

Destin

Ah, qu'elle est belle 

dans l'innocence de ses rondeurs ! 
Quelle sensation étrange 
que de la regarder vivre 
comme une fleur, odorante et belle. 
Comment se fait-il 
que même quand je ne la vois pas, 
sa présence s'impose 
au point de croire qu'elle va apparaître ?
Je ne m'aime dans mes silences graves 
que quand je me sais présent 
en elle comme un rêve, que dis-je ? 
Comme une nécessité pour être. 
Elle s'arrange pour me plaire 
et se rassure dans sa certitude 
quand je souris pour elle, 
quand nous éclatons de rire. 
Reine indispensable à mes rêves, 
elle a pourtant besoin de moi 
pour s'édifier un trône 
et c'est moi, pour elle, 
ce public qui applaudit 
à sa démarche souveraine, 
à son rire qui me contamine et me submerge,
aux regards volés qu'elle me destine. 
Comme une boussole qui lui indique le Nord, 
elle me garde secret 
dans l'écrin qu'elle cache aux autres, 
si je n'avait pas été là, elle serait une autre ! 
Je meurs en elle comme un souvenir 
qu'on aimerait garder mais qui s'évapore, 
doucement,dans les parfums de la passion. 
Comme un écho qui revient 
des ravins qui nous séparent, 
nos voix s'entremêlent 
pour fabriquer le jour
que nous aimerions voir demain. 
Elle sans moi, c'est une chanson
à qui manque un accord et moi sans elle, 
c'est un festin boudé par la joie et la bonne humeur. 
J'ai peur pour elle 
quand j'entrevois sa fragilité de femme
et elle craint le risque que je prends 
pour lui construire un rêve. 
Deux pages qui se rejoignent 
quand le livre se ferme 
et même si l'histoire s'interrompt 
quand la fatigue surprend le regard, 
le contact des épidermes se prolonge 
dans le silence qui remplace la lecture. 
Quand je pense 
que j'aurai pu ne pas la voir, ce premier jour, 
elle pense qu'elle n'aurait pas su quoi faire 
si elle n'avait pas su lire, dans mon regard, 
tout l'amour que j'avais à lui offrir. 
Destins qui se confondent 
sur le chemin d'une vie voulue simple
comme des promesses tendues 
sur le souffle qui rapproche les cœurs 
et noie les âmes dans des torrents de bonheur.
Pour elle me voilà devenu poète, 
artisan des mots qui savent faire sourire. 
Elle, pour moi, devenue esclave et reine 
derrière l'attelage qu'elle imagine 
pour nous enfuir, pour revenir
à deux, plus grands encore. 
Dieu a inventé la prière 
pour ceux qui ne savent pas souffrir.
l'Amour, quand on aime, 
est en nous, attentif et vigilant,
gardien du plaisir de s'appartenir.

NOURR Edine ©

Ni3ma ! (نعمة)

Planche 260Quand on sort de cette terrasse de café imaginaire, avec ce parfum discret qui balance entre le jasmin et la fleur d'oranger, quand on regarde la femme déguisée en mendiante qui étale son bébé comme une marchandise, quand on remarque l'arrogance du pouvoir sur l'uniforme de l'agent qui gouverne la circulation, quand on regagne doucement sa solitude comme une épouse dévouée et présente, quand on se réfugie dans sa mémoire torturée par les images de violence et d'injustice...
Que reste-t-il si ce n'est l'élégance des paroles échangées, les pensées courtoises et les idées brillantes que l'amitié peut faire fleurir dans des jardins que l'on s'obstine à dé-cultiver ! Que reste-t-il du fracas des mensonges qui tombent sur le parvis des hommes restés sauvages et des femmes devenues vénales ? 
Entre les esprits qui se contraignent à rester correctes, à se suffire de leurs destins estampillés de courage et d'abnégation, l'ange qui va de l'un à l'autre ne montre ni fatigue ni lassitude car à chaque départ, il n'y d'égal, comme fierté de pensée noble et pleine, que le bonheur qui fleurit dans le regard à l'arrivée. 
Échange de mots simples, dépourvus d'épines blessantes que l'orgueil peut faire naitre, et de pensées sublimes de ces âmes qui se laissent aller à être simplement comme des réceptacles ouverts et profonds. Calices de fleurs odorantes que le bruit des frémissements des feuilles anime et habite. On peut aimer la fraîcheur des lèvres qui vous découvrent en parlant sans avoir le besoin de salir le pour-qui elles ont été créées et destinées. On peut se perdre dans le spectacle des seins nourriciers sans réveiller le désir malsain, égoïste et animal comme on peut s'oublier dans le rythme des hanches généreuses qui protègent le nid où la vie commence. 
Hne femmesconcorde 1Entre le regard et le désir, nous plaçons notre suffisance à ne vouloir que ce qui peut nous appartenir. Nous nous promènerons, la main dans la chaleur de la paume qui nous reçoit et nos cœurs chanteront le destin auquel nous n'avons plus droit. Nos soupires feront fleurir, derrière nous, la joie douce et langoureuse d'être là, simplement nous !
Quand la fin, comme un soir sans lune ni étoiles, viendra séparer le bien être des conversations sans frontières, quand nos pas nous éloigneront de ce que nous avons voulu être et nous ramènent vers ce que nous sommes, quand les portes se ferment derrière nous pour que s'éclaire le destin quotidien, au fond de nous, une petite voix, comme un bouton de rose se mettra à s'étirer à chaque instant où la vie trébuche. Ses pétales fines viendront chatouiller l'oubli et nos cœurs trembleront à l'idée de la prochaine rencontre. 
On a beau dire, même dans le désert le plus aride, la foret la plus dense ou l'âme la plus vile, on peut faire fleurir le destin des amitiés blanches qui ne demandent pour vivre que la fraicheur des regards tendres, la chaleur douce des lèvres humides et la présence de l'innocence des phalanges qui se rencontrent. 
Votre moitié viendra guérir l'angoisse des journées perdues, écoutera vos doléances incertaines et pansera vos blessures d'orgueil. En retour, vos yeux s'attacheront à la mèche qui dénonce la fibre secouée par la douceur de l'épiderme , blanc de nacre velouté, autel de sacrifice pour la sensualité naturelle. 
Planche 10Homme ou femme, vous ne serez pas deux pour vivre la volupté du couple qui se désire mais une seule âme qui se sublime dans les propos contraires ou complémentaires. Vos corps s'effaceront pour devenir des enveloppes sans attributs et sans pulsions malsaines mais vos esprits, débarrassés des atavismes archaïques, s'envoleront plus légers, plus alertes vers des hauteurs célestes où le féminin pluriel ou le singulier masculin ne sont que des mots qu'on utilise pour paraître ou devenir. 
Hymne à l'amitié ou chant solitaire d'une âme lassée par tant de croyances arrosées de préjugés et tant de blessures portées aux foules qui veulent croire que les destins partagés sont des choix libres et délibérés.

Nourr Edine (Frémissements)

Planche 112

 

Je suis fait de tout ce que j'ai vu *

* Matisse

L'ultime voyage

Planche 3Il y a des fois où il faut tourner le dos aux vastes plaines où pullulent les égoïsmes impétueux et les ambitions dévorantes. La médiocrité fleurit quand la mode est à celui qui profite des brumes qui étouffent la transparence et le respect du bien qui ne nous appartient pas. Dans ces marais glauques de l'individualisme, la patriotisme sert de paillasson à ceux qui affichent leur inconscience du bien collectif et commun.
Dans ma besace, un peu d'eau simple, de celle qui roule sur les galets brillants des ruisseaux. Du pain qui conserve encore, un peu du parfum maternel, un cahier d'écolier et un crayon, à la mine grasse pour, plus tard, dessiner la douceur des paysage et, peut être, essayer de transcrire le chant des oiseaux quand le soleil viendra mourir sous mes yeux. On me dira poète vagabond et pourtant, en mettant, un pied devant l'autre, je ne fais qu'égrener les heures qui me séparent du trépas. Il faut bien mourir, un jour, alors autant boire la coupe jusqu'à la lie, respirer le parfum des fleurs que je n'ai jamais rencontrées et chanter la joie et la chance de n'avoir pas vendu mon âme pour un peu de lumière. Est-ce naïf que de croire, dur comme fer, qu'il suffit de peu pour atteindre le nirvana des gens heureux ? Crédulité, est-ce que de penser que les pays, les plus grands, sont ceux qui glorifie le travail utile et bien fait au lieu des discours qui balancent entre la légende et les contes du soir, pour enfants ? Passé de mode, l'ultime sacrifice quand on défend les valeurs qui font l'homme libre ou n'est-ce pas là, le signe avant coureur, des nations qui ont perdu le contrôle de leur destin ?
Planche 295Du haut de la montagne qui m'attend, je regarderai les foules qui se déguisent en fourmilière avec ce qui leur reste comme instinct, primaire et grégaire. Mon cœur se serrera, peut être, pour l'enfant à qui on apprend le droit en mirage perdu dans le désert adulte. J'étoufferai ce qui me reste de colère quand les femmes, déguisées en bibelot, s'applaudissent pour le sort minimaliste qu'on a voulu leur accorder. Je détournerai le regard pour ne pas vomir mes tripes quand je verrai les hommes à barbes, concocter des promesses qui ne se réalisent que dans l'au delà. J'éclaterai, surement, de rire quand je remarquerai que les prières, inutiles et vaines, s'évanouissent en touchant les nuages et, doucement, quand je verrai la nuit se réveiller pour chasser le jour, mes paupières, en se fermant, deviendront des écrans sur lesquels se projetteront les rêves que j'aurai voulu vivre, en restant parmi les gens. 
Le sommeil deviendra oubli, mon souffle, cette chaude brise qui réveille l'épi et le bourgeon et mon silence, une sonate orchestrée pour célébrer la mort de ce qui aurait pu être.

Nourr Edine

 
   
   

 

 

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